Publié le 25 octobre 2025 à 09:34. Le leader du GERB, Boyko Borissov, a passé en revue les réalisations de son parti et abordé les défis futurs, de l’intégration européenne à l’impact de l’intelligence artificielle, en passant par ses relations complexes avec d’autres formations politiques.
- Boyko Borissov a revendiqué l’entrée de la Bulgarie dans l’espace Schengen et la zone euro comme des objectifs majeurs accomplis par son parti.
- Il a exprimé son désir de voir le GERB évoluer vers un nouveau stade, critiquant vertement le niveau de débat politique actuel au Parlement.
- L’ancien Premier ministre a défendu la nécessité d’une approche pragmatique en politique, y compris des alliances stratégiques, tout en promettant des avancées budgétaires significatives pour les retraites et les salaires.
S’adressant à de jeunes militants du GERB à Razgrad, Boyko Borissov a souligné la nécessité pour le parti de guider la société vers un « nouveau monde ». Il s’est félicité de voir la Bulgarie rejoindre l’espace Schengen et adopter l’euro, considérant ces étapes comme des succès majeurs pour son parti. Les infrastructures, notamment l’autoroute « Hemus », demeurent une priorité. Au-delà des avancées économiques, l’ancien chef du gouvernement a insisté sur l’importance pour la société bulgare d’embrasser l’innovation et l’intelligence artificielle (IA) face à un monde en évolution rapide. Il a jugé essentielle la mise en place d’un cadre législatif pour l’IA, garantissant la protection de la vie privée.
Boyko Borissov a déploré la qualité actuelle des débats politiques, qualifiant certains échanges parlementaires de « pollution narcissique » et dénonçant un manque de respect mutuel. « Je souhaite que le GERB passe à un autre niveau », a-t-il martelé, appelant à un changement qualitatif au sein du parti. Il a par ailleurs défendu la nécessité de travailler avec d’autres forces politiques, comme le DPS, le BSP (Parti socialiste bulgare) et ITN (Il y a un tel peuple), lorsque cela sert l’intérêt général, expliquant que la composition des coalitions relève souvent d’une « pure arithmétique » politique. Il a également fait allusion à des mécanismes de la politique, citant la nécessité parfois de « lécher » ce que l’on a précédemment critiqué, dans une allusion voilée aux relations avec le président Rumen Radev.
Sur le plan budgétaire, Borissov a affirmé que des efforts considérables étaient déployés pour maintenir le déficit public sous la barre des 3 % afin d’éviter un choc pour les citoyens lors de l’adoption de l’euro. Il a promis des augmentations substantielles pour les retraites (plus d’un milliard de leva) et les salaires (plus de 1,5 milliard de leva) dans le budget de l’année prochaine, tout en garantissant que les impôts n’augmenteraient pas. Il a également évoqué la nécessité d’expliquer aux citoyens le bien-fondé de certaines mesures, comme les frais liés aux compteurs d’eau, dont la justification n’aurait pas été clairement communiquée par le ministère du Développement régional et des Travaux publics.
Abordant la situation géopolitique, Boyko Borissov s’est dit préoccupé par une « guerre qui approche », estimant que la situation s’était détériorée et que le conflit pourrait potentiellement affecter la Bulgarie. Il a affirmé que sa peur ne venait ni du président Radev ni de Delyan Peevski, ni d’« aucun crime », mais d’une « peur animale » face à la guerre. Concernant le groupe pétrolier Lukoil, il a exprimé son espoir d’une résolution rapide de la situation, souhaitant que les présidents Trump et Poutine parviennent à un accord d’ici la fin du mois.