Publié le 13 octobre 2025 à 19:07:00. Une étude d’envergure révèle l’existence de quatre facteurs de risque majeurs prédisant près de 99 % des crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux. Ces conclusions, issues de l’analyse de données de plus de neuf millions de personnes, invitent à une approche ciblée de la prévention cardiovasculaire.
- Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité dans le monde.
- Hypertension artérielle, cholestérol élevé, hyperglycémie et tabagisme sont les quatre principaux facteurs identifiés.
- Le contrôle de ces facteurs de risque modifiables est jugé essentiel pour prévenir les événements cardiovasculaires graves.
Les maladies cardiovasculaires, telles que les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux (AVC), sont responsables d’un nombre alarmant de décès à l’échelle planétaire. Rien qu’en Allemagne, environ 270 000 personnes sont victimes d’un AVC chaque année, tandis que près de 300 000 subissent une crise cardiaque. Ces pathologies touchent aussi bien les hommes que les femmes, le risque variant selon l’âge.
Une vaste étude, parue dans le Journal of the American College of Cardiology, met en lumière quatre facteurs de risque principaux qui expliqueraient 99 % des maladies cardiaques et des AVC. Cette recherche internationale, menée par Philip Greenland de l’Université Northwestern (Illinois), a analysé les données de santé de plus de neuf millions d’adultes en Corée du Sud et aux États-Unis sur une période pouvant aller jusqu’à vingt ans.
Les conclusions sont sans appel : quasiment toutes les personnes ayant développé une maladie cardiaque, subi un infarctus ou un AVC grave présentaient au moins un des quatre facteurs de risque identifiés : une tension artérielle trop élevée (hypertension), un taux de cholestérol excessif, une glycémie élevée ou encore le tabagisme. Cumulés, ces éléments ont précédé 99 % des événements cardiovasculaires recensés lors de cette étude au long cours.
L’hypertension artérielle, un risque majeur
Ce constat vaut même pour les populations présentant le risque cardiovasculaire le plus faible. Par exemple, chez les femmes de moins de 60 ans, plus de 95 % des crises cardiaques ou des AVC pouvaient être attribués à l’un de ces facteurs de risque préexistants.
L’hypertension artérielle s’est révélée être le facteur le plus fréquemment associé aux événements cardiovasculaires. Une pression artérielle trop élevée peut altérer le flux sanguin vers le cœur ou le cerveau, conduisant à un infarctus ou à un AVC. Aux États-Unis et en Corée du Sud, plus de 93 % des personnes ayant eu un infarctus, un AVC ou une insuffisance cardiaque souffraient auparavant d’hypertension. La maîtrise de cette condition pourrait donc offrir une protection significative.
« Nous pensons que l’étude démontre de manière très convaincante que l’exposition à un ou plusieurs facteurs de risque sous-optimaux avant ces événements cardiovasculaires avoisine les 100 pour cent. »
Philip Greenland, auteur de l’étude
Le cardiologue souligne que l’objectif est désormais de se concentrer sur la recherche de stratégies pour mieux maîtriser ces facteurs de risque modifiables, plutôt que de s’attarder sur des éléments plus difficiles à traiter et moins directement causals.
De manière générale, le risque de maladies cardiovasculaires augmente avec l’âge. Selon l’Institut Robert Koch (RKI), le risque de développer une telle pathologie dans les dix prochaines années est d’un peu moins de 10,8 % pour les personnes âgées de 65 à 79 ans, contre seulement 0,5 % pour celles âgées de 18 à 44 ans. Les hommes sont également plus souvent touchés que les femmes. Par ailleurs, une personne ayant déjà subi un AVC présente un risque accru d’en subir un nouveau, avec environ 40 % de récidive. Le RKI mentionne aussi l’influence de l’alimentation et du niveau d’éducation sur ce risque.
Dans une déclaration accompagnant la publication, la cardiologue Neha Pagidipati de l’Université Duke (Caroline du Nord), qui n’a pas participé à l’étude, a insisté sur l’importance cruciale de contrôler les facteurs de risque sanitaires à un stade précoce, avant que ceux-ci n’entraînent des conséquences graves, voire fatales. Les résultats de cette recherche viennent souligner cet impératif. Le lien vers l’analyse complémentaire est disponible.