Publié le 2025-10-10 19:21:00. Le célèbre investisseur Ray Dalio tire la sonnette d’alarme quant à la trajectoire de la dette américaine et aux profondes divisions politiques qui, selon lui, créent un climat d’instabilité financière et sociétale.
- La dette nationale des États-Unis a dépassé les 37 800 milliards de dollars.
- Cette accumulation de dettes est comparée à une pathologie artérielle qui pourrait freiner l’économie.
- Le pays est également confronté à de multiples « guerres » internes et externes qui exacerbent les tensions.
Dans une récente interview accordée à Bloomberg TV, le fondateur de Bridgewater Associates, Ray Dalio, a souligné une dynamique préoccupante concernant la dette du gouvernement américain. Il la compare à une période similaire à celle qui a précédé la Seconde Guerre mondiale, estimant que la croissance exponentielle de la dette et de son service « évince les dépenses » de manière préjudiciable à l’économie. « Les dettes des uns sont les biens des autres », a-t-il rappelé, suggérant que si ces actifs ne rapportent pas un rendement réel satisfaisant, les détenteurs chercheront à s’en défaire.
Les chiffres officiels confirment les inquiétudes de l’investisseur. Selon les données du Département du Trésor américain, la dette nationale brute s’élevait à plus de 37 800 milliards de dollars le 8 octobre 2025. La dette publique, représentant ce que le gouvernement fédéral emprunte à des entités externes comme les entreprises et les banques, dépasse les 30 000 milliards de dollars, approchant ainsi le produit intérieur brut (PIB) du pays. Le Bureau du budget du Congrès (Congressional Budget Office – CBO) anticipe une envolée de cette dette, qui pourrait franchir la barre des 52 000 milliards de dollars d’ici la fin de l’exercice fiscal 2035. Un rapport du Government Accountability Office (GAO), organisme de surveillance indépendant, alerte quant à lui sur le caractère « non viable à long terme » de cette trajectoire, la croissance de la dette fédérale excédant celle de l’économie américaine.
Le GAO met également en garde contre les conséquences potentielles de cette dette croissante : une augmentation des coûts d’emprunt, une hausse des prix des biens et services, et une possible stagnation des salaires, affectant ainsi directement le portefeuille des Américains.
Au-delà des considérations purement financières, Ray Dalio a également exprimé sa vive préoccupation face à la polarisation politique aux États-Unis. Il évoque une situation où le pays serait engagé dans de multiples « guerres » : financière, technologique, géopolitique et militaire. « Nous sommes confrontés à une sorte de guerre civile, qui se développe aux États-Unis et ailleurs où il existe des différences irréconciliables », a-t-il constaté. Bien qu’il reconnaisse la possibilité d’un dépassement de ces divisions, il se montre sceptique quant à sa réalisation, se qualifiant de personne pragmatique plutôt qu’idéaliste.