Publié le 25 février 2026 16:37:00. Face à une conjoncture mondiale marquée par les tensions géopolitiques et les crises climatiques, le Japon et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) renforcent leur partenariat pour aider les pays en développement africains à bâtir une économie plus résiliente et diversifiée.
Trois nouvelles initiatives, approuvées pour une mise en œuvre en 2026, visent à consolider la gouvernance économique, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la diversification des économies africaines. L’annonce a été faite à Genève par Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la CNUCED, et Atsuyuki Oike, Ambassadeur du Japon.
Ces projets interviennent à un moment critique pour les économies en développement, confrontées à une instabilité persistante du transport maritime – notamment en mer Rouge – et à la volatilité des prix des matières premières. Ils répondent directement à ces défis structurels et s’inscrivent dans une volonté commune de permettre aux pays de tirer davantage de valeur de leurs ressources naturelles.
Valoriser les minéraux critiques pour une transformation économique
Une première initiative accompagnera un pays en développement dans la transformation de ses minéraux essentiels à la transition énergétique en un moteur de croissance économique plus large. S’appuyant sur des travaux analytiques antérieurs soutenus par le Japon, la CNUCED évaluera les opportunités de création de valeur et de diversification au sein de la chaîne d’approvisionnement de ces minéraux, renforcera les politiques publiques et encouragera un développement industriel global.
L’objectif est de permettre aux pays riches en ressources de choisir entre rester de simples exportateurs de matières premières ou de monter en gamme dans la chaîne de valeur, en créant des emplois, en modernisant les technologies et en favorisant une croissance plus durable.
Une logistique optimisée pour la sécurité alimentaire
Une seconde initiative s’attachera à améliorer la résilience des systèmes logistiques et maritimes, en particulier en Afrique subsaharienne, afin de garantir la sécurité alimentaire. Les récentes perturbations des routes maritimes et les événements climatiques extrêmes ont mis en évidence la fragilité des pays fortement dépendants des importations alimentaires.
La CNUCED développera un outil de simulation sur mesure, intégrant les données mondiales sur le transport maritime aux réseaux de transport nationaux et locaux. Cet outil permettra aux décideurs politiques de modéliser différents scénarios de crise, d’identifier les points de blocage et d’évaluer l’efficacité de différentes mesures – de l’amélioration des infrastructures rurales à la diversification des sources d’approvisionnement.
Renforcer la protection des consommateurs pour une confiance accrue
Enfin, une troisième initiative vise à renforcer les systèmes de sécurité des produits de consommation dans un pays en développement sélectionné, grâce à un soutien réglementaire, au renforcement des capacités institutionnelles et à un dialogue constructif entre les acteurs concernés. Dans un contexte de normes fragmentées et de complexité réglementaire croissante, des systèmes efficaces de protection des consommateurs sont essentiels pour instaurer la confiance sur les marchés et faciliter l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Le Japon entretient une longue tradition de coopération avec la CNUCED pour promouvoir un développement durable et inclusif. L’Ambassadeur Oike a souligné que son pays entend poursuivre ses efforts en collaboration avec la CNUCED, afin d’améliorer les conditions de vie des populations des pays en développement.
« Le Japon espère continuer à proposer des projets significatifs en coopération avec la CNUCED, au bénéfice des populations des pays en développement. »
Atsuyuki Oike, Ambassadeur du Japon
Alors que les chaînes d’approvisionnement sont en pleine reconfiguration et que l’incertitude devient la norme, ce partenariat entre le Japon et la CNUCED ambitionne non seulement d’atténuer les risques, mais aussi d’aider les économies en développement à saisir les opportunités d’un monde en mutation.