Publié le 24 février 2026. Les investissements directs étrangers (IDE) en provenance d’Asie vers l’Asie centrale ont connu une croissance spectaculaire au cours de la dernière décennie, atteignant 68 milliards de dollars au premier semestre 2025, portée par l’intérêt croissant des pays du Golfe et de la Chine pour le secteur énergétique de la région.
- Le stock d’IDE asiatiques en Asie centrale a plus que doublé en dix ans, passant de 29,9 milliards de dollars en 2016 à 68 milliards de dollars en mi-2025.
- Les États du Golfe sont devenus les principaux investisseurs, représentant 45 % de l’augmentation des IDE depuis 2016, soit environ 9 milliards de dollars.
- Le secteur de l’électricité émerge comme le nouveau moteur de croissance, sa part dans les IDE ayant presque décuplé en dix ans, passant de 2,6 % à 26 %.
L’Asie centrale s’affirme de plus en plus comme un pôle d’attraction pour les investissements en Eurasie, une dynamique qui s’est accélérée depuis 2023. Selon un rapport de la Banque eurasienne de développement (BED), la part de la région dans les investissements totaux des partenaires extérieurs est passée de 50 % en 2023 à 57 % au premier semestre 2025.
Cette croissance est principalement tirée par les pays du Golfe, qui ont investi environ 9 milliards de dollars depuis 2016, soit 45 % de l’augmentation globale des IDE asiatiques. Sur le long terme, les investissements des États du Golfe ont progressé à un taux annuel moyen de 13,9 %, soit plus du double de la moyenne régionale (6,8 %).
L’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kazakhstan concentrent à eux seuls 92 % du stock d’IDE asiatiques. L’Ouzbékistan est en tête avec 22,6 milliards de dollars, affichant la croissance la plus rapide, son stock d’IDE ayant été multiplié par plus de 45 depuis 2016. Le Turkménistan suit avec 20,6 milliards de dollars et le Kazakhstan avec 19,3 milliards de dollars.
Si les industries extractives restent importantes, on observe une évolution structurelle vers un modèle d’investissement plus diversifié. La part des industries extractives a diminué, passant de 55 % en 2016 à 35 % au premier semestre 2025, au profit du secteur de l’électricité, qui a vu sa part passer de 2,6 % à 26 % sur la même période. Les projets énergétiques représentent désormais plus de la moitié de l’augmentation totale des investissements.
Parmi les autres investisseurs asiatiques, l’Inde se distingue avec un stock d’IDE de 13,4 milliards de dollars, réparti équitablement entre les flux entrants et sortants. Le Vietnam, bien que moins présent, affiche une croissance de 34 % de ses investissements depuis 2016, diversifiant sa présence géographique et sectorielle. L’Afghanistan, malgré un volume d’investissement plus modeste (190 millions de dollars), est considéré comme un marché de niche stratégique. Enfin, l’Indonésie a réalisé un investissement significatif de 240 millions de dollars dans l’entreprise ouzbèke FerganaAzot.
Les pays eurasiens restent également des exportateurs de capitaux. Leur stock d’IDE dans les pays partenaires asiatiques s’élève à 56,6 milliards de dollars, en hausse de 12,5 % par rapport aux 18 mois précédents. La Russie et l’Azerbaïdjan dominent ces investissements, représentant respectivement 72 % et 23 % du total, avec une concentration géographique marquée sur la Turquie, qui absorbe 78 % des investissements eurasiens.
La BED a publié un rapport sur ses investissements en Asie centrale et en Mongolie en 2025.