Publié le 2025-10-30 13:35:00. Le cancer du foie, troisième cause de décès par cancer dans le monde, touche près de 6 700 nouveaux diagnostics chaque année en Espagne, dont la moitié à un stade avancé. L’hépatocarcinome (CHC), forme la plus courante, est fortement lié à la cirrhose, elle-même souvent causée par la consommation d’alcool et, de plus en plus, par le foie gras lié à l’obésité et au diabète de type 2.
- Le cancer du foie est la troisième cause de décès par cancer au niveau mondial.
- En Espagne, environ 6 700 nouveaux cas sont diagnostiqués annuellement, la moitié à un stade avancé.
- L’hépatocarcinome (CHC) est la forme la plus fréquente (80 à 90 % des cas) et est associé dans 60 à 90 % des cas à la cirrhose.
- Les facteurs de risque incluent la consommation d’alcool, les hépatites virales, le foie gras, l’obésité et le diabète de type 2.
L’Association Espagnole pour l’Étude du Foie (AEEH) souligne que, malgré les avancées dans le traitement des hépatites virales C et la vaccination contre l’hépatite B, d’autres facteurs comme l’alcool et le foie gras gagnent en importance dans l’incidence du CHC.
« L’incidence mondiale du CHC n’a pratiquement pas changé ces dernières années, malgré les traitements qui permettent de guérir le virus de l’hépatite C et la vaccination contre l’hépatite B. Cela montre que d’autres facteurs comme l’alcool et la stéatose hépatique jouent un rôle de plus en plus important », alerte Alejandro Forner, secrétaire adjoint de l’AEEH et spécialiste du carcinome hépatocellulaire à l’Hospital Clínic de Barcelone.
L’obésité et le diabète de type 2 contribuent à une augmentation de l’incidence du foie gras, une pathologie touchant déjà un Espagnol sur quatre. Le risque de développer un cancer du foie chez les patients atteints de stéatose hépatique est estimé jusqu’à trois fois plus élevé selon l’AEEH.
Symptômes et Diagnostic Précoce : La Clé d’un Meilleur Pronostic
Le pronostic du cancer du foie dépend crucialement du stade de détection. Le principal défi réside dans le fait que la maladie ne manifeste ses symptômes qu’à un stade très avancé, voire reste asymptomatique dans de nombreux cas.
« Le problème fondamental est que le cancer du foie ne donne ses propres symptômes que lorsqu’il est à un stade très avancé. »
Manuel Romero, président de l’Association Espagnole pour l’Étude du Foie (AEHH)
Il est donc essentiel d’identifier les signes avant-coureurs, car une fois qu’ils apparaissent, les options de traitement deviennent limitées. Le diagnostic précoce d’un cancer du foie se traduit par un taux de survie à cinq ans de 90 %, contre seulement 5 % à un stade avancé. Deux éléments sont cruciaux pour une détection à temps : la prise en compte des facteurs de risque et la prévention.
Les personnes les plus à risque sont celles souffrant déjà d’une maladie du foie, qu’elle soit due à l’alcool, à un dysfonctionnement métabolique, au foie gras, à une hépatite ou à une pathologie auto-immune. Étant donné que ces maladies du foie ne présentent souvent des symptômes qu’à un stade avancé, il est primordial d’identifier les patients à risque et de les intégrer dans des programmes de dépistage réguliers.
« Il est essentiel d’identifier les patients susceptibles d’en être atteints et de les inclure dans les programmes de dépistage effectuant une échographie tous les six mois » afin de « détecter précocement le développement du CHC », explique Antonio Guerrero, médecin spécialiste du système digestif à l’unité des tumeurs hépatiques de l’Hôpital Universitaire Ramón y Cajal.
Le diagnostic précoce du CHC ne garantit pas seulement une détection rapide, mais ouvre également la voie à « plus d’options de traitement curatif et à un meilleur pronostic ». Le pronostic est conditionné par deux facteurs : l’évaluation de la maladie hépatique chronique, incluant la surveillance de la fonction hépatique, et la progression de la tumeur une fois détectée. « La décompensation d’une maladie hépatique a un impact égal, voire supérieur, à celui de la progression tumorale sur le pronostic du patient », précise l’expert.
Options Thérapeutiques : Chirurgie, Traitements Locaux et Systémiques
Lorsqu’une tumeur est détectée à un stade précoce, les options de traitement privilégiées incluent la chirurgie ou l’ablation, qui visent à retirer ou détruire localement la tumeur. Des traitements intra-artériels, consistant à administrer une chimiothérapie ou une radiothérapie directement dans l’artère qui nourrit la tumeur, sont également possibles.
Dans les cas de cancer à un stade avancé, le recours à un traitement systémique devient nécessaire. Actuellement, les combinaisons basées sur l’immunothérapie intraveineuse sont considérées comme la première option, afin de cibler la tumeur à la fois au niveau hépatique et extra-hépatique, selon Antonio Guerrero.
Il est crucial pour les spécialistes de ne pas négliger le double aspect de la prise en charge de ces patients. Les complications de la maladie hépatique influencent directement le pronostic des patients atteints de CHC. Par conséquent, une approche globale, gérant à la fois la pathologie hépatique et le traitement tumoral, est indispensable.