Home Santé Commentaire : la meilleure défense de Singapour contre le virus Nipah n’est pas le contrôle de la température à l’aéroport

Commentaire : la meilleure défense de Singapour contre le virus Nipah n’est pas le contrôle de la température à l’aéroport

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Publié le 27 février 2026 00:34:00. Face à la menace persistante du virus Nipah, un expert singapourien plaide pour une coopération internationale renforcée afin de mieux prévenir et gérer les épidémies de ce pathogène émergent.

La lutte contre le virus Nipah exige une approche collective et proactive, notamment en soutenant financièrement et techniquement les pays où le virus est endémique. C’est la conviction du professeur Hsu Li Yang, directeur du Centre asiatique pour la sécurité sanitaire à la Saw Swee Hock School of Public Health de l’Université nationale de Singapour.

Selon le professeur Hsu, la véritable défense contre le virus Nipah commence par le renforcement des systèmes de surveillance dans les pays où il est présent. Ces systèmes, gourmands en ressources, sont essentiels pour la détection précoce et l’endiguement des épidémies. Il souligne que les nations qui détectent et signalent de manière transparente les épidémies, conformément au Règlement sanitaire international de l’OMS, doivent être soutenues et non pénalisées, en particulier lorsque des mesures restrictives aux frontières se révèlent inefficaces.

Singapour, grâce à son système de surveillance robuste, à ses pratiques rigoureuses de contrôle des infections dans les établissements de santé et à la création récente de l’Agence des maladies transmissibles et du plan directeur One Health, se trouve dans une position favorable pour faire face à cette menace. Le pays peut également contribuer en partageant des informations en temps opportun, en offrant une assistance technique et en participant à la recherche sur les traitements antiviraux et les vaccins.

Le virus Nipah, identifié pour la première fois en 1998 lors d’une épidémie chez des éleveurs de porcs en Malaisie, a depuis causé des flambées récurrentes en Asie du Sud et du Sud-Est, notamment au Bangladesh et en Inde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de létalité associé à ce virus est estimé entre 40 % et 75 %. Les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae sont considérées comme les hôtes naturels du virus, qui se transmet généralement des chauves-souris et d’autres animaux infectés à l’être humain, mais peut également se propager directement d’une personne à l’autre.

Actuellement, il n’existe aucun traitement ni vaccin spécifique contre le virus Nipah, mais plusieurs candidats sont en cours de développement. Des soins de soutien intensifs précoces peuvent néanmoins améliorer les chances de survie.

« La meilleure façon de se prémunir contre le virus Nipah, ou d’autres agents pathogènes mortels rares, est de faire partie d’une réponse collective régionale et mondiale en matière de sécurité sanitaire. »

Professeur Hsu Li Yang, directeur du Centre asiatique pour la sécurité sanitaire à la Saw Swee Hock School of Public Health de l’Université nationale de Singapour

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