Cédric Jubillar, incarcéré depuis juin 2021 dans l’attente de son procès en appel, dénonce des conditions de détention qu’il juge « indignes ». Son avocat s’élève contre un isolement prolongé, tandis que l’administration pénitentiaire justifie cette mesure par des impératifs de sécurité.
Me Pierre Debuisson, avocat de Cédric Jubillar, a adressé fin janvier 2026 plusieurs courriers aux autorités judiciaires, dont un au directeur de la maison d’arrêt de Seysses, pour dénoncer le régime carcéral de son client. Selon l’avocat, M. Jubillar est maintenu à l’isolement depuis le 18 juin 2021 dans des conditions qui nuisent gravement à sa santé physique et mentale.
« Il est détenu dans des conditions indignes, et son placement à l’isolement, sans aucune justification valable, constitue une atteinte extrêmement grave à ses droits », a déclaré Me Debuisson. Il dénonce également des fouilles répétées et une lumière constante qui perturbent le sommeil de son client, compromettant ainsi sa préparation au procès en appel prévu fin 2026 à Toulouse. L’avocat menace même de boycotter ce procès si la situation ne s’améliore pas.
Contactée, l’administration pénitentiaire explique que le placement à l’isolement de Cédric Jubillar est une décision prise par le garde des Sceaux. « L’administration pénitentiaire met tout en œuvre pour prendre en charge les détenus dans des conditions permettant de garantir, à la fois, leur sécurité et celle des établissements pénitentiaires dans lesquels ils sont affectés, mais aussi la dignité et le respect des personnes. Ces règles s’appliquent également à M. Jubillar », a-t-elle précisé.
Selon l’administration, l’isolement est la seule solution pour assurer la sécurité de M. Jubillar, qui a fait l’objet de menaces sérieuses en raison de la forte médiatisation de son affaire. La configuration de la maison d’arrêt de Seysses ne permettrait pas de gérer son cas en dehors du quartier d’isolement.
Concernant les plaintes relatives à l’éclairage, l’administration affirme qu’une veilleuse est utilisée lors des rondes de sécurité, conformément aux pratiques habituelles. Elle dément l’existence d’un dispositif d’éclairage spécifique pour M. Jubillar. De même, elle assure que les fouilles intégrales auxquelles il est soumis sont similaires à celles pratiquées sur l’ensemble des détenus.
L’administration pénitentiaire assure également que l’état de santé de Cédric Jubillar est suivi de près par le personnel pénitentiaire et médical.
Par ailleurs, Me Debuisson affirme qu’une conversation avec son client aurait été écoutée par un surveillant lors d’une visite à la maison d’arrêt de Seysses. L’administration pénitentiaire réfute cette accusation, affirmant que les parloirs avocats ne sont pas équipés de dispositifs d’écoute et que la confidentialité des échanges est garantie.
Elle précise que ces échanges se déroulent dans des boxes fermés, rendant toute écoute impossible. L’avocat de Cédric Jubillar envisage de déposer une plainte et de saisir le garde des Sceaux à ce sujet.
La décision de maintenir Cédric Jubillar à l’isolement a été prolongée par le garde des Sceaux jusqu’au 18 mars 2026, conformément aux articles R.213-17 et suivants du code de procédure pénale. Cette prolongation, qui dépasse un an, nécessite une justification motivée et est exceptionnelle, ne pouvant être maintenue que si l’isolement est le seul moyen d’assurer la sécurité du détenu.