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« Blood Secrets » : le retour d’Amalia et Marthin Müller dans l’œuvre de Viviana Rivero

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La romancière argentine Viviana Rivero revient avec « Secrets de sang », un roman qui mêle habilement le passé et le présent, l’amour et les secrets de famille, sur fond de Seconde Guerre mondiale. Fruit d’une documentation historique rigoureuse et de témoignages oraux précieux, cette nouvelle œuvre confirme l’empreinte singulière de l’auteure dans la littérature contemporaine.

Reconnaissable entre toutes pour ses romans historiques réalistes et captivants, Viviana Rivero enrichit son catalogue avec « Secrets de sang ». Ce nouveau roman retrouve les personnages phares de son premier succès, « Secret bien gardé », pour tisser un récit où deux histoires d’amour et de secrets familiaux s’entrecroisent entre l’Argentine actuelle et le tumulte de la Seconde Guerre mondiale. Comme l’a confié l’auteure, cette œuvre répond à une attente forte de son lectorat désireux de retrouver Amélie et Martin Müller, tout en étant parfaitement accessible aux nouveaux venus.

Cette sortie s’accompagne de la réédition intégrale de son œuvre, signe d’une carrière littéraire solidement établie. Les romans de Viviana Rivero, toujours méticuleusement documentés, alternent avec brio drame, romance et réalisme, transportant les lecteurs dans des univers riches et complexes. Son succès dépasse les frontières de l’Argentine, séduisant un large public en Espagne, en Italie et dans divers pays d’Amérique latine.

Née à Córdoba, Viviana Rivero a grandi dans un environnement foisonnant de littérature, mais aussi marqué par les avertissements familiaux sur les incertitudes du métier d’écrivain. Son père, auteur reconnu, peinait à vivre de sa plume, tandis que sa mère mettait en garde : « Personne ici ne va faire carrière dans la littérature, parce que ton père est dérangé ». Pourtant, cette interdiction implicite a semé une graine. « Je suis convaincue que les vocations vous poursuivent et vous attrapent… les vraies vocations, celles qui correspondent à vos goûts, vos facilités, vos penchants. Je dis que nous les avons gravées dans notre ADN », explique Viviana Rivero.

Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, Viviana Rivero a embrassé la carrière juridique, devenant avocate et conseillère juridique reconnue, dirigeant également des groupes d’auto-leadership féminin. « Quand vous arrivez au Tribunal et qu’on vous dit : ‘Bonjour, Dr Rivero’, ça y est, on vous connaît… », se souvient-elle de ces années où sa trajectoire professionnelle semblait tracée. Ce n’est qu’au moment où ses enfants ont commencé l’école primaire qu’elle s’est accordé un temps de répit. « Et c’est là que j’ai décidé : ‘Bon, oui, je veux, je veux, j’ai envie d’écrire.’ » Ce qui débute comme un passe-temps se transforme rapidement en succès avec son premier roman, un best-seller : « Je n’aurais jamais imaginé que cela deviendrait un travail. »

Le soutien familial s’est avéré déterminant, tant dans le processus créatif que dans l’organisation quotidienne de l’auteure. « L’écrivain, lorsqu’il écrit ou fait la promotion, est presque immergé dans sa propre réalité… la seule chose qui vous en extrait, c’est la famille », souligne-t-elle. Ce cocon familial a même trouvé sa place dans ses livres. Sa mère, d’abord réticente, est devenue une collaboratrice essentielle dans la création de « Saphirs sur la peau ». « Je pense que c’est là qu’elle s’est fait une amie de sa carrière d’écrivaine », confie-t-elle en riant.

Pour Viviana Rivero, l’écriture d’un roman historique transcende le simple exercice d’imagination ; c’est une reconstruction et un acte de responsabilité envers la mémoire. Elle confesse un intérêt profond et constant pour les grands conflits mondiaux et la manière dont ils façonnent les destins humains. « J’aime la Seconde Guerre mondiale. J’ai aussi abordé la Révolution cubaine, la guerre civile espagnole, la guerre syrienne… parce que ce sont des époques où, en tant qu’écrivaine, cela me permet de pousser les personnages jusqu’aux conséquences ultimes de leurs décisions », explique-t-elle. Elle estime que ces scénarios extrêmes révèlent l’essence la plus authentique de l’être humain, le contraignant à agir selon ses véritables sentiments.

Le processus de documentation est aussi rigoureux qu’inspirant. Viviana Rivero consulte une multitude de sources, explore des archives et, surtout, recherche les témoignages directs. L’un des déclencheurs de ses travaux les plus récents fut la découverte de documents et d’histoires sur des marins allemands ayant choisi de s’installer en Argentine après la chute du Troisième Reich. Loin de se limiter aux textes, elle privilégie les récits oraux, recueillant des confidences auprès de descendants et de survivants encore en vie. « Il y a encore des gens vivants de cette époque. La Seconde Guerre mondiale, de vieux qui me racontent des choses », témoigne-t-elle. La mémoire orale, aux yeux de l’auteure, est aussi cruciale que les documents officiels. Des détails tels que les embarcations naviguant de nuit sur le lac Mar Chiquita ou des anecdotes sur les fêtes dans les villes de Córdoba émergent de ces conversations avec les aînés et les voisins. « Quand j’écris un livre et que je recherche des informations, il y a tellement de gens prêts à les partager, sinon ces informations sont perdues. » Viviana Rivero reconnaît que cette approche détaillée représente un travail considérable, mais elle procure une satisfaction unique. Ces histoires transmises de génération en génération deviennent des « témoignages vivants » qui, intégrés à ses romans, confèrent à l’histoire une présence tangible et immédiate, la rapprochant des émotions réelles, loin des manuels scolaires.

La construction des personnages est une tâche aussi vitale que l’intrigue elle-même pour Viviana Rivero. Son nouveau roman, « Secrets de sang », marque le « retour » de figures déjà emblématiques, comme Amélie et Martín de « Secret bien gardé », qui se mêlent désormais à de nouveaux protagonistes et à des époques narratives distinctes. « C’était passionnant, car c’était comme leur redonner vie. Je veux dire, on se sent presque comme un créateur », confie-t-elle.

Dans « Secrets de sang », l’auteure relève le défi de raconter à travers deux époques, alternant les chapitres entre le passé – l’Argentine durant la Seconde Guerre mondiale – et le présent, où un descendant doit percer des secrets familiaux et répondre à des accusations inattendues. Cette structure fragmentée, comme elle le reconnaît, demande un équilibre subtil : « C’est un défi d’écrire sur deux époques, car on commence avec deux histoires complètement différentes et ensuite le lecteur doit découvrir où elles se rejoignent et à quel point elles sont unies. »

Au sein de cet entrelacement, des personnages prennent une importance singulière, à l’instar de Walter Fisher. « Il sert de ciment entre les deux époques. Je l’ai laissé grandir parce que c’est ce que l’histoire demandait », commente-t-elle. Viviana Rivero conçoit ses intrigues comme des échos d’actions et de décisions ancestrales, où le passé façonne le présent et où chaque choix laisse une empreinte durable sur ceux qui le suivent : « Une grande partie de ce que nous avons aujourd’hui est liée à ce que d’autres ont fait auparavant. »… C’est pourquoi j’aime ce va-et-vient, car cela nous permet de voir comment « nous construisons l’avenir à partir du présent et faisons avancer ce qui a déjà été écrit dans le passé ». »

Le récit de Viviana Rivero est réputé pour sa capacité à combiner l’amour sous toutes ses formes et à explorer les vérités émotionnelles de personnages marqués par l’histoire. Ce n’est pas un hasard si son œuvre est associée au concept de « réalisme romantique », une signature personnelle qu’elle revendique : « On dit que j’écris du réalisme romantique. C’est comme dire : parler d’amour, mais avec de la réalité. »

Viviana Rivero privilégie le pouls de l’amour quotidien, imparfait et exigeant, s’éloignant des stéréotypes idéalisés. « Dans mes livres, vous pouvez voir toutes, toutes les facettes : l’amour d’un couple, qui vous oblige parfois à vivre dans un autre pays ; l’amour des enfants, parce qu’après les avoir eus, vous n’êtes plus jamais le même ; l’amour des vocations, ce que votre corps réclame ; et l’amour de la terre, avec la nostalgie des racines. » Pour l’auteure, l’amour est le moteur des grandes décisions et des défis majeurs, et ses protagonistes, particulièrement les femmes, n’hésitent pas à prendre des risques ou à se réinventer.

L’auteure reconnaît l’importance de raconter ses romans avec honnêteté et sans formules prévisibles. « Je ne parle pas d’un roman romantique où tout se termine parfaitement… Nous vivons l’amour et nous continuons de le vivre, mais il n’est parfait dans aucun de ses aspects : avec les enfants, il y a des conflits, parfois la vocation ne donne pas ce qu’on attendait, dans les couples, il y a des séparations après vingt ans. » Malgré tout, Viviana Rivero demeure optimiste quant à la vie : « Il y a toujours une nouvelle opportunité, une porte s’ouvre toujours. »

Au cours des dernières années, l’œuvre de Viviana Rivero a transcendé les frontières de la littérature imprimée, trouvant son chemin vers les écrans et de nouveaux lecteurs grâce à des rééditions et réimpressions constantes. Sa bibliothèque est rééditée avec de nouvelles couvertures, élargissant ainsi la portée de titres emblématiques tels que « Secret bien gardé », « Femme et enseignante », « La magie de la vie » et « Les couleurs du bonheur ».

Une autre facette pertinente du phénomène Rivero réside dans les adaptations audiovisuelles. « La première rencontre avec les producteurs a été : ‘Voulez-vous être flexibles ? Parce que nous ne pouvons pas faire exactement pareil’ », se souvient l’auteure, qui s’est montrée plus exigeante au fil des années dans la négociation des droits et des versions. Bien que le succès de son roman « Secret bien gardé » ait ouvert la voie à une série télévisée, Viviana Rivero n’a pas hésité à refuser des propositions trop éloignées de l’essence de ses livres : « Cela m’est arrivé avec le livre ‘Zafiros en la Piel’, que les Mexicains ont acheté et nous avons fait faire les scénarios et j’ai dit non, parce que c’était très différent. »

L’écrivaine maintient un engagement actif en faveur du développement et de l’autonomie des femmes, une démarche visible dans son œuvre et dans sa vie personnelle. De ses premiers pas professionnels à des projets familiaux comme le livre illustré réalisé avec sa fille, sa littérature milite pour la force et le courage féminins, favorisant ainsi la rencontre entre différentes générations de lectrices.

À l’ère du numérique, Viviana Rivero reconnaît le défi de maintenir l’intérêt des lecteurs face à la concurrence des écrans et défend la lecture comme un espace de bien-être et de réflexion. Parallèlement, elle promeut sa projection internationale à travers des lancements et des tournées dans plusieurs pays, assumant le sacrifice d’un agenda chargé comme un investissement à long terme pour son œuvre. Son processus créatif demeure axé sur une recherche rigoureuse et un soin méticuleux dans l’élaboration des récits, tout en restant attentive aux mutations sociales et à l’évolution du rôle des femmes dans la littérature et la société. Elle poursuit une quête d’intégrité artistique et d’élargissement de son héritage, ouvrant son propos à de nouveaux publics et à de nouveaux défis.

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