Publié le 22 octobre 2025. L’Agence nationale de surveillance sanitaire, de l’alimentation, de l’hygiène et de la nutrition (Anvisa) a approuvé une nouvelle indication pour le Mounjaro (tirzépatide), le reconnaissant comme une option thérapeutique pour les patients obèses souffrant d’apnée obstructive du sommeil modérée à sévère. Cette décision fait suite à des études cliniques démontrant l’efficacité du traitement pour réduire les interruptions respiratoires.
- Le Mounjaro, déjà connu pour ses indications classiques, est désormais proposé pour traiter l’apnée obstructive du sommeil chez les personnes obèses.
- Une étude de phase 3 a révélé que le tirzépatide (à 10 mg ou 15 mg) réduisait significativement les arrêts respiratoires, comparativement à un placebo, chez les patients non appareillés.
- Le manque de sommeil de qualité peut freiner la perte de poids en perturbant la régulation hormonale de l’appétit.
Le lien entre sommeil et poids est un cercle vicieux complexe. Un mauvais sommeil, qu’il s’agisse d’insomnie ou d’une qualité médiocre, perturbe l’équilibre hormonal. Selon un spécialiste, cela entraîne une diminution de la leptine, l’hormone qui régule l’appétit, et une augmentation de la ghréline, surnommée « l’hormone de la faim ». « En conséquence, l’appétit augmente et la personne a plus de difficulté à maintenir un régime », explique le praticien.
Inversement, le surpoids peut également engendrer des déséquilibres hormonaux affectant le sommeil. « Ceux qui dorment mal sont plus susceptibles de développer des troubles anxieux et d’évacuer leur nervosité face à la nourriture », ajoute le docteur Camara. La fatigue chronique et le mal-être général qui en découlent diminuent aussi les performances lors des activités physiques, rendant la perte de poids encore plus ardue.
La perte de poids s’avère ainsi bénéfique sur de nombreux fronts, y compris pour réduire la sévérité de l’apnée obstructive du sommeil. L’endocrinologue précise que des résultats probants sont observés notamment lorsqu’une réduction d’au moins 10 % du poids corporel est atteinte.
La nouvelle indication du Mounjaro repose sur les résultats de tests menés auprès de patients souffrant d’obésité et d’apnée obstructive du sommeil. Une étude clinique de phase 3, commanditée par le fabricant Eli Lilly, a mis en évidence l’efficacité du tirzépatide. Administré à des doses de 10 mg ou 15 mg, le traitement s’est montré, en moyenne, cinq fois plus performant qu’un placebo dans la réduction des interruptions respiratoires chez les participants ne recourant pas à un appareil de ventilation à pression positive continue (CPAP) pendant la nuit.
Depuis juin, les dispositifs d’injection destinés à la perte de poids, tels que les stylos d’Ozempic, ne peuvent être dispensés que sur présentation d’une ordonnance médicale. Cette mesure vise à encadrer l’usage de ces traitements.