Publié le 30 octobre 2025, 12h01. Des chercheurs britanniques avancent une méthode simple pour mieux évaluer les risques pour la santé, allant au-delà des indicateurs traditionnels comme l’IMC. Un tour de cou plus important pourrait signaler un risque accru de maladies graves, notamment cardiovasculaires et de diabète.
- Un tour de cou de 35,5 cm (femmes) ou 39,5 cm (hommes) est associé à un risque accru de fibrillation auriculaire, indépendamment de l’IMC ou du tour de taille.
- Cette mesure est considérée comme un indicateur de graisse viscérale, cette graisse nocive qui s’accumule autour des organes.
- Un tour de cou élargi est également lié à un risque accru de diabète de type 2, de diabète gestationnel et d’apnée obstructive du sommeil.
Alors que les professionnels de santé s’appuient traditionnellement sur l’indice de masse corporelle (IMC) et le rapport taille-hanche pour évaluer les risques sanitaires, une nouvelle approche suggère de prêter une attention particulière au tour de cou. Une étude publiée dans « The Conversation » met en lumière cette mesure comme un possible signal d’alerte précoce pour diverses affections sérieuses.
L’IMC, qui compare le poids à la taille, présente des limites, notamment en ne distinguant pas la masse musculaire de la masse grasse. Les chercheurs Ahmed Elbediwy et Nadine Wehida de l’Université de Kingston suggèrent que la mesure du tour de cou apporte un éclairage complémentaire. Une proportion plus importante du cou par rapport à la taille pourrait indiquer un risque élevé d’hypertension artérielle, de fibrillation auriculaire et d’insuffisance cardiaque. La fibrillation auriculaire, en particulier, peut mener à des troubles du rythme cardiaque, des problèmes circulatoires, et potentiellement à des caillots sanguins et des accidents vasculaires cérébraux.
Cette connexion s’explique par le fait que la circonférence du cou renseigne sur la répartition des graisses dans la partie supérieure du corps. « Essentiellement, la circonférence du cou sert d’indicateur de graisse viscérale – la graisse nocive, qui entoure vos organes », expliquent les chercheurs. Ce tissu adipeux sous-cutané peut libérer dans la circulation sanguine des acides gras qui, en concentrations élevées, affectent le cholestérol, la glycémie et l’équilibre du rythme cardiaque.
Outre les risques cardiovasculaires, un tour de cou plus large accroîtrait le risque de développer un diabète de type 2 ou un diabète gestationnel. Les scientifiques soulignent également un lien entre un cou volumineux et des troubles du sommeil, tels que l’apnée obstructive du sommeil, caractérisée par des arrêts et reprises de la respiration pendant le sommeil.
Une étude américaine, parue dans le Journal of the American Heart Association et portant sur plus de 4 000 patients sur une durée moyenne de onze ans, a établi que les femmes dont le tour de cou dépassait 35,5 cm et les hommes dont il dépassait 39,5 cm présentaient un risque accru de fibrillation auriculaire, et ce, indépendamment de leur IMC ou de leur tour de taille. « Ce qui est peut-être le plus surprenant, c’est que ces risques persistent même chez les personnes ayant un IMC normal. Vous pouvez donc avoir un poids santé selon les normes conventionnelles tout en étant exposé à des risques accrus pour la santé en fonction de la circonférence du cou », précisent Elbediwy et Wehida.
La mesure du tour de cou est rapide et simple. Il suffit de placer un mètre ruban autour de la partie la plus étroite du cou, ajusté mais sans serrer. Cependant, les chercheurs rappellent que cette mesure ne remplace pas un examen médical approfondi. En cas de tour de cou préoccupant, il est recommandé d’adopter un mode de vie sain incluant un entraînement d’endurance et de force pour réduire la graisse dans la partie supérieure du corps, de veiller à un sommeil suffisant, et d’adopter une alimentation équilibrée, riche en légumineuses, fruits et légumes.