Publié le 23 février 2026 à 18h50. Le bitcoin peine à consolider son rebond, entraîné par la faiblesse des marchés boursiers américains, en particulier le secteur technologique, et par des inquiétudes croissantes concernant une possible crise de crédit.
Le bitcoin a reculé lundi, s’échangeant à 65 400 $ (contre plus de 70 000 $ la veille), après une tentative de reprise qui n’a pas tenu face à la pression vendeuse sur les marchés financiers. Cette baisse représente un recul de 35 % sur les dernières 24 heures.
Les indices boursiers américains ont également subi des pertes significatives. Le S&P 500 et le Nasdaq 100, à forte concentration technologique, ont tous deux enregistré un repli de plus de 1 %, sous l’effet de la faiblesse des valeurs du secteur logiciel et des sociétés de capital-investissement.
L’ETF iShares Expanded Tech-Software (IGV) a chuté de 5 % supplémentaires, atteignant un nouveau plus bas sur 52 semaines, et accuse désormais une baisse de près de 35 % depuis octobre. Cette évolution s’explique par les craintes liées à la potentielle disruption des modèles économiques traditionnels du secteur logiciel par les outils d’intelligence artificielle générative. Récemment, le bitcoin et l’IGV ont affiché une corrélation quasi parfaite.
Cette tendance baissière est exacerbée par les inquiétudes persistantes quant à un possible événement de crédit majeur, comparable à la crise financière mondiale de 2008, en raison de l’essor de l’IA. Les sociétés de capital-investissement, fortement exposées au secteur logiciel, sont particulièrement touchées. Blow Owl Capital (OWL) – qui avait vendu des actifs la semaine dernière pour répondre aux demandes de liquidités de ses investisseurs – a encore perdu 3,5 % lundi, et affiche une baisse de 32 % depuis le début de l’année. Blackstone (BX), Ares Management (ARES) et Apollo Global Management (APO) ont également amplifié leurs pertes récentes, avec des chutes comprises entre 6 % et 8 %.
Les cryptomonnaies sont souvent considérées comme un indicateur avancé du secteur technologique et des conditions de liquidité globales. La faiblesse observée lundi reflète cette dynamique. Bien que le bitcoin ait pour l’instant maintenu un niveau supérieur à ses plus bas de début février, il continue d’évoluer dans une fourchette étroite, entre 60 000 et 70 000 $, témoignant d’une appétence pour le risque limitée.
L’incertitude concernant les droits de douane internationaux, suite à la décision de la Cour suprême limitant le recours aux tarifs douaniers étendus par l’ancien président Trump, contribue également à l’aversion au risque actuelle, selon Joel Kruger, stratège de marché chez LMAX Group.
« Cela a déclenché un environnement classique d’aversion au risque. Les investisseurs se sont retirés des actifs spéculatifs tels que les crypto-monnaies, le bitcoin se comportant davantage comme un investissement à bêta élevé que comme de l’or numérique. »
Joel Kruger, stratège de marché chez LMAX Group
Selon Kruger, le bitcoin se comporte désormais davantage comme un actif à haut risque que comme une valeur refuge.