Publié le 22 février 2026 à 09h57. La participation aux élections internes de Coop, le géant de la distribution, est extrêmement faible, soulevant des questions sur la réelle démocratie au sein de l’entreprise et l’influence des membres sur les décisions.
- Moins de 2 % des membres de la plus grande équipe Coop du pays votent aux élections internes.
- Des experts estiment que ce faible taux de participation contredit le message marketing de Coop, qui met en avant la propriété de l’entreprise par ses membres.
- Coop se défend en affirmant que la démocratie membre est au cœur de son modèle et que les critiques sont infondées.
Selon des informations obtenues par Nettavisen, le taux de participation aux élections des équipes Coop à travers le pays est alarmant. Seulement 1,7 % des membres de certaines des plus grandes équipes ont participé aux dernières élections en 2024. Ce chiffre soulève des interrogations sur la représentativité des instances décisionnelles et l’engagement réel des membres dans la vie de leur coopérative.
Karl Fredrik Tangen, expert en marketing et maître de conférences au Kristiania University College, estime que cette faible participation est problématique.
« Cela mine complètement le modèle. La participation est le fondement de la démocratie. »
Karl Fredrik Tangen, expert en marketing et maître de conférences au Kristiania University College
Il souligne que cette situation est d’autant plus paradoxale que Coop utilise la démocratie de ses membres comme argument de vente.
« La publicité racontant l’histoire de l’Américain qui veut racheter Coop joue précisément sur le fait que les clients sont les propriétaires. Cela met l’accent sur la démocratie au sein de Coop. »
Karl Fredrik Tangen, expert en marketing et maître de conférences au Kristiania University College
Alexander Schjøll, chercheur en alimentation au SIFO, partage cette inquiétude. Il met en garde contre le risque que les décisions prises ne reflètent pas les intérêts des membres.
« Ils ne peuvent pas s’en contenter. Parce que cela n’a rien à voir avec leur slogan « petit vôtre ». Ils aiment dire que les bénéfices ne vont pas aux familles riches, mais aux membres – c’est-à-dire vous et moi. »
Alexander Schjøll, chercheur en alimentation au SIFO
Coop, organisée en 57 coopératives à travers le pays, rejette ces critiques. Harald Kristiansen, directeur de la communication de Coop, défend le modèle de gouvernance de l’entreprise.
« C’est un boom à disque brut de Tangen et Schjøll. La démocratie chez Coop n’est pas un stratagème marketing. Quand on dit que « Coop est un peu à vous », c’est parce que les membres sont réellement propriétaires de l’entreprise. »
Harald Kristiansen, directeur de la communication de Coop
Il insiste sur l’importance des assemblées annuelles, des conseils régionaux et des élections au conseil d’administration.
Nettavisen a tenté d’obtenir le taux de participation de toutes les équipes Coop, mais seule Coop Midt-Norge n’a pas répondu à la demande. Cette équipe est dirigée par Torbjørn Skei, le directeur de Coop le mieux payé du pays, avec un salaire d’environ 12,3 millions de couronnes norvégiennes (environ 1 100 000 euros au taux de change actuel). M. Skei n’a pas répondu aux sollicitations de Nettavisen.
Les experts soulignent que le faible taux de participation pourrait indiquer que le pouvoir au sein de Coop est concentré entre les mains des administrateurs, au détriment des membres. Karl Fredrik Tangen compare cette situation à une situation où « la chèvre entre dans le sac d’avoine », c’est-à-dire où les intérêts de la direction priment sur ceux des propriétaires. Il remet également en question l’efficacité du modèle Coop par rapport à ses concurrents, estimant qu’il pourrait être plus performant en matière de prix.
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