Les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff sont arrivés en Israël lundi pour superviser le cessez-le-feu à Gaza, selon un porte-parole de l’ambassade américaine. Leur visite intervient alors que le cessez-le-feu, fragile, a connu sa première flambée de tension majeure, Israël menaçant de suspendre les transferts d’aide après que des militants du Hamas eurent été accusés d’avoir tué deux soldats.
Les deux émissaires, qui ont contribué à négocier l’accord, devraient rencontrer des membres du gouvernement de Benjamin Netanyahu. La veille, le vice-président américain JD Vance avait indiqué qu’il pourrait se rendre en Israël dans les prochains jours pour « vérifier comment les choses se passent », admettant qu’il y aurait des « à-coups » dans la mise en œuvre du cessez-le-feu. Les médias israéliens rapportent que Vance tiendra des réunions avec Netanyahu.
L’ambassade américaine a confirmé l’atterrissage des deux envoyés à Tel Aviv. L’armée israélienne a annoncé avoir repris l’application du cessez-le-feu, et un responsable a confirmé que les livraisons d’aide reprendraient le jour même. En début d’après-midi cependant, il n’était pas encore clairement établi si le flux d’aide avait effectivement redémarré.
Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a lancé un avertissement solennel : tout militant du Hamas présent dans les zones de Gaza encore sous contrôle israélien doit quitter immédiatement les lieux. Passé une « ligne jaune », ces individus seront ciblés sans préavis.
Sur le front diplomatique, l’Égypte accueillera au Caire des pourparlers avec le négociateur en chef du Hamas, dans le but de suivre la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu. Selon une dépêche de Reuters citant un responsable palestinien proche des négociations, la délégation du Hamas discuterait des moyens de promouvoir la formation d’un organe technocratique pour diriger Gaza, sans présence du Hamas. Israël a par le passé rejeté cette idée, insistant sur la défaite et le désarmement du Hamas.
Sur un autre sujet, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré lundi que Téhéran et Paris possédaient la volonté nécessaire pour résoudre la « question » des prisonniers. Cette déclaration intervient une semaine après la condamnation de deux citoyens français à de lourdes peines de prison par un tribunal iranien. « Nous suivons cette question avec sérieux. Nous pensons que les deux parties ont la volonté nécessaire pour résoudre cette question », a indiqué Baghaei lors d’une conférence de presse hebdomadaire, interrogé sur la possibilité d’un échange de prisonniers. Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris, les seuls citoyens français détenus en Iran, sont emprisonnés depuis 2022. L’Iran accuse la France de détenir arbitrairement Mahdieh Esfandiari, une étudiante iranienne résidant en France, arrêtée cette année pour des publications anti-israéliennes sur les réseaux sociaux.
Dans un autre registre, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réfuté lundi les affirmations du président américain Donald Trump concernant la destruction des capacités nucléaires iraniennes. « Le président américain affirme fièrement qu’ils ont bombardé et détruit l’industrie nucléaire iranienne. Très bien, continuez à rêver ! », a tweeté Khamenei.
Au Yémen, les rebelles Houthis ont organisé lundi les funérailles de leur chef d’état-major militaire, tué lors d’une récente frappe israélienne. Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées à Sanaa pour la cérémonie. Le groupe, soutenu par l’Iran, avait reconnu la semaine dernière que l’un de ses hauts responsables, Muhammad Abdul Karim al-Ghamari, avait péri dans une frappe aérienne israélienne aux côtés d’autres dirigeants rebelles. Ce décès a accru les tensions entre les Houthis et Israël.
L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), principal distributeur d’aide à Gaza, fait face à des restrictions persistantes. Bien que l’aide devait affluer dans le cadre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu, les agences humanitaires rapportent que l’aide reste rare, de nombreuses restrictions israéliennes limitant l’approvisionnement désespérément nécessaire. Sam Rose, directeur par intérim des affaires de l’UNRWA à Gaza, a souligné auprès de la BBC que des « contraintes bureaucratiques » entravent toujours la livraison de fournitures vitales, le volume d’aide étant « bien inférieur à ce qui est nécessaire ». L’ONU estime qu’au moins 600 camions sont requis quotidiennement pour commencer à répondre à la crise humanitaire. Rose a précisé que non seulement les « éléments de base » sont insuffisants, mais que d’autres formes d’aide, comme les fournitures scolaires et les logements temporaires, sont également nécessaires mais souvent interdites d’entrée par Israël. De plus, des ONG internationales, y compris britanniques, ne sont actuellement pas autorisées à importer ces fournitures.
Des images provenant de Gaza illustrent la situation sur le terrain : des enfants assis sur des décombres après une attaque israélienne dans le camp de Bureij, des Palestiniens portant le corps d’un enfant tué lors de frappes aériennes dans le centre de la bande de Gaza, et des personnes en deuil assistant aux funérailles de victimes de frappes aériennes israéliennes.