Publié le 2025-10-31 23:59:00. Le constructeur automobile japonais Nissan voit ses actions chuter à un plus bas de deux mois suite à l’annonce d’une perte d’exploitation prévisionnelle majeure pour l’exercice en cours, contrastant avec une amélioration observée sur le semestre.
- Nissan anticipe une perte d’exploitation de 275 milliards de yens (environ 1,8 milliard de dollars) pour l’exercice fiscal qui se terminera en mars 2026.
- Malgré cette prévision sombre, le constructeur a enregistré une perte de seulement 30 milliards de yens au premier semestre, bien meilleure que les 180 milliards initialement prévus.
- Le groupe poursuit un plan de restructuration agressif incluant la réduction d’effectifs et la rationalisation de ses sites de production.
Les marchés ont réagi négativement aux dernières annonces de Nissan. L’action du constructeur japonais a chuté vendredi à son plus bas niveau des deux derniers mois, reflétant les inquiétudes liées aux perspectives financières de l’entreprise. Cette baisse fait suite à la publication d’une prévision de perte d’exploitation s’élevant à 275 milliards de yens (environ 1,8 milliard de dollars) pour l’exercice fiscal en cours. Cette projection, la première du genre pour l’exercice clos en mars 2026, intervient alors que Nissan met en œuvre une politique ambitieuse de réduction des coûts pour redresser sa situation financière précaire.
Dans le détail, Nissan a déclaré une perte d’exploitation de 30 milliards de yens pour la période d’avril à septembre. Ce chiffre est inférieur aux attentes initiales, qui tablaient sur une perte de 180 milliards de yens. Jérémie Papin, le directeur financier, a évoqué lors d’une conférence de presse des « défis aggravés par des facteurs externes ». La valeur de l’action a connu une baisse significative, perdant 6,1% en début de séance à Tokyo, la plus forte contraction intrajournalière depuis le 26 août. Depuis le début de l’année, le titre a déjà cédé environ 27% de sa valeur.
Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte plus large de crise pour Nissan, traversant sa période la plus délicate financièrement depuis plus de vingt ans, époque où l’entreprise avait été sauvée de la faillite par le constructeur français Renault SA. Le groupe fait face à une chute drastique de ses bénéfices et à un endettement élevé, situation exacerbée par un roulement fréquent à la tête de la direction, une offre de produits limitée et des ventes décevantes aux États-Unis et en Chine.
Pour inverser la tendance, le directeur exécutif, Ivan Espinosa, avait annoncé en début d’année un plan prévoyant la suppression de 20 000 emplois et la réduction de 17 à 10 sites de production mondiaux. Un volet essentiel de cette stratégie vise à maîtriser la surcapacité. Parmi les mesures concrètes figure le transfert de la production de l’usine de Civac, au Mexique, vers le complexe d’Aguascalientes avant la fin de l’exercice fiscal. Parallèlement, la production de l’usine d’Oppama au Japon cessera d’ici mars 2028.
Tatsuo Yoshida, analyste chez Bloomberg Intelligence, a nuancé l’amélioration observée au premier semestre, la considérant comme le résultat de coûts exceptionnels et d’autres éléments, plutôt que d’une reprise opérationnelle solide. Il a mis en garde contre l’incertitude quant à la concrétisation des progrès attendus. Le directeur financier, Jérémie Papin, a attribué la réduction des pertes à des éléments tels que la réglementation sur les émissions aux États-Unis, des passifs passés et d’autres « facteurs et coûts différés exceptionnels ». La société n’a pas fourni de détails sur les coûts de restructuration ni de prévision complète du bénéfice ou de la perte nets pour l’ensemble de l’exercice. Ces informations seront communiquées le 6 novembre, lors de la publication des résultats financiers trimestriels.