Fini les lunettes pour la vue de loin, et peut-être bientôt pour la lecture ? La chirurgie de la cataracte connaît des avancées spectaculaires grâce à de nouvelles générations de lentilles intraoculaires. Ces implants sophistiqués promettent de restaurer une vision nette et de libérer les patients de leurs appareils correcteurs.
L’ophtalmologiste Gonzalo Casabianca a récemment fait le point sur ces innovations. « La cataracte, c’est une opacification du cristallin naturel de l’œil. L’intervention consiste à le remplacer par une lentille artificielle qui redonne transparence et netteté à la vision », explique-t-il. Autrefois contraignante, la chirurgie est aujourd’hui d’une finesse remarquable. « Auparavant, on utilisait des lentilles rigides, nécessitant de larges incisions. Désormais, les lentilles sont pliables, insérées par une ouverture de seulement deux millimètres, et restent à vie dans l’œil. »
Trois grandes familles de lentilles sont aujourd’hui proposées, chacune offrant des bénéfices spécifiques. Les lentilles monofocales corrigent la vision pour une seule distance, le plus souvent pour voir de loin. Elles permettent ainsi de se passer des lunettes pour les activités extérieures ou de corriger la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme.
Pour une correction plus globale, les lentilles multifocales se présentent comme une solution tout-en-un. « Elles permettent de voir de loin, de près, et à distance intermédiaire, comme pour l’utilisation d’un ordinateur. Elles corrigent également l’astigmatisme », détaille le Dr. Casabianca. Il précise qu’une période d’adaptation est nécessaire pour le cerveau, qui doit réapprendre à utiliser ces nouvelles capacités visuelles.
Une catégorie intermédiaire, les lentilles à « portée étendue », représente une évolution prometteuse. « Elles sont une avancée par rapport aux monofocales. Elles offrent une bonne vision de loin et améliorent aussi la vision intermédiaire. On pense qu’à terme, elles pourraient remplacer les lunettes monofocales », anticipe le spécialiste.
Le choix final de la lentille, qui peut même varier d’un œil à l’autre, s’opère en concertation entre le médecin et le patient. Cependant, le Dr. Casabianca souligne une limite de taille : la prise en charge par les assurances maladie. « Elles couvrent généralement les modèles de base, souvent d’une qualité que nous ne recommandons pas. Les multifocales, en revanche, sont rarement remboursées. »