Publié le 2025-10-10 18:12:00. Une étude majeure présentée à Berlin suggère un lien préoccupant entre la consommation régulière de sodas, qu’ils soient sucrés ou « light », et un risque accru de développer une stéatose hépatique, également appelée maladie du foie gras. Ces conclusions, basées sur l’analyse de plus de 120 000 adultes, interpellent des millions de consommateurs à travers le monde.
- Consommer quotidiennement des sodas, même « sans sucre », augmenterait le risque de stéatose hépatique non alcoolique (MASLD) de 60%.
- Les boissons sucrées traditionnelles sont associées à une augmentation du risque de 50%.
- Ce risque est présent même à faible consommation (une canette par jour) et s’accentue avec le temps.
L’étude, coordonnée par Lihe Liu de l’Université Soochow en Chine et présentée lors de la Semaine européenne unie de gastroentérologie (UEG) à Berlin, s’est appuyée sur les données de la Biobanque britannique. Sur une période de plus de dix ans, les chercheurs ont observé plus de 120 000 adultes indemnes de maladie hépatique au début du suivi. L’analyse des questionnaires diététiques et des données cliniques a révélé une association claire entre la consommation quotidienne de boissons sucrées ou édulcorées et l’apparition de la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD).
Cette pathologie, qui touche déjà plus de 30 % de la population mondiale selon les estimations de l’UEG, est observée parallèlement à une augmentation constante de la consommation de ces boissons. Aux États-Unis, par exemple, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estime que 4,5 millions d’adultes souffrent déjà d’une maladie chronique du foie. L’étude a révélé que les consommateurs réguliers de boissons contenant des édulcorants artificiels présentaient un risque 60 % plus élevé d’être diagnostiqués avec un MASLD par rapport à ceux qui n’en consommaient pas. La consommation fréquente de sodas sucrés augmentait ce risque de 50 %. Ces chiffres restent significatifs même après ajustement pour des facteurs tels que l’âge, le sexe, le poids et les antécédents médicaux.
Les boissons sucrées seraient responsables de pics de glucose et d’insuline, contribuant à la prise de poids et à l’augmentation de l’acide urique, des facteurs connus pour favoriser l’accumulation de graisse dans le foie. Concernant les édulcorants artificiels, le rapport souligne leur potentiel à altérer le microbiote intestinal, à influencer la sensation de satiété et même à induire des réponses insuliniques sans apport calorique. L’UEG met en garde : « Les boissons light peuvent modifier la flore intestinale et la perception de la faim, voire induire des réponses hormonales ». Le risque est identifié même pour une seule canette par jour, et l’exposition prolongée aggrave la situation, augmentant le risque de complications et de décès liés au foie.
Les données du marché américain illustrent l’ampleur potentielle du problème. En 2024, la consommation par habitant de boissons gazeuses aux États-Unis s’élevait à environ 118 litres par personne et par an, représentant un volume national total de 86 milliards de litres. Bien que les variantes sans sucre gagnent du terrain, représentant 19,2 % en 2024, la consommation globale reste significative. Les Millenials constituent d’ailleurs le segment de consommateurs le plus actif, avec 22 % déclarant une consommation régulière.
L’étude suggère également une solution simple : remplacer une canette quotidienne de boisson sucrée par de l’eau pure. Cette substitution pourrait réduire le risque de développer un MASLD de 12 à 15 %. « L’eau prévient la charge métabolique et aide à réduire l’accumulation de graisse dans le foie », précise l’UEG, remettant en question les stratégies antérieures qui préconisaient uniquement le passage aux versions diététiques. Les conclusions de cette recherche, relayées par des agences comme Reuters, attirent l’attention d’organisations telles que la Société européenne pour l’étude du foie (EASL) et l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui pourraient intégrer ces découvertes dans de futures réglementations et recommandations.
Les spécialistes de l’UEG recommandent une augmentation de la consommation d’eau pour tous les groupes d’âge et une réduction des sodas dans les environnements scolaires, professionnels et familiaux. Ces conseils, s’ils sont pris en compte dans les politiques publiques, pourraient significativement contribuer à la prévention des maladies métaboliques, en particulier celles affectant le foie.