Publié le 19 octobre 2025, 13h46. Deux soignantes, Anna Müller (68 ans) et Annette Schukin (66 ans), continuent d’exercer leur métier dans la maison de retraite Lina Ober Bäumer de Soest, bien après avoir atteint l’âge légal de la retraite. Elles témoignent de leur engagement et des raisons qui les poussent à rester actives auprès des résidents.
- Anna Müller et Annette Schukin ont choisi de poursuivre leur carrière dans les soins gériatriques malgré leur retraite.
- Elles apprécient la diversité des tâches, l’ambiance de travail et le contact humain.
- Leur engagement contribue à pallier le manque de personnel soignant dans la région.
Face à une population vieillissante et une pénurie croissante de personnel qualifié, le secteur des soins gériatriques connaît une tension importante. Annette Schukin, 66 ans, a pris une retraite anticipée il y a trois ans, mais a rapidement retrouvé une activité à mi-temps comme aide-soignante à la maison Lina Ober Bäumer. Elle y travaille depuis dix ans, une reconversion après 17 années passées sur la chaîne de production automobile chez Hella.
Sa collègue, Anna Müller, 68 ans, est officiellement à la retraite depuis trois ans mais continue de travailler à 75 %. Elle aussi a fait une reconversion tardive dans les soins après avoir travaillé comme vendeuse. Arrivée de Russie en 1994, elle exerce ce métier depuis 21 ans. Toutes deux ont été encouragées par des proches à découvrir ce domaine.
« La journée passe plus vite que si vous restiez sept heures sur la chaîne de montage », confie Annette Schukin. Elle met en avant la richesse des échanges avec les résidents et le sentiment d’utilité. « Les phares que j’ai installés pendant des années ne m’auraient jamais dit merci », ajoute-t-elle.
Anna Müller, quant à elle, a été surprise par la variété des tâches. « Avant, je pensais qu’on lavait les personnes âgées toute la journée », explique-t-elle. « Mais soigner, nettoyer, cuisiner, danser, discuter – ce sont en réalité plusieurs tâches à la fois. » Cette diversité, alliée à une bonne ambiance de travail, les motive à se rendre au travail chaque jour avec enthousiasme.
« Parfois, on emporte des pensées chez soi et le lendemain matin, je sais ce que je dois faire en premier. Et je sais que quelqu’un m’attend », décrit Annette Schukin, soulignant l’importance de se sentir utile et d’avoir « une place dans la société ». Les liens forts qui se tissent avec les résidents, certains présents depuis 15 ans, rendent leur départ très difficile.
L’enthousiasme d’Anna Müller pour son travail est contagieux. Elle a déjà inspiré une nièce et l’amie d’un petit-neveu à travailler dans ce secteur, et sa petite-fille y effectue également des stages. Annette Schukin estime que la meilleure façon de dissiper les préjugés sur ce métier est de l’essayer. « Pendant le stage, beaucoup de gens voient à quel point le travail est formidable. »
Malgré ces exemples inspirants, le secteur fait face à une crise imminente. Selon un récent calcul de la Chambre des soins infirmiers de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, près de la moitié des professionnels qualifiés en soins gériatriques dans le district ont 55 ans ou plus. Le manque de jeunes talents pour combler le fossé qui se profile est préoccupant. Cependant, la maison Lina Ober Bäumer semble mieux lotie, avec 21 stagiaires actuellement en formation, selon la responsable du service de soins, Inge Gottfried.
Anna Müller et Annette Schukin comptent bien rester actives tant que leur santé le leur permettra. Interrogée sur une date de fin définitive, Anna Müller répond avec un sourire : « Je resterai ici jusqu’à ce que je tombe. »