Publié le 12 février 2024. Une équipe médicale italienne a réalisé pour la première fois une ablation complète d’une tumeur pulmonaire en une seule intervention, combinant l’expertise du bronchoscope robotisé et du robot chirurgical da Vinci 5, offrant ainsi un parcours de soins plus rapide et moins invasif pour le patient.
- Pour la première fois en Italie, le diagnostic et l’ablation d’une tumeur pulmonaire ont été réalisés lors d’une même séance opératoire.
- Cette avancée médicale a été rendue possible grâce à l’utilisation combinée d’un bronchoscope robotisé et du robot chirurgical da Vinci 5.
- Le patient, un homme de 65 ans, a pu rentrer chez lui quelques jours après l’intervention.
L’opération s’est déroulée à l’IRCCS Sacro Cuore Don Calabria de Negrar, près de Vérone, le mardi 3 février. L’équipe, dirigée par le Dr Diego Gavezzoli, directeur de l’unité de chirurgie clinique thoraco-pulmonaire, a mis en œuvre une approche innovante pour traiter un nodule pulmonaire détecté chez un patient de 65 ans.
Le patient présentait un nodule de 1,5 cm (environ 0,6 pouce) détecté lors d’un scanner et confirmé par une TEP-scan. Les tentatives initiales de biopsie par les méthodes traditionnelles se sont avérées infructueuses en raison de la petite taille et de la localisation de la lésion. C’est alors que l’équipe a décidé d’utiliser le bronchoscope robotisé ION pour effectuer la biopsie directement pendant la même séance opératoire.
Selon le Dr Gavezzoli,
« Il s’agit d’une procédure innovante qui combine la précision et le caractère mini-invasif de la robotique avancée avec l’élimination du temps entre les phases diagnostique et thérapeutique. Intervenir le plus tôt possible sur la tumeur signifie de plus grandes chances de guérison. De plus, l’administration d’une seule anesthésie pour toute la procédure minimise l’inconfort pour le patient. »
Le bronchoscope robotisé ION, décrit comme un « navigateur satellite » par le Dr Gavezzoli, a permis de guider l’opérateur à travers une carte créée à partir des images tomodensitométriques. Grâce à sa sonde fine et à sa capacité de mouvement à 360°, il a pu atteindre le nodule et prélever un échantillon pour analyse histologique et cytologique, réalisé en temps réel au bloc opératoire par le pathologiste.
La biopsie a confirmé la présence d’une tumeur, et le patient a immédiatement subi une lobectomie pulmonaire assistée par le da Vinci 5, le système robotique le plus avancé pour la chirurgie mini-invasive.
Le Dr Gavezzoli souligne l’importance de cette approche :
« Sans l’utilisation de ce bronchoscope robotisé, la voie traditionnelle consiste à surveiller le nodule par des examens radiologiques répétés pour vérifier son comportement. Une procédure qui enlève inévitablement un temps précieux à l’intervention thérapeutique, quand on sait qu’un diagnostic précoce combiné à un accès rapide à la chirurgie conduit à la guérison dans 90% des cas, même pour une tumeur, comme le cancer du poumon, qui représente encore la première cause de décès par cancer. »
L’utilisation de ION permet un diagnostic précis même en cas d’échec des biopsies conventionnelles.
« Le bronchoscope robotisé nous permet de circonscrire facilement la zone tumorale avec moins de complications que d’autres procédures. L’identification précise du nodule permet de l’extraire et de l’analyser en temps réel, afin de décider, s’il est bénin, de se limiter à sa simple résection, ou, à défaut, de procéder à l’ablation d’un lobe pulmonaire entier. »
Après la biopsie, le Dr Gavezzoli est passé de la console ION à celle du robot da Vinci 5 pour réaliser l’opération. Il conclut :
« Si ION représente une véritable révolution dans le domaine du diagnostic du cancer du poumon, le da Vinci 5 rend le travail du chirurgien plus facile que jamais et le rend plus sûr. Ceci grâce à une console équipée d’un moniteur qui offre la vision 3D la plus réaliste jamais créée, améliorée quatre fois par rapport aux modèles précédents et à un système de capteurs positionnés sur les pointes des instruments qui permettent de calibrer la force sur les tissus. Pour le patient, cela signifie moins de douleur et un risque moindre de complications postopératoires, et une récupération plus rapide après l’opération. »