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Ce que signifie la première phase de l’accord de paix pour l’aide humanitaire à Gaza : « Tout est nécessaire »

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Publié le 09/10/2025 18:38:00. Alors qu’un cessez-le-feu se profile, les organisations humanitaires alertent sur la situation catastrophique à Gaza et l’urgence d’acheminer une aide massive. L’acheminement d’une aide d’urgence à Gaza est une composante clé d’un plan de paix actuellement discuté, mais sa faisabilité pratique reste une interrogation majeure.

  • La situation humanitaire à Gaza est qualifiée de « pire qu’elle n’ait jamais été », avec des besoins couvrant « tout ».
  • Des milliers de camions chargés d’aide attendent à la frontière, mais l’accès sans entrave reste un point de friction majeur.
  • Les organisations soulignent la nécessité d’un accès sans restriction, de garanties de sécurité et d’un soutien diplomatique fort pour ouvrir les frontières.

La situation sur le terrain dans la bande de Gaza est « la pire qu’elle ait jamais été », selon Jolien Veldwijk, de l’organisation humanitaire CARE Nederland. Elle décrit un paysage où « beaucoup d’infrastructures sont détruites » et où « très peu d’hôpitaux fonctionnent encore ». Les besoins des habitants sont immenses : « Tout. De la nourriture, de l’eau, du savon et des médicaments. » L’urgence est palpable, notamment à l’approche de l’hiver. « Les gens ont besoin de vêtements chauds et de couvertures. Ils ont tout perdu, ont été chassés de chez eux à plusieurs reprises. Ils ont dû abandonner leurs ustensiles de cuisine, leur literie. Tout est nécessaire. »

Harm Goossens, directeur général du Croissant-Rouge (Rode Kruis), partage cette analyse alarmante. « Il faut que des camions entrent le plus vite possible avec de la nourriture, de l’eau, mais aussi des abris, des tentes, ce genre de choses. La nourriture est la première nécessité. » Il confirme que des milliers de camions chargés de ces biens essentiels, provenant de diverses organisations humanitaires, se trouvent déjà à la frontière de Gaza. Cependant, le passage de cette aide est conditionné par un « accès non entravé », une question qui suscite de nombreuses interrogations. « Y a-t-il une autorisation pour faire entrer du carburant ? Pour faire entrer des tentes ? Pour faire entrer des travailleurs humanitaires ? Ce sont toutes des choses qui n’ont pas été possibles ces deux dernières années. »

La possibilité d’un accès garanti par le récent accord n’est pas encore claire, selon Goossens. « Ce n’est malheureusement pas à nous de décider. Ce sont les deux parties négociatrices, le Hamas et Israël, qui prendront ces décisions. » Un accès limité serait une déception majeure, sachant « combien de temps cela prend, toute cette bureaucratie. Et les biens doivent vraiment parvenir rapidement aux personnes qui en ont désespérément besoin. »

Jolien Veldwijk souligne également l’incertitude qui plane. « Nous ne connaissons pour l’instant que les détails de la première phase du plan de paix. Nous attendons donc avec impatience plus d’informations sur les phases suivantes. » Elle appelle à une action diplomatique forte : « C’est le moment pour notre gouvernement de faire pression pour que tout ce qui est prêt, tout ce que chacun a stocké en dehors de Gaza, puisse entrer, en ouvrant toutes les frontières. » Des garanties de sécurité sont également indispensables, insiste Goossens, demandées aux deux parties au conflit.

En cas de concrétisation d’une paix durable à Gaza suite à ce cessez-le-feu, la tâche de la reconstruction s’annonce colossale. « Beaucoup d’infrastructures sont détruites. Il y a eu beaucoup de bombardements, donc de nombreux bâtiments sont anéantis. Et il y a encore de nombreux corps sous les décombres des zones bombardées, » précise Veldwijk.

Le Croissant-Rouge prévoit, dès que l’accès sera possible, de mettre en place de nombreux postes de secours médicaux, en complément des points de distribution de nourriture. Actuellement, seuls quatre hôpitaux fonctionnent encore dans la bande de Gaza, dont deux dans le nord et deux dans le sud, mais ils sont partiellement endommagés et doivent être remis en état opérationnel au plus vite. L’organisation travaille à l’ouverture d’un hôpital de campagne supplémentaire et espère pouvoir rapidement acheminer des conteneurs pour installer des postes médicaux. L’objectif est de couvrir les besoins des populations qui se déplacent à l’intérieur de Gaza. De plus, seulement 22 ambulances sur 55 sont encore opérationnelles, faute de carburant, limitant ainsi les capacités d’évacuation médicale.

Harm Goossens estime que « des milliers de personnes sont nécessaires » pour mener à bien ces opérations, et que leur acheminement sur place représente un « défi logistique majeur ». Il insiste sur la nécessité d’une organisation rigoureuse et rappelle : « Laissez le travail humanitaire aux organisations humanitaires. C’est notre métier, nous savons faire cela. Les camions sont déjà là, mais il faudra faire venir le personnel qualifié. » Il souligne également le besoin de renouveler les équipes locales qui travaillent « littéralement depuis deux ans jour et nuit », souvent elles-mêmes affectées par le conflit.

Le Comité international de la Croix-Rouge a déjà apporté son aide dans le passé pour l’échange de corps de défunts, la libération d’otages détenus par le Hamas et l’échange de détenus palestiniens en Israël. Goossens exprime son incertitude quant à la répétition de ces opérations, tout en assurant que le soutien sera proposé. L’organisation est en discussion « en coulisses avec les deux parties au conflit », et il est probable qu’elle « permette à nouveau cela ». Il qualifie cette mission d' »énormément complexe et dangereuse ».

Il faut notamment « définir très précisément les zones accessibles en toute sécurité, » explique Goossens. L’apport de personnel médical est crucial, et la santé des otages libérés devra être évaluée, eux qui ont vécu « deux ans dans des conditions des plus déplorables » et sont « fortement traumatisés ». Il se demande s’ils pourront « marcher entre les voitures » comme lors des précédentes opérations. Une aide psychosociale sera également nécessaire, tout comme le transfert sécurisé des détenus palestiniens.

Goossens espère qu’en cas d’échange, celui-ci se déroulera « de manière digne ». « Idéalement, à huis clos, » précise-t-il, « et non pas comme les fois précédentes à la frontière entre Gaza et Israël. Notre seul objectif est de garantir que les personnes retrouvent leur famille en toute sécurité. »


Ce que la première phase de l’accord signifie pour l’aide humanitaire à Gaza

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