Publié le 26 février 2026 à 18h28. Une étude scientifique révèle que certaines personnes de plus de 80 ans conservent une acuité mentale comparable à celle de personnes de 50 ans, grâce à la possible production continue de nouvelles cellules nerveuses dans le cerveau.
Des chercheurs ont mis en évidence des indices suggérant que le cerveau humain pourrait continuer à créer de nouvelles cellules nerveuses, même à un âge avancé. Cette découverte, publiée dans la revue Nature, pourrait expliquer pourquoi certaines personnes âgées conservent des capacités cognitives remarquables.
L’équipe de recherche, dirigée par Orly Lazarov de l’Université de l’Illinois, s’est concentrée sur l’étude de tissus cérébraux de personnes décédées ayant fait don de leur cerveau à la science. Les scientifiques ont identifié des marqueurs génétiques de trois types de cellules : les cellules souches neurales, les neuroblastes et les cellules nerveuses immatures, considérés comme des indicateurs potentiels de la formation de nouveaux neurones.
Les chercheurs ont ensuite comparé ces marqueurs dans le cerveau de quatre groupes de personnes âgées : celles présentant des fonctions cognitives normales, celles souffrant de troubles cognitifs légers, celles atteintes de la maladie d’Alzheimer et les « super-âgées », c’est-à-dire les personnes de plus de 80 ans dont les performances en matière de mémoire sont similaires à celles des personnes d’âge moyen.
Dans l’hippocampe, une zone du cerveau essentielle pour l’apprentissage et la mémoire, les « super-âgées » présentaient environ deux fois plus de cellules nerveuses immatures que les personnes du même âge ayant des fonctions cognitives normales, et 2,5 fois plus que les patientes et patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
« L’étude démontre que le cerveau vieillissant reste capable de se remodeler », a déclaré Tamar Gefen, de l’Université Northwestern, à la revue Nature. Cette capacité de neurogenèse pourrait expliquer la préservation des fonctions cognitives chez certaines personnes âgées.
L’étude a également révélé des anomalies chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, avec une présence accrue de cellules souches, mais une diminution significative de cellules nerveuses développées. Hongjun Song, de l’Université de Pennsylvanie, qui n’a pas participé à l’étude, suggère, selon le New York Times, que la formation de nouvelles cellules nerveuses pourrait être perturbée dans cette maladie, entraînant une sorte de « blocage » des cellules souches.
Si cette hypothèse est confirmée, elle pourrait ouvrir de nouvelles voies de recherche pour développer des approches thérapeutiques visant à réactiver ces cellules dormantes. Cependant, certains experts, comme Bryan Strange de l’Université de Madrid, soulignent que la neurogenèse ne peut pas à elle seule expliquer les particularités des « super-âgées », qui présentent également un volume cérébral plus important dans certaines régions et une connectivité accrue entre les différentes zones du cerveau.
La question de la neurogenèse chez l’adulte humain reste donc controversée, les résultats des différentes études étant souvent influencés par les méthodes utilisées. L’étude récente ne résout pas ce débat fondamental, mais apporte des éléments importants pour mieux comprendre les mécanismes qui permettent à certaines personnes de vieillir en conservant une excellente santé cognitive.
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rouge/euc
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