Publié le 23 février 2026. Une étude américaine révèle que la marijuana stimule l’appétit de manière quasi instantanée, indépendamment des besoins énergétiques de l’individu, ouvrant des perspectives intéressantes pour le traitement des troubles de l’appétit.
La consommation de marijuana provoque non seulement des symptômes psychotiques tels que des hallucinations et des illusions, mais augmente également l’appétit, et ce, très rapidement. C’est la conclusion d’une recherche menée par des scientifiques à Washington, aux États-Unis, et publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences en novembre 2025.
L’étude vise à comprendre comment les plantes du genre Cannabis détournent le système de la faim dans le cerveau. L’augmentation de l’appétit se produit même lorsque le corps n’a pas besoin de calories supplémentaires. Des expériences en laboratoire à l’Université d’État de Washington ont suivi le comportement d’adultes exposés à des vapeurs de ganja. La professeure de psychologie Carrie Cuttler a constaté que les participants consommaient significativement plus de nourriture après inhalation.
« Ni le poids corporel, le sexe, l’âge, la consommation alimentaire récente ni la dose n’ont modifié l’effet, et la plupart de l’apport supplémentaire s’est produit dans les 30 premières minutes suivant l’exposition. »
Carrie Cuttler, professeure de psychologie
Pour approfondir la compréhension de ce mécanisme, l’équipe de recherche a mené des tests sur des souris. Ils ont découvert que la marijuana augmentait la motivation du cerveau à consommer de la nourriture. Les souris continuaient à appuyer sur un levier pour obtenir de la nourriture, ignorant les signaux naturels de satiété.
Selon cette recherche, ce comportement est directement lié au tétrahydrocannabinol (THC), le principal composé chimique psychoactif de la marijuana. Le THC se lie aux récepteurs CB1 du cerveau, manipulant ainsi le désir de manger. Les chercheurs ont également confirmé que cette envie de manger induite par la marijuana provient uniquement des circuits neuronaux du cerveau et non d’un estomac vide.
Cette étude apporte des preuves importantes qui pourraient être exploitées dans le futur, notamment dans le traitement des troubles de l’appétit. Par exemple, de nombreux patients atteints de cancer souffrent d’une perte d’appétit et d’une perte de poids, ce qui peut rendre la récupération plus difficile et aggraver la fatigue. Si les scientifiques parviennent à maîtriser ce changement de motivation contrôlé par le cerveau, ils pourraient développer des thérapies pour aider ces patients de manière plus efficace.
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