Home Santé Danger pour des centaines de milliers de femmes enceintes et d’enfants à naître

Danger pour des centaines de milliers de femmes enceintes et d’enfants à naître

0 comments 65 views

Publié le 2025-10-14 16:47:00. Des chercheurs internationaux se penchent sur les conséquences insidieuses du paludisme chez les femmes enceintes. Cette maladie, souvent silencieuse, menace le bon développement du fœtus et la santé de la mère, d’où la nécessité d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques.

  • Une équipe de recherche internationale, dirigée par le Centre Max Delbrück de Berlin, vise à cartographier les mécanismes moléculaires du placenta infecté par le parasite du paludisme.
  • L’objectif est de mieux comprendre l’impact du pathogène sur le placenta afin de développer de nouvelles thérapies pour prévenir les complications chez la mère et l’enfant.
  • Les résultats de cette recherche, financée par le Wellcome Trust, devraient aboutir à la création d’un centre de recherche dédié au Kenya.

Les vacances idylliques sous les tropiques peuvent laisser des souvenirs inattendus. Le paludisme, contracté lors d’un séjour en zone d’endémie, peut rester indétectable pendant longtemps. Particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et leur enfant à naître, ce parasite cause des ravages dont les effets précis sur le placenta sont encore mal connus. Face à ce manque de données, une équipe de recherche internationale se mobilise.

Sous la houlette d’Emanuel Wyler, du Centre Max Delbrück de Berlin, ce consortium scientifique ambitionne de décortiquer le fonctionnement de l’organe maternel infecté. L’idée est de dresser un « atlas des voies de signalisation » qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. Pour ce faire, les chercheurs se concentreront dans un premier temps sur l’étude de cellules placentaires individuelles. Les questions fondamentales sur l’activité des gènes au sein du placenta, leurs interactions et la communication avec les cellules immunitaires, ainsi que l’analyse du sang maternel et du cordon ombilical, restent à élucider.

Emanuel Wyler souligne que, bien que de nombreuses femmes en Afrique subsaharienne soient immunisées contre le paludisme, le parasite peut néanmoins s’installer dans le placenta. « Cela peut déclencher toute une chaîne de processus – notamment des troubles circulatoires, une inflammation ou un apport réduit en nutriments – qui affectent tous le fonctionnement du placenta », explique-t-il dans un communiqué.

Les conséquences pour le fœtus sont graves : risque accru de naissances prématurées, de faible poids à la naissance, voire de mortinatalité. Le problème majeur réside dans l’absence de symptômes et la difficulté de détection par les tests sanguins classiques. Seul un examen du placenta post-accouchement peut confirmer l’infection, mais il est alors trop tard pour agir préventivement.

Centre de recherche au Kenya

Ce projet s’inscrit dans une initiative internationale plus large, financée à hauteur de 2,3 millions d’euros par le « Discovery Award » du British Wellcome Trust. Des équipes du Royaume-Uni et du Kenya participent activement à cette étude des interactions hôte-parasite dans le tissu placentaire. L’objectif à terme est la création d’un « Placenta Research Center » au Kenya.

Le paludisme, causé par le parasite Plasmodium falciparum transmis par les moustiques, affecte massivement les globules rouges, entraînant leur destruction. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que cette maladie fauche chaque année 10 000 mères et provoque 200 000 mortinaissances, tandis qu’un demi-million de nouveau-nés viennent au monde avec un poids insuffisant. Malgré ces chiffres alarmants, les mécanismes exacts de l’action du parasite sur l’enfant à naître demeurent largement méconnus.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.