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Comment le système irlandais d’impôt sur le revenu frappe les revenus moyens – The Irish Times

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Publié le 23 octobre 2025. Un récent classement de la compétitivité fiscale internationale a placé l’Irlande à la 31e position sur 38 pays, principalement en raison de son système d’impôt sur le revenu, soulevant des questions sur l’équilibre entre équité et attractivité économique dans le contexte budgétaire actuel.

  • Le système fiscal irlandais est jugé particulièrement progressiste dans la réduction des inégalités de revenus, mais il repose fortement sur l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, contrairement à la moyenne internationale.
  • Environ 30% des salariés ne paient ni impôt sur le revenu ni charge sociale universelle (USC), un allègement compensé par des prélèvements plus élevés sur les revenus moyens et élevés.
  • Malgré un taux d’imposition marginal élevé qui s’applique relativement tôt dans l’échelle des revenus, l’Irlande est critiquée pour sa compétitivité fiscale globale, bien que son système d’impôt sur les sociétés soit bien classé.

Les classements économiques, bien que sujets à interprétation, peuvent offrir des perspectives éclairantes. La Tax Foundation, un groupe de réflexion américain, a récemment positionné l’Irlande loin derrière en matière de compétitivité fiscale (31e sur 38). La principale raison invoquée est le système d’impôt sur le revenu irlandais. L’analyse de la fondation, orientée vers des systèmes fiscaux simples et peu élevés, met en lumière certains compromis du modèle irlandais, particulièrement pertinent alors que la pression fiscale globale sur l’économie tend à augmenter.

Le débat sur les systèmes fiscaux remonte souvent aux principes d’Adam Smith : équité, certitude, efficacité et commodité. Le système irlandais est globalement reconnu pour son équité, en ce sens qu’il prélève davantage sur les revenus les plus élevés, financant ainsi des prestations sociales. Des données du ministère des Finances, s’appuyant sur celles de l’OCDE, indiquent que le système fiscal et social irlandais est le plus efficace parmi les économies avancées pour réduire les inégalités de revenus, bien que ces dernières soient intrinsèquement élevées avant redistribution.

La structure progressive de l’impôt sur le revenu, où le taux marginal le plus élevé s’applique à des revenus relativement bas par rapport à d’autres pays de l’UE, est une caractéristique notable. Par exemple, le taux de 40 % est atteint rapidement. Cette approche, combinée à une charge fiscale sur les plus-values relativement élevée (33 %) et à une fiscalité spécifique sur les dividendes, contribue au classement moins favorable de l’Irlande en matière de compétitivité fiscale. À l’inverse, son taux d’impôt sur les sociétés, relativement bas, le place en cinquième position sur 38 pays.

Le système de TVA, avec un taux de 23 %, est également pointé du doigt pour son taux élevé, malgré une assiette d’application restreinte et de nombreuses exclusions.

Cette analyse éclaire les récentes décisions budgétaires. Pour le Budget 2026, le gouvernement a privilégié des réductions de TVA dans l’hôtellerie et la construction de logements neufs, ainsi que d’autres mesures mineures, tout en laissant les tranches d’imposition sur le revenu et les crédits d’impôt inchangés. Or, avec l’inflation des salaires, le maintien de cette non-indexation signifie que le taux d’imposition le plus élevé s’appliquera à une part croissante des revenus. Le ministre des Finances a promis des ajustements dans les budgets futurs, mais des analyses, notamment de la Banque centrale, suggèrent que la tendance à l’élargissement de la base d’imposition est déjà bien engagée.

L’augmentation globale de la charge fiscale sur l’économie irlandaise pour l’année à venir est une réalité, malgré les annonces de réductions ponctuelles. Le calcul est complexe, notamment en raison du renouvellement de mesures arrivant à expiration et de l’impact de l’inflation sur les recettes fiscales. Des acteurs économiques comme l’IBEC soulignent que le « paquet fiscal » net est restrictif, voire négatif, une fois les reconductions de mesures existantes et les effets de la non-indexation pris en compte. Parallèlement, des contributions sociales supplémentaires et des décisions fiscales augmenteront le fardeau pour 2026.

Les projections du ministère des Finances indiquent également des recettes supplémentaires provenant d’une hausse de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. En somme, la présentation budgétaire peut prêter à confusion : la pression fiscale globale devrait augmenter, avec des implications pour la compétitivité du pays.

À plus long terme, le gouvernement devra faire face à des contraintes budgétaires croissantes. Les dépenses liées au vieillissement de la population, à la lutte contre le changement climatique et à la construction d’infrastructures majeures pèseront sur les finances publiques. Il est peu probable que l’impôt sur le revenu soit une source suffisante de financement, étant donné que la majorité de ces impôts est déjà supportée par une minorité de hauts revenus. L’augmentation des impôts ailleurs est politiquement complexe. Le manque de visibilité sur les plans de dépenses du gouvernement pour son mandat laisse ouverte la question fondamentale de leur financement.

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