Home Divertissement Capteurs de cinéma, robotique… comment les pionniers de la reconstruction faciale innovent pour repousser encore les limites

Capteurs de cinéma, robotique… comment les pionniers de la reconstruction faciale innovent pour repousser encore les limites

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Publié le 11 octobre 2025. L’Institut Faire Faces d’Amiens, pionnier de la reconstruction faciale, renforce son partenariat avec la fondation Les Gueules Cassées pour explorer de nouvelles frontières technologiques. Ces avancées visent à améliorer significativement le quotidien des patients confrontés à des atteintes du visage.

Dans un effort commun pour repousser les limites de la chirurgie reconstructrice, l’Institut Faire Faces, basé à Amiens, et la fondation Les Gueules Cassées ont renouvelé leur collaboration. Cette alliance stratégique met en lumière des projets de recherche novateurs, s’appuyant sur les technologies de pointe pour transformer la vie des personnes souffrant de lésions ou de paralysies faciales.

L’institut s’est doté d’outils sophistiqués, tels que des capteurs de mouvement faciaux, similaires à ceux utilisés dans l’industrie cinématographique pour la modélisation 3D. Ces dispositifs, intégrés dans le cadre du programme Faire Faces, permettent une analyse objective et détaillée des expressions et des mouvements du visage. L’objectif est de développer, à terme, des modèles prédictifs pour anticiper et optimiser la récupération fonctionnelle des patients.

« En fait, c’est le lancement de trois projets au sein de l’institut », explique Stéphanie Dakpé, professeure des universités et praticienne hospitalière. « Dont e-move, qui cherche à caractériser les mouvements faciaux, et à avoir une analyse objective de ses mouvements. Pour, peut-être un jour, avoir des modèles prédictifs de récupération de ces mouvements. »

« Ce qui me gêne le plus, c’est la douleur qu’on ne voit pas liée à la tension continue dans la joue. »

Corinne, patiente

Pour Corinne, victime d’une paralysie faciale il y a dix-neuf ans, ces avancées technologiques représentent un espoir tangible. « Oui, au vu des découvertes technologiques, on garde espoir. Il y a eu des améliorations durant toutes ces années. Moi ce qui me gêne le plus c’est la douleur qu’on ne voit pas liée à la tension continue dans la joue, qui est invisible, mais pénalise beaucoup l’élocution d’ailleurs. Récupérer le visage, ce serait important. » Mieux comprendre les mécanismes de son visage pourrait permettre d’adapter et d’affiner les traitements futurs.

Au cœur de l’institut, l’équipe du professeur Devauchelle, une figure emblématique ayant réalisé la première greffe partielle du visage en 2005 à Amiens et aujourd’hui chef du service de chirurgie maxillo-faciale au CHU d’Amiens, s’appuie désormais sur la robotique. Les 45 chercheurs du programme Chimère de l’Université Picardie Jules-Verne visent à repousser encore les limites de la reconstruction, au-delà des trois greffes totales déjà effectuées.

Les évolutions de la robotique, sur lesquelles s’appuient l’équipe de chercheurs de l’institut, sont précieuses pour exploiter d’autres pistes d’améliorations. © Paul Thiry/FTV

« Nous avons pu redonner à cette patiente la capacité de remanger, de reparler », précise le Dr Devauchelle. « Mais nous nous sommes aperçus que le mouvement de traction de la langue, je pense à Einstein tirant la sienne sur cette photo absolument célèbre, nous n’avons pas pu le restaurer. C’est là qu’il y a des progrès considérables à faire. »

Ce partenariat renouvelé avec la fondation Les Gueules Cassées confirme l’ambition de l’Institut Faire Faces de marquer durablement l’histoire de la médecine, vingt ans après avoir été le théâtre de la première greffe totale de visage, réalisée à l’hôpital Vall d’Hebron de Barcelone en 2010.

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