Publié le 24 février 2026 13:53:00. Une vaste étude suédoise compare l’efficacité de la coloscopie unique et des tests immunochimiques fécaux répétés (FIT) par rapport aux soins habituels dans la détection précoce du cancer colorectal, en évaluant à la fois les bénéfices et les risques potentiels.
- L’invitation au dépistage a augmenté le diagnostic de cancers colorectaux à un stade précoce, en particulier avec la coloscopie.
- Les cancers à un stade avancé sont devenus moins fréquents au fil du temps, notamment dans le groupe ayant bénéficié de tests FIT répétés.
- Les effets secondaires, principalement gastro-intestinaux et cardiovasculaires, ont été observés surtout durant la première année suivant le dépistage.
Une étude randomisée, baptisée SCREESCO (Screening of Swedish Colons), a suivi près de 278 051 personnes âgées de 60 ans en Suède, réparties en trois groupes : un groupe soumis à une coloscopie unique, un groupe effectuant deux séries de tests FIT à faible seuil, et un groupe témoin bénéficiant des soins habituels sans invitation au dépistage. L’objectif était de quantifier les avantages et les inconvénients de chaque approche, en tenant compte non seulement de la détection du cancer, mais aussi des événements indésirables à court et moyen terme.
Les résultats, portant sur une période de suivi médiane de 4,8 ans (avec un maximum de 6,9 ans), indiquent que l’incidence globale du cancer colorectal n’a pas été significativement réduite par rapport aux soins habituels pendant cette phase initiale de diagnostic. Cependant, des changements importants ont été observés dans le moment et le stade du diagnostic des cancers. Plus précisément, la coloscopie a entraîné une augmentation significative de la détection de cancers à un stade précoce (stades I et II), tandis que les tests FIT répétés ont été associés à une diminution des cancers à un stade avancé (stades III et IV) après environ quatre ans.
L’étude a également examiné la sécurité des différentes stratégies de dépistage. Les événements indésirables, tels que les problèmes gastro-intestinaux et cardiovasculaires, ont été légèrement plus fréquents dans les groupes d’intervention au cours de la première année, mais sont ensuite redevenus comparables à ceux du groupe témoin. Les tests FIT répétés ont été associés à un risque accru de thromboembolie veineuse et de saignements gastro-intestinaux. Il est important de noter que les événements indésirables graves directement liés aux coloscopies de dépistage ont été rares (0,2 %), incluant deux perforations intestinales et quinze hémorragies majeures.
Les chercheurs soulignent que l’essai se poursuit et que l’évaluation définitive de l’impact de ces stratégies de dépistage sur la mortalité par cancer colorectal sera réalisée avec un suivi prolongé jusqu’au 31 décembre 2030. Les résultats préliminaires suggèrent qu’une invitation à une coloscopie unique ou à des tests FIT à deux cycles, avec un seuil bas, peut améliorer la détection précoce du cancer colorectal, mais qu’il est essentiel de prendre en compte les risques potentiels et de surveiller attentivement les patients.