Home Santé Comment des lésions de la myéline cérébrale pourraient entraîner des convulsions dans la SEP | Actualités DUC

Comment des lésions de la myéline cérébrale pourraient entraîner des convulsions dans la SEP | Actualités DUC

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Publié le 8 octobre 2025. Une avancée significative dans la compréhension des crises chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP) a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Californie à Riverside. Cette étude préclinique dévoile un lien direct entre la perte de la gaine protectrice des neurones et l’apparition de convulsions, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées.

  • La démyélinisation, caractéristique de la SEP, est désormais clairement associée à l’activité épileptique.
  • L’hippocampe, zone clé pour la mémoire, est identifié comme un site particulièrement vulnérable.
  • Un déséquilibre des neurotransmetteurs glutamate et GABA est mis en cause, offrant des pistes pour des traitements innovants.

Les scientifiques biomédicaux de l’Université de Californie à Riverside ont mis en lumière la raison pour laquelle une fraction des personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) souffre également de convulsions. Cette complication, souvent débilitante, peut non seulement aggraver les troubles cognitifs mais aussi accélérer la progression de la maladie. Les conclusions de leurs travaux, publiées dans la revue Neurobiology of Disease, établissent un lien étroit entre la démyélinisation – le processus par lequel la gaine protectrice de myéline entourant les axones des neurones se détériore – et l’activité épileptique.

Grâce à un modèle murin de SEP, les chercheurs ont observé que plus la myéline se dégrade, notamment dans l’hippocampe, zone cérébrale cruciale pour la mémoire et l’apprentissage et déjà reconnue pour être un foyer d’activité épileptique, plus le risque de convulsions augmente. Ces découvertes suggèrent des perspectives prometteuses pour le développement de traitements qui s’attaquent spécifiquement à la cause des crises dans la SEP, sans engendrer la suppression généralisée de l’activité cérébrale que provoquent souvent les médicaments antiépileptiques actuels, avec leurs effets secondaires tels que la fatigue et un ralentissement cognitif.

Seema Tiwari-Woodruff
Seema Tiwari-Woodruff

« Environ 4 à 5 % des personnes atteintes de SEP développent des convulsions », précise Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales à laSchool of Medicine de l’UCR et autrice principale de l’étude. « C’est un domaine peu exploré, mais ces patients ont tendance à souffrir de moins bons résultats cognitifs et d’une progression plus rapide de la maladie. Comprendre ce qui se passe dans leur cerveau est fondamental. »

La SEP est une maladie auto-immune chronique qui se caractérise par des lésions de la myéline, entraînant une variété de symptômes incluant des troubles de la vision, de la fatigue, des problèmes de coordination, un déclin cognitif et, dans certains cas, des convulsions.

Pour simuler le processus de démyélinisation progressive, les chercheurs ont eu recours à un modèle murin spécifique, le régime cuprizone. Après une période de 12 semaines, près de 80 % des souris exposées à ce régime ont manifesté une activité épileptique, contre seulement 40 % observées plus tôt dans le développement de la pathologie. Des enregistrements électroencéphalographiques et des évaluations comportementales ont confirmé cette augmentation de l’activité convulsive.

« À mesure que la démyélinisation progressait, les niveaux de glutamate, un neurotransmetteur excitateur, augmentaient, tandis que le GABA, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau, semblait diminuer. Ce déséquilibre rend le cerveau plus excitable, ce qui est une caractéristique de l’épilepsie. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

L’étude souligne particulièrement le rôle de l’hippocampe dans ce phénomène. Les neurones inhibiteurs de cette région, dont certains sont myélinisés, apparaissent comme particulièrement sensibles aux dommages causés par la perte de myéline.

« La myéline ne se contente pas d’accélérer la transmission des signaux ; elle contribue également à maintenir la santé des neurones. Les dommages infligés aux neurones producteurs de GABA dans l’hippocampe, dus à la démyélinisation, pourraient expliquer la susceptibilité aux crises observée dans la SEP. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

Contrairement aux modèles d’épilepsie traditionnels qui reposent souvent sur des lésions cérébrales pour induire des crises, cette recherche propose un modèle plus fidèle à la réalité de la SEP, en se concentrant sur l’activité épileptique déclenchée par la démyélinisation.

« Nous ne détruisons pas de tissu cérébral. Nous modélisons la perte progressive de myéline qui se produit dans la SEP, ce qui en fait un outil puissant pour les recherches futures. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

Ces résultats ouvrent la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées.

« Maintenant que nous savons que le glutamate augmente et que le GABA diminue, nous pouvons étudier les cellules spécifiques impliquées. Nous nous intéressons particulièrement aux astrocytes, des cellules de soutien qui éliminent normalement l’excès de glutamate de l’espace extracellulaire. S’ils sont altérés, le glutamate s’accumule, les signaux cérébraux ne sont plus contrôlés et des convulsions peuvent se produire. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

Le glutamate étant essentiel au fonctionnement cérébral, toute intervention thérapeutique devra être extrêmement précise.

« Le bloquer complètement reviendrait à arrêter le cerveau. Nous visons une modulation ciblée, et non une suppression généralisée. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

Cette recherche apporte un nouvel espoir aux personnes vivant avec la SEP.

« Beaucoup de personnes dans la communauté SEP ne comprennent pas pourquoi elles font des crises ; ce n’est pas un symptôme largement connu. Notre étude propose une explication, qui est la première étape vers un meilleur traitement. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

L’équipe de recherche examine actuellement les modifications dans les circuits neuronaux et les récepteurs de l’hippocampe, ainsi que la manière dont le dysfonctionnement des astrocytes contribue au risque de crise. Des comparaisons entre les tissus cérébraux de souris et ceux d’humains sont déjà en cours.

« Si les mêmes transporteurs et récepteurs sont affectés chez l’homme, ils pourraient devenir des cibles thérapeutiques claires. »

Seema Tiwari-Woodruff, professeure de sciences biomédicales

Cette étude, menée en collaboration avec Devin Binder, neurochirurgien et expert majeur de l’épilepsie à l’UCR, a bénéficié de subventions institutionnelles et du soutien financier du National Institute of Neurological Disorders and Stroke. Les résultats seront partagés avec la National MS Society afin d’informer la communauté plus large des personnes atteintes de SEP.

Parmi les contributeurs à cette étude figurent les co-premiers auteurs Alyssa M. Anderson, étudiante diplômée, et Moyinoluwa Ajayi, récemment diplômée d’un master, ainsi que Carrie R. Jonak, Shane Desfor, Joselyn Soto, Adrian Akhuetie, Devang Deshpande et Andrew Lapato.

L’article scientifique est intitulé : « Le déséquilibre glutamatergique induit par la démyélinisation médie l’hyperexcitabilité hippocampique ».

Image d’en-tête : Dr_Microbe/iStock/Getty Images Plus.

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