Publié le 21 octobre 2025, 15:52. Les campagnes de vaccination contre la grippe battent leur plein dans la plupart des communautés autonomes espagnoles. Alors que la saison grippale 2024-2025 s’annonce modérée, les autorités sanitaires rappellent l’importance de la vaccination, notamment pour les populations les plus fragiles, et soulignent la nécessité de distinguer les différents virus respiratoires en circulation.
- La plupart des régions espagnoles ont lancé leur campagne de vaccination contre la grippe, visant les groupes vulnérables et le grand public.
- La saison grippale 2024-2025 devrait être modérée, avec un pic d’infections attendu entre fin décembre et février.
- Une attention particulière est portée à la distinction entre la grippe, la COVID-19, et le virus respiratoire syncytial (VRS), qui circulent simultanément.
La campagne de vaccination antigrippale est en cours dans de nombreuses régions d’Espagne, dont l’Andalousie, la Catalogne et les Baléares. Dans la Communauté de Madrid, la vaccination des populations les plus fragiles – résidents, personnes de plus de 60 ans et immunodéprimés – a débuté le 15 octobre et se poursuivra jusqu’au 31 janvier 2026.
La saison grippale 2024-2025 devrait connaître une intensité modérée, comparable aux années précédentes. Cependant, la durée de circulation du virus pourrait être plus longue, avec un pic d’infections attendu entre fin décembre et février. Selon le docteur Estanislao Nistal, virologue et professeur de microbiologie, « la saison 2024-2025 a présenté une intensité plus faible que la saison précédente, mais a duré plus longtemps, atteignant son pic fin janvier. Bien que la gravité ait été globalement moindre, le nombre total de cas a augmenté en raison de sa dispersion sur plusieurs semaines ».
Il est crucial de se rappeler que d’autres virus, tels que le virus respiratoire syncytial (VRS) et le SARS-CoV-2 (responsable de la COVID-19), peuvent également provoquer des infections respiratoires aiguës potentiellement graves. La co-circulation de ces différents agents pathogènes rend le diagnostic plus complexe. « Au cours du dernier hiver, nous avons observé un chevauchement accru entre la circulation des virus de la grippe, du SARS-CoV-2 et du VRS. Cela a mis en évidence que lorsque l’on cherche à savoir de quoi une personne est infectée, il ne s’agit pas toujours de grippe, et il faut disposer de techniques de diagnostic pour différencier l’agent infectieux responsable », souligne le docteur Nistal.
Une tendance notable observée durant l’hiver précédent est l’augmentation des cas de grippe chez les enfants, particulièrement chez les moins de 5 ans. Cette situation a conduit à l’introduction du vaccin contre la grippe dans le calendrier vaccinal pédiatrique pour les enfants âgés de 6 mois à 5 ans.
La grippe cette saison : prévisions et précautions
Les prévisions indiquent une circulation grippale modérée, similaire aux années antérieures, avec une augmentation significative des cas entre fin décembre et février. Ces derniers jours, une hausse notable des infections respiratoires aiguës (IRA) est constatée en soins primaires, annonçant le début de la période épidémique des virus respiratoires.
Concernant la composition des vaccins, les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’appuient sur l’analyse des souches circulant dans l’hémisphère sud. « La recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé reste des vaccins contenant des composants mis à jour face à ces trois virus – A(H1N1)pdm09, A(H3N2) et B/Victoria ».
La vaccine antigrippale devrait offrir une efficacité estimée entre 40 % et 60 % dans la prévention des infections. Le docteur Nistal précise l’importance de cette mesure : « Il est très important, peut-être le plus important, de définir ce que l’on entend par efficacité. Si elle peut prévenir entre 40 % et 60 % des infections, la vaccination réduit néanmoins de 3 à 10 fois la possibilité de complications, d’hospitalisations et de décès chez les personnes les plus à risque ».
Cette protection indirecte est cruciale, même si la vaccine ne garantit pas une immunité totale contre l’infection. « On peut s’infecter même si l’on est vacciné, mais le risque de finir à l’hôpital ou pire est considérablement réduit ».
Qui devrait se faire vacciner prioritairement ?
La vaccination est particulièrement recommandée pour les personnes les plus vulnérables aux infections respiratoires graves, ainsi que pour celles susceptibles de transmettre le virus à ces populations fragiles. Cela inclut les enfants de moins de cinq ans et, de manière alarmante, les personnes âgées de plus de 70 ans et celles souffrant de comorbidités, qui concentrent un nombre élevé d’hospitalisations et de décès.
Le docteur Nistal souligne un paradoxe : « Nous sommes plus conscients du risque au volant que du risque associé à ces infections, qui tuent plus de personnes que les accidents de la route ».
Les groupes prioritaires pour la vaccination antigrippale incluent :
- Les personnes de 60 ans et plus, en particulier celles résidant en établissement, en centre de soins ou atteintes de pathologies chroniques.
- Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, pulmonaires, métaboliques, d’immunodépression, d’obésité morbide ou d’insuffisance rénale.
- Les femmes enceintes.
- Les enfants âgés de six mois à cinq ans.
Il est également essentiel de vacciner le personnel en contact avec des personnes vulnérables, afin de limiter la transmission des virus respiratoires. Cela concerne le personnel sanitaire et sociosanitaire, ainsi que les personnes vivant avec des individus à haut risque, notamment les immunodéprimés. Cette stratégie vise à « réduire la charge sur les hôpitaux et les centres de santé, prévenir les complications graves et renforcer la protection communautaire contre la grippe saisonnière ».
Il est utile de pouvoir distinguer les symptômes des différentes infections respiratoires. La grippe se manifeste généralement de manière soudaine par une fièvre élevée, des douleurs musculaires intenses et un malaise général. Le rhume commun, quant à lui, évolue plus progressivement avec des symptômes plus légers comme la congestion nasale, les éternuements et la toux, sans fièvre significative. La COVID-19 partage certains symptômes avec la grippe, mais peut se distinguer par une perte d’odorat et de goût, ainsi que des troubles digestifs chez certains patients, et une toux sèche. Le VRS, quant à lui, provoque souvent une toux persistante, des difficultés respiratoires, des sifflements et une fièvre moins élevée. Chez les nourrissons, il peut entraîner une bronchiolite grave. Chez les adultes âgés, il peut se manifester par des symptômes similaires à la grippe, mais moins intenses et plus prolongés dans le temps.
Symptômes atypiques à surveiller
Certains cas de grippe peuvent présenter des symptômes atypiques tels que des troubles digestifs légers, des maux de tête persistants et une fatigue prolongée. Ces symptômes peuvent prêter à confusion avec la COVID-19 ou des infections mixtes avec le VRS ou le norovirus, comme cela a pu être observé après les fêtes de fin d’année, où les infections se succédaient.
Mesures d’hygiène et de prévention
Les gestes d’hygiène et de prévention restent la pierre angulaire de la lutte contre la transmission des virus respiratoires. Le lavage fréquent des mains avec de l’eau et du savon, ou l’utilisation de solutions hydroalcooliques, est particulièrement recommandé après avoir toussé, éternué ou touché des surfaces partagées.
La ventilation régulière des espaces clos, qu’il s’agisse de domiciles, de lieux de travail ou d’établissements scolaires, contribue à réduire la concentration de particules virales dans l’air. Le port du masque est conseillé dans les environnements de soins, les établissements médico-sociaux, ou en présence de symptômes respiratoires, afin de protéger les personnes vulnérables.
Il est également recommandé d’éviter les contacts rapprochés avec les personnes âgées ou immunodéprimées en cas de symptômes. Pour les patients ne présentant pas de facteurs de risque ni de complications, des traitements symptomatiques peuvent être utilisés pour soulager la fièvre, la congestion nasale, les maux de tête et le malaise général. « Bien qu’ils ne combattent pas directement le virus, ils réduisent le nombre d’éternuements ou de toux, ce qui peut diminuer la quantité de virus que nous disséminons », conclut le docteur Nistal.