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Combattre le VIH en Burkina Faso: De la peur à l’espoir | OMS

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Publié le 2025-10-06 10:38:00. Le Burkina Faso enregistre des avancées spectaculaires dans la lutte contre le VIH, témoignant d’une mobilisation sans précédent et d’un engagement politique fort qui transforment la vie des personnes atteintes. Ce succès, salué internationalement, s’appuie sur des stratégies innovantes et un soutien communautaire déterminant.

  • Réduction drastique du taux de prévalence du VIH, passé de 7,17 % en 1997 à 0,6 % en 2023.
  • Amélioration significative de la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), grâce à un accès élargi aux traitements et à un soutien psychosocial.
  • Progrès notables dans la prévention de la transmission mère-enfant, avec 98,73 % d’enfants nés de mères séropositives non infectés en 2023.

Il y a encore une décennie, le diagnostic de séropositivité équivalait souvent à une condamnation. Alimata, commerçante à Dori, se souvient de ce désespoir : « Quand j’ai découvert que j’étais séropositive, je pensais que ma vie était terminée. Je voulais mourir. » Traitée par antirétroviraux (ARV) depuis 2007, elle témoigne aujourd’hui d’une vie épanouie : « Mais aujourd’hui, je suis en grande forme. Je dirige mon entreprise et je vis une vie normale. » Son parcours illustre la transformation opérée au Burkina Faso, dont la réponse multisectorielle et l’engagement politique ont été reconnus comme un exemple régional.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le rapport 2024 de l’ONUSIDA, le taux de prévalence du VIH a chuté à 0,6 % en 2023, contre 7,17 % en 1997. Environ 95 000 personnes vivent actuellement avec le VIH dans le pays. La couverture des femmes enceintes séropositives sous traitement a doublé, passant de 45 % en 2015 à 72,91 % en 2023. Les décès liés au VIH ont également diminué, tombant d’environ 3 000 par an il y a dix ans à près de 2 600 en 2023. Ces avancées sont le fruit d’une approche globale, combinant un accès facilité aux médicaments, un dépistage généralisé et un accompagnement psychologique essentiel.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a joué un rôle crucial en soutenant des stratégies novatrices telles que le « tester et traiter », qui permet une prise en charge immédiate par ARV dès le diagnostic. L’OMS a également favorisé le développement de services différenciés (SD), incluant la dispensation semestrielle de médicaments et la distribution communautaire des ARV. Ces mesures visent à adapter la réponse aux réalités locales et à assurer l’accès aux soins, même dans les zones les plus reculées.

« Les ARV gratuits, les tests biologiques et la disponibilité des intrants ont été des leviers majeurs pour améliorer la qualité des soins des patients. L’implication de la communauté et le leadership politique ont été essentiels au succès de la réponse. »

Dr Natyon Dieudonné Soma, coordinateur du programme de réponse au VIH du secteur de la santé

Sur le terrain, les professionnels de santé sont en première ligne. Le Professeur Ismaël Diallo, chef du service des maladies infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo, suit plus de 1 500 patients. Il souligne : « Le suivi à long terme reste un défi, en particulier avec les populations vieillissantes. Cependant, l’engagement des décideurs et l’implication communautaire active ont transformé le paysage des soins du VIH. Aujourd’hui, des individus autrefois considérés comme perdus d’avance mènent des vies normales et saines grâce à un traitement soutenu et complet. » Il insiste sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, pour éviter toute complaisance.

Les acteurs communautaires incarnent l’espoir. Moné Marou, conseiller psychosocial depuis 2006, a accompagné des centaines de personnes. Il se souvient de cas poignants : « Une femme, après avoir reçu son résultat positif, avait laissé une note de suicide. Grâce à l’intervention rapide de sa famille et à notre soutien, elle a renoncé à ses projets et accepté de se prendre en charge. » Ces histoires démontrent le pouvoir du soutien communautaire et l’importance de l’écoute active pour lutter contre la stigmatisation.

L’OMS continue d’appuyer le Burkina Faso dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, de la pharmacovigilance et des protocoles de traitement. L’objectif est d’atteindre les cibles « 95-95-95 » d’ici 2026 : 95 % des PVVIH connaissent leur statut, 95 % d’entre elles sont sous traitement, et 95 % des personnes traitées ont une charge virale indétectable. Ces objectifs ambitieux sont désormais à portée de main, grâce à la mobilisation de toutes les parties prenantes.

« L’OMS est fière de soutenir le Burkina Faso dans sa lutte contre le VIH. Les progrès réalisés sont le fruit d’un engagement collectif, et nous continuerons d’aider le pays à éliminer le VIH en tant que menace de santé publique. »

Dr Casimir Manzengo, agent de programme VIH à l’OMS Burkina Faso

La lutte contre le VIH/Sida au Burkina Faso bénéficie d’un fort leadership politique, le chef de l’État présidant le Conseil national de lutte contre le Sida. La réponse s’inscrit dans une approche multisectorielle coordonnée, alignée sur les engagements nationaux et internationaux.

La bataille contre le VIH au Burkina Faso est devenue un symbole de solidarité, de résilience et d’espoir. Derrière chaque statistique se cachent des vies transformées, des familles réunies et des rêves retrouvés. Malgré les défis persistants, la force collective et la détermination d’une communauté entière continuent de porter vers un avenir meilleur.

« Parfois, le chemin est long et difficile pour obtenir mes médicaments, mais je n’ai jamais abandonné. Je me bats tous les jours pour mes enfants, et tant qu’il y aura de l’espoir, je sais que j’ai encore de beaux moments à vivre. »

Alimata, commerçante à Dori

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