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Comment bien manger en période de deuil : conseils d’une diététiste

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Publié le 11 février 2026 04:07:00. La perte d’une proche laisse un vide immense, souvent accompagné d’un bouleversement dans les habitudes quotidiennes, y compris celles liées à l’alimentation. Un témoignage poignant sur le deuil et la manière dont il se manifeste, même dans les gestes les plus simples.

La dernière requête de sa belle-fille, Dayla Espinoza-Bayles, fut de lui préparer sa soupe de pommes de terre, brocoli et cheddar. Une recette qu’elle avait perfectionnée au fil des années, une recette pleine de légumes cachés, mais toujours crémeuse et réconfortante. Elle l’avait élaborée alors que Dayla et son fils avaient à peine quinze ans, et elle était devenue un symbole de leur relation grandissante.

Au-delà de cette soupe, c’est un lien précieux qui s’est brisé. Dayla est décédée en début d’année, à l’âge de 25 ans, après une lutte courageuse mais brève contre un cancer de l’ovaire. « Je vois souvent quelque chose que je sais qu’elle aimerait et je suis si près de l’atteindre. Pendant cette fraction de seconde, elle est toujours en vie », confie son beau-père, submergé par le chagrin.

Le deuil se manifeste de multiples façons, et l’appétit est souvent l’un des premiers aspects affectés. Il est difficile de trouver la force de réaliser les tâches les plus banales, comme changer l’huile de la voiture, faire la vaisselle ou même recoudre un trou dans une poche. Et même pour une diététiste passionnée par la nourriture, l’idée de manger peut parfois sembler insurmontable.

Gray Bayles et sa femme Dayla Espinoza-Bayles préparaient souvent des repas ensemble.
Gray Bayles et sa femme Dayla Espinoza-Bayles préparaient souvent des repas ensemble.Avec l’aimable autorisation de Gray Bayles

En tant que diététiste, il est conscient que le stress et le chagrin influencent nos choix alimentaires avant toute autre chose. Certains mangent plus, d’autres moins, mais tous sont concernés. Il souligne qu’il s’agit d’une réaction naturelle, ancrée dans notre histoire évolutive, où le corps cherchait à se protéger de la famine ou du danger. Il n’y a donc aucune honte à ressentir ce besoin de réconfort.

Le véritable problème, selon lui, réside dans la culpabilité ou l’impuissance que l’on peut ressentir face à ces choix. Il est essentiel de s’autoriser à ressentir ses émotions avec paix et compassion, même si cela signifie privilégier le confort et la commodité plutôt que la santé. Ces moments finiront par passer, laissant la place à un retour progressif à des habitudes plus saines.

Le deuil n’est pas le seul facteur susceptible de perturber une alimentation équilibrée. Le stress au travail, les horaires chargés, les maladies chroniques, les difficultés financières ou les ruptures amoureuses peuvent également rendre la planification des repas et la cuisine difficiles. Même des événements positifs, comme une promotion ou l’arrivée d’un bébé, peuvent accaparer toute notre énergie.

Alors, que faire lorsque l’on n’a tout simplement pas envie de cuisiner ? Il est important de ne pas attendre d’avoir envie de manger pour le faire. Si l’idée de cuisiner est trop pénible, il est préférable de se concentrer sur le simple plaisir de se nourrir, même avec des aliments simples et peu élaborés.

Il est également conseillé d’assouplir ses critères concernant une alimentation saine lorsque les temps sont difficiles. Il est parfaitement acceptable de se contenter de collations, de plats surgelés, de yaourts ou de plats à emporter pendant un certain temps. L’essentiel est de ne pas se juger trop sévèrement.

N’hésitez pas à solliciter l’aide de vos proches. Si l’on vous propose de l’aide, n’hésitez pas à l’accepter. Ils peuvent faire vos courses, vous apporter un repas préparé, vous accompagner prendre un café ou organiser un tour de repas.

Lorsque vous en avez la force, essayez de renouer avec le plaisir de cuisiner et de manger. Choisissez des aliments qui vous nourrissent non seulement physiquement, mais aussi émotionnellement, des aliments qui vous rappellent des souvenirs heureux ou qui vous apportent du réconfort. Prenez le temps de savourer chaque bouchée et d’être attentif aux sensations que vous ressentez dans votre corps.

La nourriture est bien plus qu’un simple besoin physiologique. C’est aussi un plaisir, une expression d’amour, une tradition, un souvenir et un lien social. C’est en honorant ces différentes dimensions que l’on peut surmonter le deuil et retrouver un équilibre.

Comme l’a souligné son fils lors de l’éloge funèbre de Dayla, elle trouvait sa joie à prendre soin des autres. Elle a consacré sa vie à se soucier de ceux qui l’entouraient, jusqu’à son dernier souffle. La meilleure façon de lui rendre hommage, selon son beau-père, est de perpétuer son œuvre en prenant soin de nous et des autres.

La première étape consiste à respirer, et la seconde à manger. Il va donc préparer un lot de la soupe de pommes de terre, brocoli et cheddar qui sera à jamais sa soupe, et il la mangera pour sa santé, en sa mémoire, une bouchée à la fois.

La soupe de pommes de terre au brocoli de Dayla regorge de légumes dans une base crémeuse
La soupe aux pommes de terre et au brocoli de Dayla regorge de légumes dans une base crémeuse.Heather Martin

Soupe de pommes de terre, brocoli et cheddar de Dayla

Pour 4 portions en plat principal

Ingrédients

  • 1 oignon jaune moyen, haché
  • 2 gousses d’ail, hachées
  • 2 cuillères à café de beurre ou d’huile d’olive
  • 2 tasses de bouillon de poulet ou de légumes (ou bouillon concentré + eau pour obtenir 2 tasses)
  • 1 tasse d’eau
  • 3 à 4 pommes de terre moyennes, pelées et coupées en gros morceaux (environ 4 tasses)
  • 2 à 3 tasses de chou vert finement haché ou râpé
  • 2 carottes moyennes, pelées et coupées en dés
  • 1/2 cuillère à café de poivre noir moulu
  • 1/2 cuillère à café de poudre d’oignon (facultatif)
  • 1 tasse de fromage cheddar râpé
  • 2 tasses de fleurons de brocoli ou de chou-fleur surgelés, ou un mélange, décongelés et hachés
  • 2 cuillères à soupe de Neufchâtel ou de fromage à la crème
  • 4 saucisses de poulet, tranchées et dorées (facultatif)

Préparation

  1. Dans une cocotte-minute, faire revenir l’oignon et l’ail dans le beurre ou l’huile jusqu’à ce qu’ils commencent à ramollir, soit environ 3 à 4 minutes.
  2. Ajouter le bouillon, l’eau, les légumes et les assaisonnements. Fermer la cocotte-minute et cuire sous pression pendant 5 minutes, puis relâcher rapidement la pression.
  3. Incorporer le fromage cheddar et le brocoli et/ou le chou-fleur pour les réchauffer.
  4. Ajouter le Neufchâtel ou le fromage à la crème et mixer à l’aide d’un mixeur plongeant jusqu’à obtenir une consistance lisse, en laissant quelques morceaux de pommes de terre pour épaissir la soupe. Rectifier l’assaisonnement si nécessaire.
  5. Garnir de saucisses, si désiré, et servir chaud.

Si vous avez besoin d’aide pour faire face à votre deuil, des ressources sont disponibles. Consultez la page SAMHSA sur les ressources en matière de deuil ou recherchez du soutien auprès d’organisations comme DeuilPartager. Si vous souhaitez en savoir plus sur Dayla, vous pouvez lire l’un de ses articles ici : 25 choses qu’elle a apprises à 25 ans.

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