Home Économie Carlos Costa considère l’accord avec le Mercosur comme irréversible mais entraînera des coûts d’ajustement pour l’UE

Carlos Costa considère l’accord avec le Mercosur comme irréversible mais entraînera des coûts d’ajustement pour l’UE

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Publié le 23 février 2026 à 01h00. L’ancien gouverneur de la Banque du Portugal, Carlos Costa, a souligné la nécessité d’une cohésion européenne face aux défis économiques et géopolitiques actuels, tout en rappelant l’importance d’éviter de laisser des pays ou des secteurs à la traîne.

  • Carlos Costa met en avant les défis technologiques, la concurrence industrielle mondiale et le déclin démographique comme les principaux obstacles à la prospérité européenne.
  • Il insiste sur la nécessité pour l’Union européenne de renforcer son autonomie stratégique, notamment en matière économique et de défense.
  • L’économiste plaide pour une politique commerciale équilibrée, favorisant de nouveaux partenariats tout en protégeant les intérêts européens.

Dans une interview accordée à la plateforme Focus Brasil, Carlos Costa a dressé un tableau des enjeux auxquels l’Europe est confrontée, soulignant la complexité d’un continent à la fois en construction et confronté à des mutations profondes. Il a notamment évoqué la perte de terrain de l’Europe face aux États-Unis en matière d’innovation technologique et la montée en puissance de l’industrie chinoise, qui représente désormais un marché important pour les secteurs automobile et électronique européens.

Selon l’ancien gouverneur de la Banque du Portugal, le déclin démographique constitue également un défi majeur pour l’Europe, qui doit impérativement générer de la croissance pour financer son modèle social et maintenir la cohésion. Il a également insisté sur le succès de l’UE en matière d’intégration de pays aux niveaux de développement différents, mais a souligné la nécessité d’un effort constant pour réduire les disparités et garantir l’équité.

Carlos Costa a également abordé les conséquences de la disparition de l’ordre international traditionnel, marqué par la sécurité, les règles commerciales et le multilatéralisme. Il a estimé que l’Europe doit désormais réfléchir à son autonomie stratégique, ce qui implique une redéfinition de sa politique économique et un renforcement de sa capacité d’action politique. Il a notamment plaidé pour la recherche de nouveaux partenaires commerciaux afin de réduire les dépendances et de rivaliser avec les grands blocs mondiaux.

L’économiste a évoqué l’accord de l’UE avec le Mercosur, estimant qu’il est essentiel de créer un espace d’échange mutuellement bénéfique pour les deux parties. Il a souligné la nécessité d’ajustements des deux côtés pour garantir un partenariat équilibré. Il a affirmé que cet accord, négocié pendant 26 ans, est irréversible et s’inscrit dans une logique d’autonomie stratégique pour l’Europe, confrontée à des pénuries d’énergie, de terres rares et de matières agricoles.

Carlos Costa a également mis en avant l’importance d’un cadre institutionnel solide pour garantir la cohésion interne de l’UE. Il a souligné le rôle moteur de l’union monétaire dans le processus d’intégration et l’émergence d’une coordination des politiques économiques. Il a également évoqué la volonté de l’Europe de développer un pôle de sécurité autonome dans le cadre de l’OTAN.

Pour l’économiste, le développement d’un complexe industriel capable de garantir la défense européenne est une priorité, ce qui implique de dépasser les intérêts nationaux et de construire une industrie de défense européenne. Il a également insisté sur la nécessité de créer une pensée politique capable de réconcilier les intérêts de chacun avec l’intérêt général.

Carlos Costa a défendu l’Union des marchés de capitaux, estimant que l’Europe, bien qu’exportatrice de capitaux, ne parvient pas à les utiliser efficacement pour stimuler le développement économique, notamment dans les secteurs de pointe. Il a également souligné la nécessité pour l’Europe de trouver un équilibre entre l’augmentation du revenu par habitant et la productivité, tout en maintenant son modèle social.

L’économiste a mis en garde contre une politique mercantiliste contraire aux principes fondateurs de l’UE, plaidant pour une approche basée sur la concurrence loyale, la durabilité et le multilatéralisme. Il a souligné que la fragilité de la mondialisation réside dans la concentration sur les gains de certains acteurs au détriment du bien commun. Il a réaffirmé que, dans l’Union européenne, il ne peut y avoir de perdants, car sans cohésion, l’UE est menacée.

Carlos Costa a également critiqué les pratiques commerciales déloyales de la Chine, notamment les aides d’État, les pratiques anticoncurrentielles et le dumping. Il a appelé à la construction d’un monde multipolaire en termes économiques et à la création d’un réseau de relations multilatérales, tout en soulignant la nécessité pour l’Europe de maintenir ses normes environnementales et sociales.

Concernant la mutualisation de la dette au sein de l’UE, l’ancien gouverneur de la Banque du Portugal a rappelé que les règles budgétaires initiales (déficit de 3 % et dette de 60 % du PIB) avaient été fixées sur la base d’hypothèses qui ne se sont pas vérifiées. Il a souligné la tension entre la politique budgétaire des États membres et la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui vise à la stabilité des prix.

Il a noté que les grands pays, comme la France et l’Allemagne, bénéficient d’une présomption de solvabilité et ont plus de facilité à mobiliser des ressources, ce qui retarde le moment de la vérité en matière de finances publiques. Il a cependant souligné que ces pays devront tôt ou tard mettre en œuvre des programmes d’ajustement budgétaire pour garantir la confiance et la stabilité de la monnaie.

La BCE a pour seul mandat la stabilité des prix, ce qui implique un taux d’inflation de 2 %.

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