Publié le 7 février 2024 à 07h29. Si les vitamines sont indispensables à la santé, un excès de certains compléments alimentaires pourrait paradoxalement augmenter le risque de développer un cancer, selon des études récentes.
- Une consommation excessive de vitamine B12 peut favoriser la croissance de cellules cancéreuses existantes.
- Des antioxydants comme les vitamines A, C et E, pris en supplément, pourraient également stimuler le développement tumoral.
- La Société allemande du cancer recommande de ne recourir aux compléments vitaminiques que dans des cas spécifiques, comme une grossesse ou une maladie affectant l’absorption des nutriments.
Longtemps vantées pour leurs bienfaits sur la santé, les vitamines sont pourtant à manipuler avec précaution. Si une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, est un atout majeur dans la prévention de certaines maladies, notamment le cancer, l’auto-supplémentation en vitamines peut s’avérer contre-productive. Des recherches récentes mettent en garde contre les effets néfastes d’un apport trop important en certaines vitamines.
Une étude publiée en 2019 a révélé un lien entre des doses élevées de vitamine B12 et un risque accru de cancer du poumon. La Société allemande du cancer précise que la vitamine B12 en elle-même ne provoque pas le cancer, mais qu’elle peut accélérer la croissance des cellules cancéreuses déjà présentes dans l’organisme. Il est donc essentiel de déterminer son taux de vitamine B12 par un examen médical avant d’envisager une supplémentation.
D’autres travaux, menés en 2023 et publiés dans le Journal of Clinical Investigation, suggèrent que la prise de suppléments vitaminiques, notamment de vitamine A, de vitamine C et de vitamine E (des antioxydants), pourrait également augmenter le risque de développer une tumeur maligne au niveau des poumons. Ces vitamines, bien que bénéfiques pour la santé de la peau, des dents, des gencives, des os et des vaisseaux sanguins, pourraient activer un mécanisme favorisant la prolifération des cellules cancéreuses.
Selon les chercheurs, les tumeurs cancéreuses utiliseraient les vitamines pour former de nouveaux vaisseaux sanguins, ce qui leur permettrait de se nourrir plus efficacement et de croître plus rapidement. Ils soulignent que les antioxydants présents dans les fruits et légumes ne posent pas de problème, mais que les compléments alimentaires, tels que les pilules ou les boissons vitaminées, sont à éviter, surtout face aux pratiques commerciales trompeuses de certains fabricants. Le marché des promesses de santé est florissant.
La Société allemande du cancer recommande donc de ne recourir aux compléments vitaminiques que dans des situations particulières, comme pendant une grossesse ou en cas de maladie affectant l’absorption des nutriments, par exemple la vitamine D ou le calcium. Un excès de calcium peut également être nocif. Un apport excessif peut être dangereux et même augmenter le risque de cancer, avertit l’organisation.