Home Accueil Crise politique au Pérou : le Congrès approuve une motion de vacance contre Boluarte et la démet de ses fonctions

Crise politique au Pérou : le Congrès approuve une motion de vacance contre Boluarte et la démet de ses fonctions

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Publié le 10 octobre 2025. Le Congrès péruvien a destitué jeudi soir la présidente Dina Boluarte pour « incapacité morale permanente », invoquant son impuissance face à la criminalité galopante. Le président du Congrès, José Jerí Oré, assure l’intérim.

  • La motion de vacance a été approuvée à une large majorité (122 voix), suite à l’absence de la présidente ou de son représentant lors de la séance extraordinaire.
  • Cette destitution intervient six mois avant les élections générales prévues au Pérou.
  • Elle survient dans un contexte de grave crise sécuritaire, marquée notamment par une fusillade lors d’un concert à Lima.

La séance plénière du Congrès de la République s’est conclue jeudi soir par l’approbation d’une motion de vacance contre la présidente Dina Boluarte. La raison invoquée est son incapacité à endiguer la vague de criminalité qui frappe le pays. La décision intervient après une première session durant laquelle quatre motions favorables avaient été votées, prélude à une discussion visant à rendre la sanction effective rapidement. La présidente avait été convoquée devant le parlement pour présenter sa défense, mais c’est son avocat qui s’est présenté pour annoncer son absence.

Le débat et le vote sur la destitution se sont déroulés tard dans la soirée, la présidence du Congrès ayant proposé qu’ils aient lieu à 23h30, heure locale (1h30, heure du Chili). La ratification de « l’incapacité morale permanente » de Dina Boluarte a été prononcée par 122 voix. Peu après minuit, la désormais ancienne présidente s’est adressée à la nation dans un message affaibli, affirmant avoir toujours appelé à l’unité et au travail pour le pays.

En conséquence, José Jerí Oré, président du Congrès, a assumé la présidence par intérim dès 1h du matin (heure locale) ce vendredi. Il devient ainsi le septième président du Pérou en neuf ans.

Les motions de destitution avaient été initiées par les groupes parlementaires Renouveau Populaire, Bloc Démocratique, Banque Socialiste, Ensemble pour le Pérou-VP-BM et Podemos Pérou. Elles ont ensuite reçu le soutien de plusieurs autres formations comme Fuerza Popular (FP) et Alianza Para el Progreso (APP). La séance plénière avait débuté à 21 heures (heure locale, 23 heures au Chili) avec pour objectif d’atteindre les 52 voix minimum requises pour le limogeage, bien qu’une procédure accélérée exigeait 104 voix pour une sanction effective.

Cette crise politique survient dans un climat tendu, le Pérou étant déjà plongé dans une crise nationale due à une criminalité élevée. Cette insécurité s’est dramatiquement illustrée récemment par une fusillade au milieu d’un concert à Lima, où quatre membres du groupe de cumbia Agua Marina ont été blessés par balle sur scène. Le ministère de l’Intérieur a fermement condamné ces actes, et l’enquête devra déterminer les motivations de l’attaque. Tous les indices pointent vers un règlement de comptes lié aux gangs criminels spécialisés dans l’extorsion, dont la prolifération préoccupe au Pérou ces dernières années.

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