Publié le 04/10/2025 07:29:00. Si les vitamines sont essentielles à notre bien-être, leur consommation excessive via des suppléments peut s’avérer contre-productive, voire dangereuse. Des études récentes mettent en garde contre un risque accru de cancer du poumon lié à un apport surabondant de certaines vitamines.
- Les vitamines, indispensables à l’organisme, doivent être apportées par l’alimentation.
- Une supplémentation excessive peut entraîner des surdoses aux conséquences néfastes, dont une augmentation du risque de cancer.
- Certaines vitamines, comme la B12, la A, la C et la E, pourraient favoriser la croissance des cellules cancéreuses existantes.
Il est communément admis que les vitamines sont bénéfiques pour la santé, et certaines recherches suggèrent même qu’elles pourraient jouer un rôle préventif contre des maladies graves telles que le cancer. Ces nutriments essentiels, que notre corps ne peut pas synthétiser, doivent impérativement être fournis par notre alimentation quotidienne, par le biais d’épiceries et de produits frais.
Cependant, la règle de « plus c’est mieux » ne s’applique pas aux vitamines. L’ingestion de suppléments vitaminiques peut conduire à des surdosages, susceptibles d’entraîner des effets secondaires graves. Parmi ces risques, des études récentes pointent une augmentation potentielle du risque de cancer du poumon.
L’excès de vitamines, un allié inattendu du cancer ?
Alors qu’un régime alimentaire riche en vitamines est généralement considéré comme une mesure saine pour réduire le risque de cancer, cette association positive ne s’étend pas uniformément à toutes les vitamines. Si un apport adéquat en vitamine D est associé à une réduction de la mortalité par cancer, l’espoir d’une prévention universelle par la seule augmentation des doses de vitamines antioxydantes a été tempéré par les experts. La Société allemande du cancer, notamment, souligne le manque de preuves définitives concernant les mécanismes d’action et les effets complets des antioxydants sur l’organisme.
Par conséquent, la Société allemande du cancer recommande une supplémentation en vitamines uniquement dans des cas spécifiques, tels que la grossesse ou des maladies affectant l’absorption intestinale de certains nutriments. Pour la majorité de la population, un apport excédentaire via des compléments alimentaires est jugé inutile et potentiellement préjudiciable, risquant même d’accroître le risque de cancer.
Focus sur le cancer du poumon : quelles vitamines sont concernées ?
Une étude parue en 2019, relayée par la Société du cancer sur son portail Internet, a mis en évidence une association entre des doses excessives de vitamine B12 et un risque accru de cancer du poumon. Il est crucial de comprendre que la vitamine B12 n’est pas cancérigène en soi. Cependant, lorsqu’elle est ingérée en très fortes quantités, elle pourrait stimuler la croissance de cellules cancéreuses préexistantes. C’est pourquoi la Société allemande du cancer préconise une vérification du taux de vitamine B12 dans le sang par un médecin avant toute supplémentation.
Une recherche plus récente, publiée dans le Journal of Clinical Investigation en 2023, explore également le rôle potentiel de certaines vitamines dans la promotion des tumeurs pulmonaires. Il s’agirait notamment de la vitamine A, de la vitamine C et de la vitamine E, toutes qualifiées d’antioxydants. Bien qu’essentielles pour le maintien de la santé de la peau, des dents, des gencives, des os et des vaisseaux sanguins, ces vitamines pourraient, à haute dose, activer un mécanisme favorisant le développement tumoral.
Comment les vitamines peuvent-elles alimenter les tumeurs ?
Selon ces études, les tumeurs cancéreuses parviendraient à former de nouveaux vaisseaux sanguins grâce à l’apport vitaminique, leur permettant ainsi de mieux se nourrir en nutriments et d’accélérer leur croissance. Les auteurs des recherches précisent que le risque n’est pas lié à la consommation de fruits et légumes, sources naturelles de ces antioxydants. En revanche, ils déconseillent vivement la prise de suppléments sous forme de pilules, gouttes ou boissons enrichies, pointant du doigt les allégations publicitaires parfois trompeuses de nombreux fabricants.