Publié le 18 février 2026 00:21:00. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a critiqué les politiques climatiques européennes, les jugeant coûteuses et inefficaces, tout en réaffirmant l’engagement des États-Unis envers l’Europe, malgré les tensions autour de l’acquisition potentielle du Groenland et la relance de la production pétrolière au Venezuela.
- Chris Wright estime que les politiques climatiques européennes ont augmenté le prix de l’énergie et délocalisé des emplois vers l’Asie.
- Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont de nouveau abandonné l’Accord de Paris sur le climat et remis en question le rôle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
- Washington souhaite augmenter la production pétrolière au Venezuela, où les revenus générés sont directement versés à Caracas après l’arrestation de Nicolas Maduro.
Dans une interview accordée à l’AFP, le secrétaire à l’Énergie américain a estimé que les efforts déployés par l’Europe en matière de transition énergétique au cours des 17 dernières années, qu’il qualifie de « culte du climat », ont eu des conséquences négatives sur son économie.
« L’expérience de ces 17 dernières années, que l’on peut qualifier à juste titre de culte du climat, n’a fait qu’augmenter le prix de l’énergie. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
Selon M. Wright, l’Europe produit aujourd’hui moins d’énergie qu’il y a 17 ans, et les prix ont considérablement augmenté. Il affirme que ces politiques ont entraîné une perte d’emplois au profit de l’Asie, réduit les opportunités économiques pour les Européens et accru leur dépendance à la Russie.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025 a marqué un tournant dans la politique climatique américaine. L’administration Trump a abrogé un texte de 2009, pierre angulaire de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, et s’est retirée pour la deuxième fois de l’Accord de Paris sur le climat, après l’avoir déjà quitté durant son premier mandat (2017-2021).
M. Wright a minimisé l’impact du changement climatique, déclarant :
« Le véritable impact (du changement climatique), c’est que le monde est un peu plus chaud, un peu plus vert, un peu plus humide. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
Il a ajouté que les politiques climatiques actuelles n’ont pas d’effet significatif sur ces phénomènes.
L’Accord de Paris, adopté en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2°C. Cependant, les années 2023, 2024 et 2025 ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon l’institut européen Copernicus.
Groenland
Concernant les relations transatlantiques, tendues par les déclarations de Donald Trump concernant l’acquisition du Groenland, M. Wright a insisté sur la « fermeté affectueuse » de Washington envers l’Europe.
« Les Etats-Unis sont un allié solide de l’Union européenne. En fait, toute la fermeté affectueuse des Etats-Unis vise à inciter l’Europe à se doter d’une armée plus forte, d’un système énergétique plus robuste, d’une économie plus solide. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
M. Wright a catégoriquement exclu toute intervention militaire américaine au Groenland :
« Il n’y a jamais eu la moindre chance que les États-Unis envahissent le Groenland. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
Cependant, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré samedi que Donald Trump « veut toujours » acquérir le Groenland, un territoire autonome danois.
Production pétrolière au Venezuela
Interrogé sur la situation au Venezuela, où il s’est récemment rendu, M. Wright a souligné l’objectif d’« augmenter considérablement la production pétrolière ». Il estime que cette production a déjà généré environ 1 milliard de dollars de revenus depuis l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 3 janvier, par les forces américaines.
« Tout l’argent revient à Caracas. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
M. Wright a précisé que ces fonds sont versés sur des comptes du Trésor américain et que « tous les réseaux de corruption qui ont pillé le pétrole vénézuélien sont également étranglés ».
« Beaucoup de choses à faire à l’AIE »
Présent à Paris pour une conférence ministérielle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), créée en 1974 sous l’égide de l’OCDE, M. Wright a évoqué les efforts de réforme de cette organisation. Les États-Unis avaient menacé de se retirer de l’AIE en juillet après avoir échoué à obtenir des concessions sur la protection du climat.
« Les premiers pas ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire. Une grande partie du travail de l’AIE est axée sur le changement climatique et sur le « truc » de zéro émission nette de l’Accord de Paris. »
Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie
M. Wright faisait référence aux modélisations de l’AIE concernant la trajectoire à suivre pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, un objectif essentiel pour limiter le réchauffement climatique.