Publié le 2024-05-23. Les prix des produits alimentaires en Lituanie continuent d’augmenter, le cacao et le café en tête, suivis par les pommes et les œufs. Une hausse complexe, influencée par des facteurs de production, mais aussi par une concurrence insuffisante et une fiscalité spécifique.
- Le cacao et le café ont connu une flambée des prix, bien que le cacao ait depuis légèrement baissé.
- Les pommes, les œufs et la volaille sont également touchés par des récoltes médiocres et des maladies.
- L’huile, les produits carnés et les produits laitiers voient leurs prix augmenter et leur composition se modifier.
L’expert A. Vizickas, interrogé sur la radio « Žinių radijas » dans l’émission « Verslo pozicija », a souligné une tendance générale à la hausse des prix des produits alimentaires en Lituanie. Les chiffres de ces derniers mois sont révélateurs d’une situation préoccupante pour le portefeuille des consommateurs. Il note que dans certains cas, au-delà de la simple augmentation des prix, le volume des produits a diminué, et parfois même leur qualité, le tout étant désormais « un nouveau standard ».
Parmi les articles qui ont particulièrement grimpé, le chocolat et le café se distinguent. Si la hausse des matières premières explique en partie ce phénomène, A. Vizickas précise que le prix de la tonne de cacao, qui avait atteint environ 13 000 euros, est redescendu en dessous des 7 000 euros. Ce recul n’a cependant pas entraîné une baisse des prix du chocolat en rayon. Les pommes figurent également parmi les produits les plus touchés par l’inflation, en raison d’une « mauvaise récolte cette année ».
Les œufs et la volaille ne sont pas épargnés. Les maladies affectant les cheptels, même dans la région, ont contribué à une hausse significative. Aux États-Unis, par exemple, une dizaine d’œufs dépassait les 10 dollars cet hiver, avec des difficultés d’approvisionnement. L’huile et les produits carnés sont également concernés. L’expert constate une substitution de viande de porc par un mélange porc-poulet dans certains produits, signe d’une dégradation de la composition conjuguée à une hausse des prix.
La hausse touche aussi les produits laitiers. Un exemple concret est celui du lait, dont le prix est passé de 1,69 € à 1,79 € pour certaines marques. A. Vizickas a relevé une exception : le thé le moins cher tend à baisser. Les riz connaissent une légère baisse, mais sont encore loin des prix d’avant la flambée. Le sucre bénéficie d’une déflation temporaire due aux promotions généralisées, suggérant que le prix de base est artificiellement élevé.
Selon l’expert, la hausse des prix des matières premières a servi de « levier » aux commerçants et fabricants pour augmenter leurs tarifs. Il rappelle que la volatilité des récoltes et les stocks de matières premières comme le café ou le cacao impliquent des réactions différées. La Lituanie, a-t-il ajouté, aurait dépassé la moyenne des prix alimentaires de l’Union Européenne, avec des augmentations « simplement spectaculaires » dans certaines catégories. Il attribue cela à une concurrence insuffisante permettant de fixer les prix « sans concurrence », ainsi qu’à la fiscalité, la Lituanie appliquant une TVA complète là où d’autres pays de l’UE bénéficient de taux réduits, voire nuls. Les « actions internes » viendraient encore aggraver la situation.
Quels prix attendre pour les fêtes de fin d’année ?
À l’approche des fêtes de fin d’année, A. Vizickas anticipe des changements sur les étals. La tendance habituelle est une inflation pré-fêtes, suivie de promotions importantes pour attirer les clients. Bien qu’il soit difficile de prédire précisément cette année, certains distributeurs pourraient adopter des stratégies « agressives » pour attirer la clientèle, comme l’a déjà montré l’enseigne « Rimi » en baissant les prix sur certains produits. Si cela n’est souvent pas un effet durable, il pourrait influencer les autres acteurs du marché. La tendance générale reste une hausse des prix à l’automne, suivie d’offres spéciales en décembre, profitant de l’effet de masse et de la psychose de la pénurie.
En résumé, A. Vizickas estime que le repas de fête cette année coûtera plus cher. Avec une inflation annuelle de 6 à 8 %, et une hausse déjà constatée sur de nombreux produits, le panier alimentaire s’annonce plus onéreux.
Les prix devraient continuer à grimper
L’augmentation du salaire minimum (MMA) prévue pour l’année prochaine pourrait entraîner une accélération de la hausse des prix alimentaires. La perspective d’une augmentation de la taxe sur le diesel est également citée comme un prétexte potentiel à de nouvelles hausses. Le seul facteur capable de freiner cette tendance serait une concurrence accrue, mais celle-ci n’est pas observée. A. Vizickas décrit un marché lituanien où la pratique de « gonfler les prix puis de faire des remises » est ancrée chez la majorité des enseignes. Il reconnaît que « redresser une telle situation n’est pas simple » et nécessite « une réflexion stratégique et cohérente ».