Publié le 2025-11-05 15:55:00. La province de Buenos Aires alerte sur le décès de cinq nourrissons de la coqueluche, une maladie bactérienne grave qui touche particulièrement les plus jeunes. Les autorités sanitaires s’inquiètent de la baisse des taux de vaccination, jugée responsable de cette recrudescence.
- Cinq décès dus à la coqueluche ont été enregistrés dans la province de Buenos Aires chez des enfants âgés de 1 mois à 2 ans.
- Quatre des cinq victimes n’avaient pas reçu les vaccins recommandés, et le cinquième, un nouveau-né, n’avait pas bénéficié de l’immunité passive via la vaccination de sa mère enceinte.
- La province constate une « désertion marquée » des calendriers de vaccination, avec une baisse significative des couvertures vaccinales.
Le Bulletin épidémiologique de la province de Buenos Aires a fait état de cinq décès récents attribués à la coqueluche, une infection bactérienne très contagieuse affectant les voies respiratoires. Bien que la maladie présente un faible taux de létalité général (0,2 % à 0,3 %), le risque est considérablement accru chez les nourrissons de moins d’un an, et particulièrement chez ceux de moins de deux mois, où la mortalité peut atteindre 1 % à 3 %.
La bactérie responsable principale est *Bordetella pertussis*, bien que d’autres espèces du même genre puissent provoquer des symptômes similaires. L’apparition de la coqueluche survient généralement entre 7 et 10 jours après l’infection, mais le délai peut s’étendre jusqu’à 21 jours. La manifestation clinique de la maladie varie en fonction de l’âge du patient, de son statut immunitaire, de l’usage d’antibiotiques, d’éventuelles co-infections et de son état de santé général. Les cas les plus typiques sont observés chez les enfants n’ayant pas d’immunité préalable.
La maladie évolue en trois phases distinctes. La première, dite catarrhale, se manifeste par des symptômes grippaux tels que le rhume et la toux. Elle est suivie de la phase paroxystique, caractérisée par des quintes de toux répétées et intenses, souvent accompagnées d’une inspiration sifflante profonde (stridor inspiratoire) et parfois de vomissements post-tussifs. Chez les nourrissons de moins de six mois, des épisodes de cyanose (coloration bleutée de la peau due à un manque d’oxygène) et d’apnées (arrêts respiratoires) peuvent survenir. La phase de convalescence voit une diminution progressive des crises de toux.
Chez les adultes et les adolescents immunisés par la vaccination ou une infection antérieure, les symptômes peuvent être plus légers, se limitant parfois à une toux prolongée. Cependant, la toux peut persister pendant plusieurs mois, quel que soit l’âge.
Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires provinciales ont souligné la chute des taux de vaccination. Le calendrier national prévoit la primo-vaccination avec trois doses de vaccin pentavalent durant la première année de vie (à 2, 4 et 6 mois), suivies de rappels à 15-18 mois (vaccin pentavalent) et à 5 ans (vaccin DTP – diphtérie, tétanos, coqueluche). Un rappel avec le vaccin DTPa (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire) est également administré à 11 ans. De plus, le vaccin DTPa est recommandé aux femmes enceintes à partir de la 20ème semaine de gestation et au personnel de santé en contact avec des nourrissons, avec un rappel tous les cinq ans.
Malgré ces recommandations, le ministère provincial déplore une diminution de plus de 5 % de la couverture de la quatrième dose par rapport à la première dose, indiquant des retards ou des schémas vaccinaux incomplets au sein de la population, ce qui rend les enfants plus vulnérables à des maladies comme la coqueluche.