Publié le 10 octobre 2025 à 07h04. Longtemps controversée pour son lien présumé avec le cholestérol, la consommation d’œufs est aujourd’hui réévaluée par la communauté scientifique. De nouvelles études confirment que, pour la majorité des personnes en bonne santé, les œufs peuvent être intégrés à l’alimentation quotidienne sans risque.
- L’œuf, autrefois diabolisé pour son apport en cholestérol, est désormais reconnu pour ses bienfaits nutritionnels.
- La consommation régulière d’œufs ne semble pas augmenter le risque cardiovasculaire chez les personnes en bonne santé.
- En Argentine, la consommation d’œufs atteint des niveaux records, la plaçant parmi les plus grands consommateurs mondiaux.
Pendant des décennies, l’œuf a été synonyme de danger potentiel pour la santé cardiovasculaire, accusé d’augmenter le taux de cholestérol sanguin. Ces craintes étaient largement basées sur l’idée que son apport en cholestérol alimentaire se traduisait directement par une élévation du cholestérol sanguin. Cependant, les recherches actuelles, notamment celles menées par des institutions comme la Commission Internationale des Œufs (CEI) et l’Université de Castille en Espagne, viennent contredire ces anciennes croyances.
Les avancées scientifiques ont démontré que le cholestérol alimentaire contenu dans l’œuf, en particulier dans le jaune, a un impact limité sur le cholestérol sanguin. Au contraire, des études suggèrent que la consommation d’œufs pourrait même être bénéfique en favorisant l’augmentation des lipoprotéines de haute densité (HDL), souvent appelées « bon cholestérol », qui jouent un rôle dans l’élimination du cholestérol des artères.
Cette réhabilitation de l’œuf s’accompagne d’une hausse spectaculaire de sa consommation. En Argentine, la Chambre Argentine des Producteurs de Volaille anticipe que la consommation atteindra 380 unités par habitant d’ici 2025, propulsant le pays au deuxième rang mondial des consommateurs, juste derrière le Mexique. Cette tendance est soutenue par une compréhension plus nuancée de ses apports nutritionnels.
Le Dr Alberto Cormillot, spécialiste de l’obésité, a souligné auprès d’Infobae que :
« Les œufs n’augmentent pas dangereusement le cholestérol, et sa consommation quotidienne est bénéfique lorsque l’alimentation est équilibrée, sauf contre-indication médicale particulière. »
Dr Alberto Cormillot, spécialiste de l’obésité
Diverses organisations de santé reconnues, telles que l’Association Américaine du Cœur et la Société Argentine de Nutrition (SAN), s’accordent sur le fait que la consommation d’un œuf par jour est sans danger pour la majorité des personnes en bonne santé. Pour ceux qui ne consomment pas d’autres sources de protéines animales, il est même envisageable d’en consommer jusqu’à deux par jour, sous réserve d’un avis professionnel.
Pour les personnes souffrant d’hypercholestérolémie ou de maladies cardiovasculaires, la recommandation reste plus prudente, limitant la consommation à quatre ou cinq œufs par semaine, toujours sous suivi médical.
Les chercheurs de l’Université de Castille mettent également en avant l’intérêt de l’œuf au petit-déjeuner. Il contribuerait à une meilleure satiété, à maintenir les niveaux d’énergie tout au long de la matinée et à prévenir ainsi une surconsommation calorique plus tard dans la journée. La consommation d’œufs est également associée à une amélioration de la composition corporelle, notamment une diminution de l’indice de masse corporelle et une augmentation de la masse maigre.
Véritable concentré de nutriments, l’œuf fournit les neuf acides aminés essentiels que le corps humain ne produit pas lui-même. Il est également une source précieuse de 13 nutriments essentiels, incluant les vitamines A, D, E, B12, le fer, le calcium, le phosphore et le zinc. La lutéine et la zéaxanthine, deux antioxydants présents notamment dans le jaune, sont reconnus pour leur rôle dans la santé oculaire et cérébrale.
Chaque œuf de taille moyenne apporte environ 6 grammes de protéines pour environ 75 kilocalories. Au-delà de ses propriétés nutritives, la consommation régulière d’œufs est associée au renforcement musculaire, à la prévention des maladies neurodégénératives et au soutien du système immunitaire. Son rapport coût-nutriments en fait un aliment particulièrement pertinent dans une perspective de santé publique.
Concernant les modes de préparation, les experts privilégient les méthodes douces. Silvina Tasat, nutritionniste diplômée de la SAN, et le Dr Daniel López Rosetti, cardiologue, recommandent notamment les œufs durs, à la vapeur, brouillés avec des légumes, en omelette au four ou pochés. Ces techniques améliorent la digestibilité des protéines et limitent l’ajout de graisses saturées.
À l’inverse, les œufs au plat sont déconseillés, particulièrement pour les personnes à risque cardiovasculaire, car ils impliquent l’ajout de graisses saturées sans bénéfice nutritionnel additionnel. Il est recommandé de cuire les œufs à une température interne minimale de 65°C pour garantir la sécurité alimentaire, notamment contre la salmonelle, et optimiser l’absorption des nutriments.
Pour une consommation sécurisée, il est conseillé d’utiliser des œufs frais, intacts, et de ne pas les laver avant de les conserver, afin de préserver leur barrière naturelle. L’hygiène rigoureuse et une cuisson adéquate sont primordiales.
L’œuf s’intègre ainsi idéalement dans une alimentation équilibrée, aux côtés d’autres sources de protéines et de micronutriments, sans pour autant devoir être présent à tous les repas. La diversité alimentaire demeure la clé d’une bonne santé.
La Société Argentine de Nutrition et l’Association Américaine du Cœur rappellent que les personnes ayant des antécédents d’hypercholestérolémie, de maladies cardiaques, ou suivant des régimes spécifiques, doivent consulter un professionnel de santé pour déterminer la quantité d’œufs adaptée à leur situation individuelle.
Par ailleurs, l’œuf se révèle être un allié dans les stratégies de gestion du poids. Il est démontré que sa consommation peut accélérer le métabolisme jusqu’à 30%, accroître la sensation de satiété et contribuer à une réduction de l’apport calorique journalier. Bien que le « régime aux œufs » ait connu un certain engouement, il s’agit d’un régime restrictif qui ne devrait pas être suivi sur le long terme sans encadrement médical.
En conclusion, les consensus scientifiques actuels, consolidés par des études d’organisations telles que la Commission Internationale des Œufs, l’Université de Castille, la Société Argentine de Nutrition et l’Association Américaine du Cœur, plaident en faveur de l’inclusion régulière d’un à deux œufs par jour dans une alimentation équilibrée pour les personnes en bonne santé. Cette approche ne présenterait pas de risque accru pour la santé cardiovasculaire. Les bénéfices nutritionnels et l’accessibilité économique de l’œuf en font un aliment de choix pour la santé publique. Néanmoins, une consultation médicale reste indispensable pour les cas spécifiques ou les doutes individuels.