Home Santé Comment l’urine peut donner des indices sur la maladie

Comment l’urine peut donner des indices sur la maladie

0 comments 66 views

Publié le 2025-10-11 13:39:00. Une découverte prometteuse pourrait révolutionner le diagnostic précoce de la démence : des chercheurs suédois et néerlandais ont identifié un marqueur urinaire, la protéine albumine, dont le taux élevé pourrait signaler un risque accru de troubles cognitifs futurs. Cette avancée, publiée dans le Journal de médecine interne, ouvre la voie à des dépistages simples et non invasifs.

  • La présence accrue d’albumine dans les urines, signe d’une atteinte rénale, pourrait indiquer une fragilité des vaisseaux sanguins cérébraux.
  • Une étude sur plus de 133 000 personnes âgées a révélé que des niveaux élevés d’albumine urinaire augmentaient significativement le risque de développer une démence.
  • Cette découverte pourrait permettre de mettre en place des stratégies de prévention et de retarder, voire d’empêcher, l’apparition de la maladie.

Les reins, miroirs du cerveau ?

L’albumine, protéine abondante dans le sang, est normalement entièrement retenue par des reins sains. Son apparition dans l’urine, condition appelée « albuminurie », témoigne d’une détérioration des filtres rénaux. Ce qui peut sembler être une affaire purement rénale aurait en réalité des répercussions directes sur le cerveau.

Le Dr Hong Xu, néphrologue à l’Institut Karolinska de Stockholm, explique cette connexion : « À première vue, les reins et le cerveau semblent avoir peu de choses en commun, mais tous deux s’appuient sur un réseau finement ramifié de petits vaisseaux sanguins. Si les vaisseaux des reins sont endommagés, la même chose se produit souvent dans le cerveau. »

Une étude à grande échelle confirme le lien

Pour étayer cette hypothèse, les chercheurs ont analysé les données de santé de près de 133 000 personnes âgées de 65 ans et plus, sans diagnostic de démence au départ. Après une période de suivi d’environ quatre ans, 7 % des participants ont développé une forme de démence.

Les résultats sont sans appel : les personnes présentant des niveaux modérés d’albumine dans les urines (entre 30 et 299 mg/g) avaient un risque de démence supérieur de 25 %. Ce risque atteignait même 37 % pour celles dont les niveaux étaient élevés (à partir de 300 mg/g).

Ce lien s’est révélé particulièrement marqué pour la démence vasculaire, forme de la maladie causée par des troubles de la circulation sanguine. Il persistait même après avoir pris en compte d’autres facteurs de risque cardiovasculaire comme l’hypertension artérielle, le diabète ou l’insuffisance rénale.

La barrière hémato-encéphalique en première ligne

Les scientifiques avancent que la barrière hémato-encéphalique, une sorte de protection sélective du cerveau, pourrait être le mécanisme clé. Une altération de cette barrière, due à des dommages vasculaires, pourrait permettre à des molécules pro-inflammatoires ou à des dépôts protéiques de pénétrer dans le cerveau. À terme, cela favoriserait l’inflammation et les modifications vasculaires associées au développement de la démence.

Un espoir pour la prévention

Ces conclusions font écho à des recherches antérieures menées en Norvège et aux États-Unis. Elles suggèrent qu’un dépistage urinaire régulier de l’albumine pourrait devenir un outil précieux pour identifier précocement les individus à risque de développer une démence.

« La détection précoce de l’albuminurie pourrait retarder, voire empêcher l’apparition de la démence », souligne le Dr Xu. Dans un contexte où il n’existe pas encore de traitement curatif, les efforts de recherche se concentrent massivement sur la prévention et la réduction des facteurs de risque.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.