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Dans quelle mesure le travail rapproché pourrait favoriser la myopie

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La myopie, une affection visuelle de plus en plus répandue à travers le monde, pourrait être liée non pas tant à l’utilisation des écrans qu’à un éclairage insuffisant combiné à une concentration prolongée sur des objets proches. Une nouvelle étude met en lumière des mécanismes neurologiques qui pourraient expliquer cette progression rapide, notamment chez les jeunes.

  • La myopie touche environ un tiers de la population allemande et jusqu’à 90 % des jeunes adultes dans certaines régions d’Asie de l’Est.
  • Des chercheurs ont découvert que la contraction excessive de la pupille en faible luminosité, lors d’un travail de près, pourrait déséquilibrer l’activation des voies visuelles et favoriser le développement de la myopie.
  • Un bon éclairage et des pauses régulières pour regarder au loin pourraient aider à prévenir cette affection.

La myopie, ou courte vue, se caractérise par une difficulté à voir clairement les objets éloignés. Si les facteurs génétiques jouent un rôle, l’augmentation spectaculaire de son incidence ces dernières générations interroge. Alors que le temps passé devant les écrans est souvent pointé du doigt, les raisons précises de cette épidémie visuelle restent floues. « La myopie a atteint des proportions quasi épidémiques dans le monde entier, mais nous ne comprenons toujours pas vraiment pourquoi », explique Jose-Manuel Alonso, auteur principal de l’étude et professeur à l’Université d’État de New York.

Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, l’équipe d’Alonso, en collaboration avec Urusha Maharjan et ses collègues, a mené une expérience sur 21 personnes myopes et 13 personnes non myopes. Les participants ont été invités à fixer un petit carré, dont la netteté était modulée par un objectif réglable électriquement. L’objectif était de mesurer comment l’œil s’adapte à cet effort de mise au point, un processus appelé accommodation, qui implique le renforcement des muscles oculaires, la contraction de la pupille et le rapprochement des yeux.

Pendant que les sujets se concentraient sur les carrés, les chercheurs ont analysé les changements de taille de la pupille, la position des yeux et l’activité des différentes voies visuelles. La rétine contient des cellules nerveuses sensibles à la lumière (voies ON) et à l’obscurité (voies OFF), qui traitent les contrastes de luminosité et transmettent l’information au cerveau.

Les résultats ont révélé que plus l’effort de mise au point était important, plus les pupilles se contractaient et plus les yeux se rapprochaient, quel que soit le niveau d’éclairage. En faible luminosité, cette contraction pupillaire entraînait une diminution de la quantité de lumière atteignant la rétine. Chez les personnes myopes, cet effet était amplifié : leurs pupilles se contractaient davantage et les voies OFF, sensibles à l’obscurité, étaient plus dominantes que les voies ON.

Selon l’étude, ce déséquilibre dans l’activation des voies nerveuses pourrait favoriser des modifications structurelles de l’œil, notamment une croissance excessive du globe oculaire, qui est la cause physiologique de la myopie. « Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi la myopie augmente lors d’activités qui maximisent la constriction de la pupille, comme le travail rapproché », précise l’équipe de recherche.

Les chercheurs soulignent l’importance de la prévention. Des séjours réguliers à l’extérieur, permettant de se détendre et de regarder au loin, peuvent contribuer à préserver la vue. De même, un éclairage adéquat lors des activités en intérieur est essentiel pour garantir une quantité suffisante de lumière atteignant la rétine, même lorsque la pupille est contractée.

« Notre étude ne fournit pas de réponse définitive, mais fournit des hypothèses testables qui redéfinissent les interactions entre les habitudes visuelles, l’éclairage et la mise au point des yeux. »

Jose-Manuel Alonso, auteur principal de l’étude

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et développer des stratégies de prévention et de traitement plus efficaces.

Où : Urusha Maharjan (Collège d’optométrie de l’Université d’État de New York, États-Unis) et al., Cell Reports.

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