Publié le 25 février 2026 à 21h47. À quelques semaines du scrutin municipal, une enquête révèle que les finances de douze grandes villes françaises sont tendues : toutes sont endettées et ont augmenté leurs impôts locaux, malgré des situations de gestion variables.
Les maires des 308 principales villes de France ont en moyenne près de 60 ans et exercent leur mandat depuis un peu plus de 11 ans, selon une étude récente. 16 d’entre eux ont déjà occupé des fonctions ministérielles et 60 % se situent à droite.
Si certaines municipalités parviennent à redresser leurs comptes, d’autres peinent à équilibrer leur budget. L’exemple le plus frappant est celui de Paris, qui, malgré un budget de 12 milliards d’euros, affiche une dette de 10 milliards d’euros et paie chaque année 300 millions d’euros d’intérêts. La capitale se classe désormais 12ème sur 12 au classement de la gestion des villes françaises établi par l’Institut Montaigne, un think tank d’inspiration libérale, comme le révèle Le Parisien.
À Marseille, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 27 %, un rythme plus rapide que dans toute autre ville de taille comparable.
Selon Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice de l’Institut Montaigne, « il y a un manque d’efficience de gestion générale avec beaucoup d’embauches de fonctionnaires et des temps de travail assez limités ». Elle ajoute qu’il existe également « beaucoup d’investissements d’infrastructures », soulignant un décalage entre les promesses des candidats et les moyens disponibles. Elle a déclaré ceci lors de l’émission Les Grandes Gueules :
« Beaucoup de nos grandes villes sont surrendettées et les impôts locaux ont déjà augmenté de 9 % lors de la précédente mandature pour financer toutes ces dépenses. »
Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice de l’Institut Montaigne
« Il y a le bon et le mauvais endettement. Le bon prépare l’avenir, le mauvais maintient un train de vie qui n’est pas soutenable. Et peu de candidats vont sur la trajectoire de l’effort », poursuit-elle sur Histoire du CMR.
Le système des marchés publics est également pointé du doigt. Romain, un professionnel du secteur, alerte sur le rôle de l’UGAP (Union des Groupements d’Achats Publics), la première centrale d’achat public. Il dénonce le fait que les communes doivent passer par l’UGAP, qui prélève une marge sur les fournitures. Antoine Diers, ancien directeur de cabinet auprès de plusieurs municipalités, déplore que « tu paies trois fois plus cher alors que parfois la chaise coûte moins cher dans le magasin d’à côté ».
Deux villes se distinguent toutefois par une gestion budgétaire plus saine : Montpellier, avec son maire PS Arthur Delafosse, et Nice, dirigée par Christian Estrosi d’Horizons . La ville la mieux gérée du classement est Toulon, mais sa note s’est dégradée entre 2019 et 2026, tandis que les impôts locaux y ont augmenté de 26 %.