Publié le 2025-10-22 16:29:00. Le meurtre de Fabian, un garçon de huit ans disparu à Güstrow, reste un mystère non élucidé. Quatre jours après le signalement de sa disparition par sa mère, son corps sans vie a été retrouvé, transformant une enquête sur une personne disparue en une affaire criminelle complexe.
- Le mobile et l’identité de l’agresseur de Fabian, 8 ans, restent inconnus malgré les investigations.
- L’intervention d’un profileur met en lumière les pistes potentielles, notamment les violences familiales et les dynamiques post-séparation.
- Le lieu de découverte du corps, un étang isolé, et les indices tels que des traces de brûlures soulèvent de nouvelles questions.
Le 10 octobre, Dorina L. avait signalé la disparition de son fils Fabian, originaire de Güstrow. La découverte macabre de son corps quatre jours plus tard a marqué un tournant tragique, confirmant le passage d’une disparition inquiétante à une affaire de meurtre. Malgré une opération policière d’envergure menée dans une ferme à Reimershagen, les circonstances exactes du drame demeurent floues, laissant le suspect et ses motivations dans l’ombre.
Pour tenter de percer ce mystère, le célèbre profileur Axel Petermann, fort de décennies d’expérience dans les enquêtes criminelles, a analysé le dossier. Il rappelle que « lorsque des enfants sont tués, la recherche d’indices commence généralement dans l’environnement immédiat de l’enfant », et souligne que « statistiquement parlant, de tels actes se produisent souvent dans le cadre familial ou dans un environnement social proche. Malheureusement, la violence familiale y joue un rôle majeur. »
Petermann évoque également la situation des parents, séparés, comme un élément susceptible d’ajouter de la complexité à l’affaire. « En cas de séparation, des escalades émotionnelles se produisent souvent, surtout si l’un des partenaires est à l’origine de la séparation », explique-t-il. Il mentionne le rare « syndrome de Médée », où un parent tue son enfant pour punir l’autre, tout en n’excluant pas la responsabilité d’amis ou d’étrangers, ni même le meurtre commis pour dissimuler d’autres abus.
Concernant la possibilité d’une agresseuse, Petermann tempère : « Les femmes sont nettement sous-représentées dans les statistiques sur la violence. Dans neuf cas sur dix, les hommes sont les auteurs. Il est extrêmement rare que des femmes tuent les enfants d’autrui. » Il aborde aussi le délai avant que la police ne qualifie la disparition de crime violent, suggérant que la version initiale de la mère, mentionnant une maladie de Fabian et son refus d’aller à l’école, a pu initialement orienter les recherches. « Les premières heures qui suivent la disparition sont cruciales », insiste le profileur, décrivant les étapes de base d’une recherche de personne disparue : fouille du domicile, recherche de cachettes, recherche de signes de violence, et interrogatoires des proches et des enseignants.
La découverte du corps de Fabian, près d’un étang isolé, soulève des interrogations quant à la connaissance de ce lieu par l’agresseur. « Les auteurs évitent les risques et choisissent des endroits qui leur sont familiers », note Petermann. La manière dont le corps a été dissimulé, plutôt qu’enterré, pourrait indiquer une action précipitée. La présence de traces de brûlures sur le site suggère une tentative de destruction d’indices, bien que l’étang n’ait pas encore été formellement identifié comme le lieu du crime.
Un élément particulièrement intrigant est l’identité de la personne ayant retrouvé le corps : l’ex-petite amie du père de Fabian, âgée de 29 ans. Les enquêteurs cherchent à comprendre sa présence dans cet endroit reculé au moment de la découverte. « La personne qui trouve le corps est toujours intéressante. Il faut clarifier pourquoi elle était là et si ses explications sont plausibles », commente Axel Petermann.
Sur le comportement de l’agresseur après les faits, Petermann explique que cela varie selon les motivations et la personnalité. « Certains répriment le crime, d’autres sont en proie à un sentiment de culpabilité. Si l’auteur vient de l’entourage de la victime, il se demandera : est-ce qu’ils viennent vers moi maintenant ? Ont-ils trouvé des traces de moi ? » À ce jour, aucun suspect n’a été arrêté, comme l’a confirmé le procureur. Axel Petermann, l’un des profileurs les plus reconnus en Allemagne, a consacré près de 40 ans à la criminologie, dont plus de 35 ans en tant qu’enquêteur spécialisé dans les meurtres, et est également un auteur reconnu internationalement.