Publié le 14 octobre 2025 09:00:00. Des chercheurs brésiliens ont mis au point une méthode novatrice pour détecter le cancer : l’analyse du cérumen. Cette substance, longtemps considérée comme une simple protection auditive, pourrait révéler des signes précoces de la maladie.
- Une nouvelle étude révèle que le cérumen contient des métabolites indiquant des changements cellulaires, potentiellement liés au cancer.
- Le « céruménogramme », un test développé localement, utilise la spectrométrie de masse pour identifier ces marqueurs.
- Ce test promet d’améliorer le diagnostic, le suivi des traitements et la différenciation entre tumeurs bénignes et malignes.
Face à l’augmentation des cas de cancer au Brésil et dans le monde, la communauté scientifique explore de nouvelles pistes diagnostiques. Une étude récente, menée conjointement par l’Université Fédérale de Goiás (UFG) et l’Hôpital Amaral Carvalho, suggère que le cérumen pourrait jouer un rôle clé dans cette démarche. Publiée dans la revue Scientific Reports, cette recherche met en lumière le potentiel du cérumen comme indicateur de la présence de cellules cancéreuses ou précancéreuses dans le corps.
Le cérumen, une sécrétion naturelle des glandes sébacées et cérumineuses de l’oreille, est traditionnellement connu pour ses propriétés lubrifiantes, protectrices, antifongiques et bactéricides. Il forme une barrière contre la poussière et les micro-organismes. Cependant, les scientifiques ont découvert que cette substance pouvait également contenir des métabolites, résultats de réactions chimiques anormales au sein de l’organisme. Des maladies telles que le Parkinson, le diabète, et bien sûr le cancer, sont associées à des troubles métaboliques et pourraient ainsi laisser une empreinte détectable dans le cérumen.

Pour concrétiser cette approche, les chercheurs ont développé une technologie appelée « céruménogramme ». Cette méthode s’appuie sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, une technique capable de décomposer la composition du cérumen et d’identifier précisément les types de métabolites présents ainsi que leurs quantités. Ce test permet ainsi de suivre ces composants et de détecter d’éventuels signes de cancer, mais il pourrait aussi servir à évaluer l’efficacité d’un traitement chez les patients déjà diagnostiqués.
De plus, le céruménogramme pourrait se révéler précieux pour distinguer les tumeurs bénignes des tumeurs malignes, ainsi que pour identifier les états précancéreux où des altérations cellulaires prédisposant à la maladie sont déjà présentes. Pour valider cette méthode, une étude a inclus 531 patients atteints de cancer de l’Hôpital Amaral Carvalho et 203 personnes sans antécédent de la maladie. Des échantillons de cérumen ont été prélevés dans les deux groupes.

Chez les patients atteints de cancer, le céruménogramme a non seulement confirmé les diagnostics existants, mais a également fourni des indications sur le stade de la maladie. Chez le groupe de personnes non atteintes de cancer, une découverte notable a été faite : sur 203 participants, deux présentaient des signes d’inflammation hypermétabolique (l’une au niveau du côlon, l’autre au niveau des muscles zygomatiques), et un troisième a vu un ancien cancer récidiver, détecté uniquement grâce à ce test alors que d’autres examens n’avaient rien révélé. Ce dernier patient a été suivi en radiothérapie pendant neuf mois, et un céruménogramme ultérieur a confirmé la rémission.
« En plus d’analyser l’avenir des patients en rémission, nous avons l’intention de collecter des informations qui pourraient être très utiles pour détecter le type de cancer grâce au cérumen. Il s’agit d’un pas important et considérable pour l’oncologie », a déclaré dans un communiqué Patrícia Beato, oncologue à l’Hôpital Amaral Carvalho et responsable de l’étude.
Bien que le céruménogramme soit encore considéré comme expérimental, ses résultats préliminaires sont prometteurs. Il pourrait à terme devenir un outil précieux pour le dépistage et le suivi du cancer, offrant une approche non invasive et potentiellement plus accessible.