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Comment ces salariés ne paient rien pour leurs primes d’assurance : NPR

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Publié le 2025-10-16 12:33:00. Aux États-Unis, les coûts des soins de santé continuent de grimper, atteignant des sommets vertigineux. Face à cette inflation tenace, certaines entreprises font un choix audacieux : prendre en charge l’intégralité des primes d’assurance maladie de leurs employés.

  • Le coût moyen d’une assurance maladie pour une famille de quatre personnes, financée par l’employeur, dépasse 25 500 $ par an, une facture en hausse constante.
  • Les fabricants de médicaments, les hôpitaux et les assureurs sont pointés du doigt pour cette augmentation, malgré une demande croissante des patients.
  • Certaines entreprises, comme Boston Consulting Group, choisissent d’offrir une couverture santé sans franchise à leurs employés pour attirer et retenir les talents.

La flambée des prix dans le secteur de la santé aux États-Unis est une préoccupation majeure. En 2024, le coût moyen annuel d’une assurance maladie proposée par un employeur pour une famille s’élevait à plus de 25 500 dollars. Sur cette somme, les employeurs couvraient environ 19 200 dollars, laissant les employés assumer une contribution moyenne d’environ 6 300 dollars. Ces primes ont augmenté de plus de 24 % depuis 2019 et devraient encore croître significativement l’année prochaine.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse spectaculaire. Les entreprises à but lucratif, qu’il s’agisse des laboratoires pharmaceutiques, des gestionnaires de prestations, des hôpitaux ou des compagnies d’assurance, sont collectivement tenues pour responsables de l’envolée des coûts. L’introduction de médicaments innovants mais coûteux, comme ceux utilisés dans le traitement du cancer ou les régulateurs de croissance GLP-1, ainsi qu’un retour des patients vers les consultations médicales post-pandémie, ont contribué à une demande accrue et, par conséquent, à une augmentation des prix. La consolidation et les fusions d’entreprises dans le secteur de l’assurance et des services de santé ont également permis à certaines entités restantes d’accroître leurs tarifs.

Face à cette situation, une tendance émergente se dessine chez certains employeurs : celle de la prise en charge intégrale des primes d’assurance maladie. Alors que quelque 154 millions d’Américains dépendent de leur employeur pour leur couverture santé, et que les retenues sur salaire devraient augmenter de 6 à 7 % en moyenne, quelques entreprises ont décidé d’épargner à leurs salariés cette charge financière. Boston Consulting Group (BCG), par exemple, couvre l’intégralité des primes pour ses 10 000 employés américains et leurs familles, soit une prise en charge pour environ 20 000 personnes. Selon Alicia Pittman, directrice des ressources humaines du BCG, cette démarche représente « un investissement conséquent », mais elle est justifiée par l’objectif de bâtir une main-d’œuvre en bonne santé et productive, tout en rendant l’entreprise plus attractive pour les nouveaux talents et en réduisant le taux de rotation du personnel.

Cette politique de « prime zéro » n’est pas l’apanage des grandes entreprises. Des organisations à but non lucratif, des petites structures et des startups adoptent également cette approche. Oliver Kharraz, PDG de Zocdoc, une plateforme de planification de rendez-vous médicaux, affirme que les soins de santé sont un « élément non négociable » pour son entreprise. Bien que Zocdoc ne prenne pas en charge tous les frais annexes (franchises, quotes-parts), elle propose un plan avec une prime nulle, complété par une contribution de l’entreprise à un compte d’épargne santé pour aider à couvrir la franchise, plus élevée pour ce plan. M. Kharraz souligne que, malgré un coût croissant, « il est de notre devoir de nous assurer que l’entreprise est suffisamment saine pour pouvoir assumer cette charge ».

Ryan Close, fondateur et PDG de Bartesian, une startup vendant des machines à cocktails à domicile, a mis en place une couverture santé complète pour ses 30 employés et leurs familles, incluant les assurances médicale, dentaire et optique, ainsi qu’une contribution annuelle aux comptes de dépenses flexibles. Issu du système de santé canadien où les soins sont largement subventionnés, M. Close considère que cette couverture est fondamentale. Il reconnaît que cette stratégie implique des compromis, notamment l’absence d’une politique formelle de congé parental, mais il estime que l’offre de soins de santé sans prime renforce la capacité de Bartesian à attirer des talents et à soutenir sa croissance, affirmant ainsi les valeurs de l’entreprise qui « valorise ses membres ».

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