La Californie entend relancer sa production cinématographique de grand spectacle. L’État a débloqué une enveloppe de 342 millions de dollars (environ 317 millions d’euros) sous forme de crédits d’impôt, dont une part record de 43,9 millions de dollars (environ 40,7 millions d’euros) pour le prochain volet de la franchise « Jumanji ».
Cette initiative vise à ramener sur ses terres des tournages d’envergure, alors que le secteur traverse une crise. Le gouverneur Gavin Newsom a signé en juin une refonte majeure du programme d’incitation fiscale, qui avait vu les emplois de production chuter de 29 % depuis 2022. La Californie espère ainsi inverser la tendance et reconquérir des productions qui s’expatrient.
Au-delà de « Jumanji », dont le tournage est prévu pour novembre 2024 et la sortie pour décembre 2026, d’autres productions majeures bénéficieront de ces aides. Le film « Heat 2 », signé Michael Mann, recevra 37,2 millions de dollars (environ 34,5 millions d’euros). Le prochain long-métrage des Daniels, duo oscarisé pour « Everything Everywhere All at Once », se voit attribuer 38,4 millions de dollars (environ 35,6 millions d’euros). Ce dernier projet, déjà approuvé pour 20,8 millions de dollars en mars, bénéficie de l’élargissement du programme et reçoit près de 18 millions de dollars supplémentaires.
Le réalisateur Jake Kasdan s’est réjoui de cette nouvelle : « J’attendais depuis longtemps le jour où l’incitation cinématographique de Californie nous aiderait à ramener des films comme celui-ci chez nous. Je suis tellement reconnaissant que le nôtre sera parmi les premiers à profiter du nouveau programme », a-t-il déclaré. Il a souligné la nécessité de ces dispositifs pour attirer les centaines de professionnels hautement qualifiés qui résident en Californie.
Ce nouveau programme d’aide, entré en vigueur le 1er juillet, prévoit une enveloppe annuelle de 337 millions de dollars (environ 312 millions d’euros) pour les longs métrages et 412 millions de dollars (environ 382 millions d’euros) pour les séries télévisées, et ce, pour les cinq prochaines années. Auparavant, le plafond de crédit par projet était limité à 25 millions de dollars, la majorité se contentant de 20 millions. Désormais, ce seuil a été relevé à 48 millions de dollars.
Les chiffres de production témoignent d’une baisse significative. Au cours du dernier trimestre, seulement huit longs métrages à gros budget étaient en production en Californie, soit un recul de 43 % par rapport à la même période en 2024, selon les données de ProdPro. Cette situation reflète un ralentissement plus large dans l’industrie du cinéma, également observé au Royaume-Uni (-33 %) et au Canada (-6 %) au troisième trimestre 2025 par rapport à l’année précédente.
Malgré la domination des États-Unis comme hub mondial de production, la Californie doit composer avec la concurrence d’autres États américains (Géorgie, New Jersey, New York) et de pays étrangers (Canada, Royaume-Uni) qui offrent également des subventions attractives. Le programme californien vise à rétablir son attractivité.
Parmi les autres projets bénéficiant de ces nouvelles allocations figurent :
- « Sunday », de Blumhouse, pour 16,4 millions de dollars (environ 15,2 millions d’euros).
- « The Fifth Wheel », de Netflix, pour 14,8 millions de dollars (environ 13,7 millions d’euros).
- « A Tree Is Blue », produit par Dakota Johnson, pour 2,4 millions de dollars (environ 2,2 millions d’euros).
- Un drame familial sans titre de Warner Bros., pour 39,6 millions de dollars (environ 36,7 millions d’euros).
- « Epiphany », avec Bill Murray et Kristen Wiig, pour 4,2 millions de dollars (environ 3,9 millions d’euros).
- « The Incredible Heist of Hallelujah Jones », de Taika Waititi et avec Janelle Monae, pour 1,8 million de dollars (environ 1,7 million d’euros).
- « Nightwatching », avec Mila Kunis, pour 3,3 millions de dollars (environ 3,1 millions d’euros).