Publié le 31 octobre 2025, 6h50. Une nouvelle mesure simple pourrait révolutionner le suivi de notre santé : le tour de cou. Des chercheurs britanniques suggèrent que cette donnée, souvent négligée au profit de l’Indice de Masse Corporelle (IMC), serait un indicateur précoce de risques de maladies cardiovasculaires et métaboliques.
- Le tour de cou, plus qu’un simple critère esthétique, est un indicateur clé de la répartition des graisses corporelles.
- Un tour de cou élevé, même chez des personnes à IMC normal, est associé à un risque accru de fibrillation auriculaire, d’insuffisance cardiaque, de diabète de type 2 et de diabète gestationnel.
- Cette mesure simple, réalisable à domicile, pourrait compléter les bilans de santé traditionnels et alerter sur des dangers insoupçonnés.
Alors que les professionnels de santé s’appuient traditionnellement sur l’Indice de Masse Corporelle (IMC) et le rapport taille-hanche pour évaluer les risques sanitaires, des scientifiques britanniques mettent en lumière l’importance du tour de cou. Une nouvelle étude publiée dans « The Conversation » révèle que cette mesure pourrait être un signal d’alerte précoce pour plusieurs maladies graves.
L’IMC, qui compare le poids à la taille pour estimer le pourcentage de graisse corporelle, présente des limites. Il ne distingue pas la masse musculaire de la masse grasse, ce qui peut induire en erreur, notamment chez les sportifs. Le tour de cou offre une perspective complémentaire précieuse. Selon Ahmed Elbediwy et Nadine Wehida de l’Université de Kingston, auteurs de l’étude, un cou plus large par rapport à la taille est un signe de risque accru pour diverses affections.
Parmi les maladies potentiellement liées à un tour de cou important figurent l’hypertension artérielle, la fibrillation auriculaire et l’insuffisance cardiaque. La fibrillation auriculaire, en particulier, est préoccupante car elle peut entraîner des troubles du rythme cardiaque, des problèmes circulatoires, la formation de caillots sanguins et, potentiellement, des accidents vasculaires cérébraux.
Le tour de cou renseigne sur la localisation de la graisse viscérale, cette graisse nocive qui s’accumule autour des organes internes. Les chercheurs expliquent que ce tissu adipeux, situé dans la partie supérieure du corps, libère dans la circulation sanguine des acides gras qui, en excès, peuvent altérer le cholestérol, la glycémie et l’équilibre du rythme cardiaque.
Mais les dangers ne s’arrêtent pas aux maladies cardiovasculaires. Un tour de cou prononcé est également associé à un risque accru de développer un diabète de type 2 et un diabète gestationnel. De plus, il semble exister un lien avec les troubles du sommeil, notamment l’apnée obstructive du sommeil, caractérisée par des interruptions répétées de la respiration durant la nuit.
Une étude américaine, publiée dans le Journal of the American Heart Association, a analysé les données de plus de 4 000 patients sur une période moyenne de onze ans. Elle a conclu qu’un tour de cou supérieur à 35,5 centimètres chez les femmes et 39,5 centimètres chez les hommes est associé à un risque accru de fibrillation auriculaire, et ce, indépendamment de l’IMC ou du tour de taille.
« Ce qui est particulièrement surprenant », soulignent Elbediwy et Wehida, « c’est que ces risques persistent même chez les personnes ayant un IMC normal. Il est donc possible d’avoir un poids jugé sain selon les critères conventionnels tout en étant exposé à des risques sanitaires accrus en raison de la circonférence de son cou. »
Mesurer son tour de cou est un geste simple et rapide. Il suffit de placer un mètre ruban autour de la partie la plus étroite du cou, en veillant à ce qu’il soit ajusté sans être trop serré. Cependant, les scientifiques rappellent que cette mesure ne saurait remplacer un examen médical approfondi.
Si votre tour de cou se situe dans une fourchette préoccupante, pas de panique. Les chercheurs recommandent d’adopter un mode de vie sain : une combinaison d’entraînement d’endurance et de force pour réduire la masse graisseuse dans la partie supérieure du corps, un sommeil suffisant pour réguler le métabolisme, et une alimentation équilibrée, riche en légumineuses, fruits et légumes.