Publié le 17 février 2024 à 17h37. Un incendie survenu lundi soir dans un immeuble de Manlleu (Osona), près de Barcelone, a coûté la vie à cinq adolescents. L’enquête se concentre sur une possible cause accidentelle, liée à une cigarette, dans un local utilisé comme point de rassemblement par les jeunes.
- Cinq mineurs, âgés de 14 à 17 ans, sont décédés dans l’incendie.
- L’incendie s’est déclaré dans un débarras d’un immeuble de la rue Montseny à Manlleu.
- Les causes de l’incendie sont encore à l’étude, mais une cigarette est privilégiée comme hypothèse.
La ville de Manlleu est en deuil après la tragédie qui s’est déroulée lundi soir. Les premiers témoignages décrivent une scène chaotique à l’arrivée des secours. Brahim, 19 ans, se souvient : « Quand nous sommes arrivés, il faisait noir, il y avait des voitures de police et un policier essayait de réanimer un jeune homme au sol. » Les pompiers ont été alertés peu après 21 heures par des résidents qui avaient détecté des flammes et de la fumée dans l’escalier.
L’incendie a pris naissance dans la zone du toit de l’immeuble, un bâtiment résidentiel des années 1960. Les secours, composés d’une douzaine de pompiers et de onze ambulances du Système Médical d’Urgence (SEM), ont rapidement maîtrisé les flammes, les déclarant éteintes à 21h41. Malgré leurs efforts, ils n’ont pu que constater le décès de cinq adolescents à l’intérieur du débarras. Les victimes ont été identifiées comme Mohamed Z., Amin A., Mustapha B., Mohamed M. et Adam B.
Selon les premières investigations, le débarras servait de lieu de rencontre informel pour les jeunes du quartier. Plusieurs résidents ont confirmé que les adolescents s’y retrouvaient régulièrement, parfois pour fumer, parfois simplement pour passer du temps ensemble. Un voisin a souligné que ce type de rassemblement était courant dans différents immeubles de la ville, ces espaces servant d’alternatives aux peñas traditionnelles des villages.
Les Mossos d’Esquadra ont rapidement écarté l’hypothèse d’une explosion ou d’une déflagration. L’enquête se concentre désormais sur l’idée que l’incendie aurait pu être provoqué par une cigarette ou un objet similaire. Les autorités ont précisé qu’aucun élément suggérant la présence de bouteilles de butane ou d’autres substances inflammables n’a été trouvé sur les lieux.
Quatre agents de la police locale ont été légèrement blessés par inhalation de fumée lors de l’intervention. L’enquête est menée sous la supervision du tribunal de première instance de Vic, place 2.
L’institut Antoni Pous i Argila, où étaient scolarisés quatre des victimes (une élève de 14 ans, trois élèves de 16 ans et une élève de 17 ans), a exprimé sa profonde tristesse dans un communiqué. « Nous sommes conscients de l’impact que cela a généré sur nous tous. En tant que centre éducatif, nous continuerons à assurer le bien-être des étudiants. » L’établissement a mis en place un dispositif d’accompagnement psychologique pour les élèves, tout en assurant la continuité des cours.
Face à cette tragédie, le maire de Manlleu, Arnau Rovira, a déclaré : « Il n’y a pas de mots pour décrire tant de douleur. » Le conseil municipal a décrété trois jours de deuil, et les drapeaux seront mis en berne en hommage aux victimes. Une minute de silence sera observée ce mardi 17 février à 19 heures devant la mairie, en présence du président de la Generalitat, Salvador Illa, et de la ministre de l’Intérieur, Núria Parlon.
Le maire a également appelé au respect des familles et à la prudence face à la désinformation. Il a précisé qu’aucune plainte ou problème antérieur concernant les activités se déroulant dans le débarras n’avait été signalé. Les services d’urgence ont mis à disposition le centre civique Federica Montseny pour accueillir et soutenir les familles des victimes. Trois familles ont dû être relogées temporairement dans un hôtel local, le Torres Manlleu, tandis que les autres ont pu regagner leur domicile après vérification de l’absence de dommages structurels.
Le président de la Generalitat, Salvador Illa, s’est dit « choqué » par l’événement et a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des victimes. La ministre de l’Intérieur, Núria Parlon, a également exprimé sa solidarité et a salué le travail des services d’urgence.