Publié le 11 février 2024 à 07h00. Une famille irlandaise s’est vue refuser l’accès à un ferry Brittany Ferries pour un voyage prévu en France, en raison de l’utilisation d’un palan personnel par un membre de la famille souffrant de sclérose en plaques. Cette décision, justifiée par des raisons de sécurité, soulève des questions sur l’accessibilité des transports maritimes pour les personnes à mobilité réduite.
- Brittany Ferries a modifié sa politique concernant l’utilisation de palans personnels à bord de ses navires, invoquant des préoccupations de sécurité en cas d’évacuation.
- Un couple irlandais avait initialement réservé avec succès des voyages aller-retour et un séjour en France pour la belle-mère de l’un d’eux, qui utilise un palan pour se déplacer.
- La compagnie de ferry propose un remboursement complet aux clients concernés par cette nouvelle politique.
L’histoire commence positivement : un lecteur nous raconte avoir réservé des vacances de dix jours dans le nord de la France pour les parents de sa femme, en septembre 2025. L’un des parents est en fauteuil roulant et a besoin d’un palan pour passer du fauteuil au lit et pour utiliser les toilettes. Le lecteur explique qu’il avait envisagé l’avion, mais que le ferry semblait être une alternative plus pratique et moins stressante.
« Nous avons réservé une cabine accessible avec Brittany Ferries, car elle répondait à tous les besoins de ma belle-mère. Brittany Ferries a été très serviable et a pris contact à plusieurs reprises par e-mail et par téléphone pour s’assurer que tout était en ordre », témoigne le lecteur. Son beau-père, habitué à manipuler le palan, n’avait eu besoin d’aucune assistance du personnel de la compagnie lors de précédents voyages avec Brittany Ferries, si ce n’est pour s’assurer qu’il y avait suffisamment d’espace pour son véhicule adapté sur le parking.
La famille avait déjà effectué des voyages aller-retour entre Cork et Roscoff, sans incident, et la belle-famille avait même exprimé le souhait de repartir en mai 2026 pour un séjour de dix-neuf jours. Ils avaient réservé à nouveau le ferry et un camping accessible en novembre dernier, et la réservation avait été confirmée par e-mail par Brittany Ferries. Une confirmation supplémentaire avait été reçue après un appel téléphonique de la compagnie en novembre, confirmant les détails et les besoins spécifiques de la réservation. En résumé, la réservation avait été confirmée à trois reprises par Brittany Ferries.
Cependant, juste avant Noël, la situation a basculé. L’épouse du lecteur a reçu un e-mail de Brittany Ferries l’informant que la compagnie ne permettait plus « l’utilisation de palans pour les passagers », qu’ils soient personnels ou nécessitant l’aide de l’équipage. La compagnie justifiait cette décision en affirmant qu’elle ne pouvait raisonnablement attendre de son équipage qu’il fournisse l’assistance nécessaire à l’utilisation d’un tel dispositif.
Selon le lecteur, l’e-mail invoquait également d’autres raisons pour interdire l’utilisation des palans personnels. Brittany Ferries a expliqué que « la configuration structurelle de leurs navires, combinée à la possibilité de mouvements en mer, rend impossible de garantir la stabilité, le positionnement sécurisé ou le fonctionnement sûr des palans dans les cabines ou les espaces publics ». La compagnie a également souligné qu’en cas d’évacuation, elle ne disposait pas des ressources nécessaires pour gérer ou accueillir les palans de manière conforme à ses obligations de sécurité.
Le lecteur souligne que la famille devait voyager sur l’Amorique, un navire sur lequel ils avaient déjà voyagé en septembre sans problème, et que la structure du navire était idéale pour les besoins de sa belle-mère. Il ajoute que le palan n’était utilisé que dans la cabine par son mari, et que l’assistance de l’équipage n’avait jamais été et ne serait jamais nécessaire.
« Si un avion peut accueillir [ma belle-mère, une utilisatrice de fauteuil roulant], comment une compagnie de ferry peut-elle dire qu’elle ne le peut pas ? »
Lecteur, concernant Brittany Ferries
Le lecteur estime que la justification de Brittany Ferries est une « échappatoire » et critique le manque de formation du personnel de la compagnie pour aider les personnes utilisant un palan en cas d’urgence. Il s’interroge également sur l’impact de cette politique sur les personnes ayant besoin d’une planche de transfert, limitant ainsi les possibilités de voyage pour de nombreuses personnes handicapées.
Après avoir consulté la réglementation européenne, le lecteur affirme que Brittany Ferries doit « prouver qu’il est impossible d’accueillir » sa belle-mère et « prouver que la conception du navire et/ou l’infrastructure portuaire n’est pas adéquate » (ce qui, selon lui, n’est pas le cas puisqu’ils ont déjà voyagé sur le même navire depuis les mêmes ports en septembre). Il estime également que l’impossibilité doit être liée à des exigences de sécurité ou à la faisabilité opérationnelle, ce qu’il ne croit pas être le cas. Il soupçonne la compagnie de ne pas vouloir investir dans la formation du personnel et la mise en place de nouvelles procédures.
Le lecteur a contacté Irish Ferries et Stena Line pour savoir s’ils pouvaient accueillir des palans, et les deux compagnies ont confirmé qu’il n’y aurait pas de problème. Il souligne qu’une compagnie aérienne avait déjà autorisé sa belle-mère à voyager, même si elle était incapable de marcher ou de quitter son siège sans un appareil de levage ou sans être physiquement soulevée. Elle avait simplement cessé de prendre l’avion car cela était embarrassant et inconfortable pour elle.
Nous avons contacté Brittany Ferries pour obtenir un commentaire. Dans un communiqué, la compagnie a déclaré qu’elle ne pouvait pas commenter un cas individuel, car le client ne lui avait pas donné la permission de le faire. « De manière générale, Brittany Ferries comprend la déception qu’un changement de politique concernant le levage peut provoquer. Cette décision n’a pas été prise à la légère, mais fait suite à un examen de la sécurité axé sur des scénarios d’évacuation d’urgence. Cet examen a conclu que l’utilisation sûre et opérationnellement réalisable des palans ne peut pas être garantie dans ces conditions sur nos navires. Le changement de politique est basé sur les obligations de sécurité maritime en cas d’urgence, et non sur la commodité ou pour des raisons commerciales. Lorsque l’utilisation du palan ne peut pas être assurée en toute sécurité, les clients ont droit à un remboursement complet », conclut le communiqué. Brittany Ferries a ajouté qu’elle ne pouvait pas commenter les évaluations de sécurité et les décisions des autres opérateurs de transport.