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comment avoir un sommeil de qualité

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Publié le 2025-11-03 11:00:00. Entre défis extrêmes et épidémie silencieuse, le manque de sommeil, quelles qu’en soient les causes, impose un lourd tribut à notre santé physique et mentale. Experts et témoignages soulignent l’urgence de redéfinir notre rapport à cette fonction vitale.

  • Le manque de sommeil, qu’il soit dû à des expéditions solitaires ou à des troubles chroniques, a des conséquences graves sur la mémoire, la prise de décision et la vigilance.
  • L’insomnie chronique est désormais reconnue comme une épidémie, touchant près de la moitié de la population mondiale, et l’ONU la considère comme un facteur de risque majeur.
  • Le recours aux somnifères peut engendrer une dépendance et masquer des problèmes sous-jacents, tels que le stress ou l’apnée du sommeil.

Tamara Klink, fille du célèbre navigateur brésilien Amir Klink, a récemment partagé son expérience éprouvante lors d’une traversée solitaire de l’Arctique. Pendant deux mois, la jeune femme a dû naviguer dans des conditions extrêmes, dormant par intermittence et restant constamment aux aguets. Bien qu’anticipant les difficultés de ce voyage qui visait à faire d’elle la première Latino-Américaine à relier le Groenland au Canada, elle mesure pleinement les ravages du manque de sommeil.

« Quand je gère le manque de sommeil, je gère surtout les conséquences du manque de sommeil, qui sont terribles. J’ai des pertes de mémoire, des difficultés à prendre des décisions assertives et je deviens plus lente », confie Tamara Klink.

Ces troubles du sommeil ne sont pas isolés. L’insomnie chronique est devenue une préoccupation de santé publique majeure, au point d’être qualifiée d’épidémie. L’Organisation des Nations Unies (ONU) reconnaît désormais le manque de sommeil chronique comme un facteur de risque significatif. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette affection toucherait entre 40 % et 45 % de la population mondiale.

Au Brésil, la situation est alarmante. L’Association brésilienne du sommeil estime qu’environ 73 millions de Brésiliens souffrent de troubles du sommeil, l’insomnie et l’apnée étant les plus fréquents. La Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) rapporte que 36 % des adultes brésiliens dorment moins de six heures par nuit, un chiffre bien inférieur au minimum recommandé de sept à huit heures.

La sensation de fatigue au réveil, même après une nuit apparemment suffisante, est de plus en plus courante. Renata Aurichio, physiothérapeute spécialisée dans le sommeil, explique que cette fatigue a de multiples origines : physiologiques, comportementales et environnementales. Le stress et l’hyperactivité mentale sont parmi les coupables principaux.

« Nous vivons dans un état dans lequel nous sommes constamment ‘allumés’ », observe Renata Aurichio, également membre de l’Institut du Sommeil à São Paulo.

Ces soucis quotidiens, amplifiés par un environnement stimulant en permanence, entraînent une hyperactivation du système nerveux sympathique, le mode « alerte » du corps, rendant la relaxation nécessaire à un sommeil profond difficilement atteignable. « On ne dort pas forcément moins. On dort moins bien à cause de l’excès de tâches et du manque de pauses mentales », précise-t-elle.

À cela s’ajoutent des facteurs liés à notre mode de vie moderne : une exposition insuffisante à la lumière naturelle, indispensable à la régulation de notre horloge biologique, et un manque d’activité physique régulière. L’historienne des sciences et physiothérapeute déplore une conception du temps où le sommeil est perçu comme une perte.

« L’ère industrielle et, plus tard, le capitalisme moderne ont créé l’idée que ‘le temps, c’est de l’argent’. Dormir a fini par être interprété comme du ‘temps perdu’ », regrette-t-elle.

La modernité, avec son culte de la productivité, a relégué le sommeil au rang de luxe ou de signe de faiblesse. L’omniprésence de la technologie, de la lumière artificielle aux écrans, en passant par le travail à distance, a brouillé les frontières entre vie professionnelle et vie privée, perturbant nos rythmes naturels.

« La société associait la productivité à la privation et le repos à la faiblesse. Le sommeil était considéré comme quelque chose à réduire, à contrôler ou même comme un ‘luxe’ pour ceux qui n’avaient pas assez d’ambition », rappelle Renata Aurichio.

Un sommeil de mauvaise qualité résulte souvent d’un enchaînement de déséquilibres qui empêchent le corps d’atteindre ses phases de sommeil les plus réparatrices. Les facteurs psychologiques, comme le stress et l’anxiété, élèvent le niveau de cortisol et d’adrénaline, entravant la relaxation.

Selon la spécialiste, la moindre considération accordée à la qualité du sommeil par rapport à l’alimentation ou à l’exercice physique relève d’un « déni émotionnel ». Le sommeil, en offrant un moment de pause et de silence, révèle notre état intérieur, une confrontation que beaucoup redoutent.

« Le sommeil est un miroir, et c’est dans le silence et la pause que le corps et l’esprit se révèlent. Et beaucoup de gens craignent cette confrontation », explique Renata Aurichio, qui déplore également un manque de sensibilisation du public sur le rôle fondamental du sommeil.

Les somnifères : une aide précieuse mais risquée

Pour Elizabeth (nom d’emprunt), souffrant de dépression, les troubles du sommeil sont une réalité quotidienne. Afin de réguler son cycle veille-sommeil, elle dépend d’un médicament qui, bien qu’efficace, présente des risques de dépendance et des effets secondaires notables.

« J’ai essayé plusieurs fois de ne pas le prendre, mais le temps passe et on devient désespéré », témoigne-t-elle, évoquant les traitements alternatifs qu’elle a pu tenter sans succès durable.

Renata Aurichio met en garde contre l’usage prolongé de ces substances.

« L’utilisation de somnifères – même sur prescription médicale – doit être considérée comme une ressource temporaire et non comme une solution définitive », insiste la physiothérapeute.

Elle souligne que, bien qu’efficaces à court terme, ces médicaments peuvent entraîner une dépendance et masquer les causes profondes des troubles, telles que le stress chronique, une mauvaise hygiène de sommeil ou une apnée du sommeil non diagnostiquée. Les effets secondaires incluent la somnolence diurne, des pertes de mémoire et une baisse de concentration.

Au-delà de l’insomnie, l’apnée du sommeil représente un autre trouble majeur. Il s’agit d’une obstruction des voies respiratoires qui interrompt la respiration pendant le sommeil, provoquant des baisses d’oxygénation. Cette condition physique et respiratoire nécessite un diagnostic et une prise en charge médicale spécifique.

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