Publié le 9 février 2026. La perception de coûts élevés freine l’adoption de la construction écologique en Indonésie, alors que les avancées technologiques rendent les matériaux écoénergétiques de plus en plus accessibles. Une approche budgétaire intelligente et un changement de mentalité sont essentiels pour surmonter cet obstacle.
- Les stratégies d’efficacité énergétique doivent être intégrées dès la conception des bâtiments.
- La réticence des professionnels du bâtiment à sortir de leurs habitudes est un frein majeur à l’adoption de pratiques plus durables.
- L’esthétique ne doit pas primer sur la performance énergétique, notamment en ce qui concerne le choix des matériaux de vitrage.
La directrice générale nationale du Global Buildings Performance Network (GBPN), Farida Lasida Adji, souligne que l’idée reçue selon laquelle les bâtiments écologiques sont prohibitifs est dépassée. Les progrès technologiques ont considérablement réduit le coût des matériaux et des systèmes écoénergétiques. Elle explique que l’efficacité énergétique doit être une priorité dès la phase de planification budgétaire.
Selon elle, environ 70 % du budget de construction est généralement alloué aux systèmes architecturaux, mécaniques et électriques. Il est donc possible d’optimiser ces postes de dépenses en privilégiant des solutions performantes plutôt que des éléments purement esthétiques. « L’obstacle n’est plus tant une question de coût qu’une résistance au changement de la part des acteurs de la construction », a-t-elle déclaré lors de l’événement Green Press Community 2026 à North Minahasa, le 7 février 2026.
Farida Lasida Adji déplore que de nombreux architectes et ingénieurs continuent de s’appuyer sur des estimations approximatives plutôt que sur des simulations énergétiques précises lors de la conception des bâtiments. Cette approche conduit à négliger des économies d’énergie potentielles importantes, alors que la phase de conception est cruciale pour déterminer la performance à long terme d’un bâtiment. Les erreurs initiales peuvent avoir des conséquences durables, car les inefficacités énergétiques persistent pendant toute la durée de vie du bâtiment, qui peut atteindre 40 à 50 ans.
« Une fois que nous gaspillons quelque chose, l’impact négatif sur le bâtiment sera durable. Si nous voulons le réimaginer, il doit être démoli avant d’être reconstruit. »
Farida Lasida Adji, directrice générale nationale du GBPN
La construction écologique ne se limite pas à l’intégration de végétation luxuriante, mais implique également une conception qui minimise les émissions de gaz à effet de serre. Une consommation d’énergie réduite est un élément clé de cette approche. La valeur globale de transfert thermique (OTTV) est un paramètre technique essentiel pour mesurer la quantité de chaleur qui pénètre dans un bâtiment. Plus la valeur OTTV est faible, moins la charge de travail du système de climatisation est importante, ce qui se traduit par des économies d’électricité significatives.
Cependant, Farida Lasida Adji constate que de nombreux projets privilégient l’esthétique au détriment de la performance énergétique, en installant de grandes surfaces vitrées sans tenir compte de la transmission thermique. Elle souligne que le coût de cette esthétique peut être supérieur à celui d’une conception favorisant une circulation d’air naturelle.
L’utilisation d’appareils électroniques plus économes en énergie est également un aspect important de la construction écologique. De nombreux magasins de meubles proposent désormais ces appareils, encourageant les consommateurs à adopter des pratiques plus durables. « En commençant à utiliser des appareils respectueux de l’environnement, c’est une façon de contribuer à la création de bâtiments écologiques », a-t-elle conclu.
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